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Discoveryland : Génèse, Gloire, et Futur – Partie 3

La dernière fois que nous nous étions retrouvés pour parler de Discoveryland, nous avions vu un land magnifique, peignant divers futurs fantasmés, le tout, dans une cohérence maîtrisée, et avec une inventivité certaine. Pourtant, ironie du sort, nous allons, voir, dans cette dernière partie, que le futur n’aura pas fait de cadeaux à se land tourné vers l’avenir. Bienvenue dans cette troisième et dernière partie de notre dossier sur cet incroyable univers qu’est Discoveryland.

Le dôme de Space Mountain sous la Neige (2018)

Un changement de cap pour TWDC

En 1995, ED S.C.A enregistre ses premiers pofits. Une attraction en est responsable : Space Mountain – De la Terre à la Lune. Elle réussit, à elle seule, à attirer les foules, et à permettre à la destination de sortir la tête hors de l’eau. La marche à suivre pour maintenir le Resort à flot est toute trouvée. Des attractions grandioses, qui attirent le public, tout en maîtrisant les coûts inhérents à la gestion du Resort, et en appliquant une politique tarifaire agressive. Seulement, un problème se pose. Space Mountain arrive en 1995, soit un an après le décès de Frank Wells, le bras droit de Michael Eisner. Et ce dernier va sombrer dans ce que l’on pourrait qualifier de paranoïa… Cet état de fait est également causé par l’échec d’EuroDisney à son ouverture, en partie du à des prévisions fantaisistes, faites pour ne pas contrarier les rêves de grandeur du patron.

 « À tous ceux qui entrent dans le studio des rêves, bienvenue. »Michael Eisner

Un événement dévastateur !

C’est sur ces mots que le 16 mars 2002, ouvre le Parc Walt Disney Studios. Derrière un beau discours, et une cérémonie du plus bel effet, se cache en réalité un monstre. En effet, traumatisé par les coûts inflationnistes d’EuroDisney, Michael Eisner a revu ses ambitions à la baisse pour les nouveaux parcs Disney. Sous l’influence de Paul Pressler, directeur de la branche Parks & Resorts de TWDC à l’époque, ordre est donné de faire plus avec moins. Naîtront de cette stratégie trois parcs : Disney California Adventure, le Parc Walt Disney Studios, et Hong-Kong Disneyland. Problème : avec 600 millions d’euros de budget, on ne construit pas un vrai parc Disney. Les Walt Disney Studios sont un véritable désastre pour Disneyland Paris. Avec moins de 10 attractions à son ouverture, et ce, en incluant les spectacles, le parc peine à convaincre le public, qui lui préfère le Parc Disenyland, bien plus beau et complet. Et le souci pour la destination est là. Un 2nd parc coûte cher à maintenir… S’en suit une descente aux enfers des finances du groupe, qui conduit ce dernier à une restructuration en 2004 !

Vue du château d’oreilles depuis Front Lot (2018)

 

Attirer le public, à n’importe-quel prix

La situation est à l’époque intenable. Il faut absolument inverser la tendance, et renouer avec le profit, et ce, à moindre coût. Pour ce-faire, il va falloir utiliser l’existant, faire du neuf avec du vieux, en attendant de voir les gros investissements prévus au Parc Walt Disney Studios sortir de terre. C’est Discoveryland qui fera les frais de cette stratégie. Ainsi, en 2004, l’antre de Timekeeper : Le Visionarium propose aux visiteurs de Disneyland Paris un tout dernier voyage dans le temps, à la rencontre de Jules Verne et H.G. Wells, avant de fermer définitivement ses portes. C’est ainsi que commence la longue chute de cet univers jusqu’ici si complet et cohérent. Le deuxième coup est porté en 2005, avec la fermeture de Space Mountain – De la Terre à la Lune. Le Disvoveryland de 1995, celui qui faisait rêver, et qui avait sauvé la destination, n’est plus. Des cendres de ces deux attractions, naîtront Buzz Lightyear – Laser Blast, et Space Mountain : Mission 2.

Ces deux attractions, bien qu’étant de qualité, sont hors du thème de Discoveryland, et dénotent fortement avec l’esthétique Steampunk présente depuis l’ouverture. Ainsi, exit la façade aux couleurs cuivrées du Visionarium, et place au vert chlorophylle, et autres couleurs criardes de l’univers cartoonesque de Buzz l’éclair. Pour Space Mountain, il faut se résoudre à dire adieu à la lune de Georges Méliès, et à laisser place à une supernova sortie tout droit d’une cinématique de jeu PlayStation 1… Et si ces nouveautés ont, à l’époque, permis à la destination de tenir bon face au désastre financier qu’était le Parc Walt Disney Studios, aujourd’hui, leur incohérence est bien difficile à justifier auprès des visiteurs.

Après le plongeon, la dégringolade…

10 ans plus tard, en 2015, Discoveryland entame une nouvelle mue. Il s’agit de redonner à cette portion du parc son lustre d’antan, tout en la remettant au goût du jour. Ainsi, Videopolis entre en réfection, de même que Space Mountain : Mission 2. Le 1er recevra une thématisation sur Star Wars… Une sorte d’avant-goût de ce qui arrivera au second. En effet, cette nouvelle décoration d’un bâtiment à l’esthétique résolument steampunk est hors thème ! En 2017, Space Mountain part de nouveau pour trois mois de réhabilitation. Outre de nouveaux trains, l’attraction va recevoir un nouveau thème pour le moins… déroutant ! Le 7 mai 2017, Star Wars Hyperspace Mountain ouvre ses portes au public… Le dôme est toujours présent, intact, surplombé du majestueux, mais désormais tristement inerte canon Columbiad. Il n’est plus qu’une coquille vide, sacrifiée sur l’autel du profit facile. Buzz Lightyear : Laser Blast est lui aussi toujours présent. Seule la peinture écaillée de sa façade laisse entrevoir les vestiges du Visionarium, autrefois abrité par ce bâtiment.

Visuel de la zone originale de Star Tours à Disneyland Paris

En même temps qu’interviennent ces changements sur la partie steampunk de Discoveryland, est opérée la fermeture de la version originale de Star Tours, la dernière à être présente dans le monde entier. Exit la zone aux couleurs en accord avec le reste du land, et place à un univers tout droit sorti d’un Tomorrowland. Plus que jamais, Discoveryland traverse une crise d’identité. Censé décharger Disneyland Paris d’un poids, en évitant des rénovations fréquentes, cet univers est en fin de compte devenu une contrainte pour une destination qui cherche désespérément à renouer avec le profit, en s’appuyant un maximum sur des licences juteuses. Comment lui en vouloir ? Après tout, Disneyland Paris n’est pas une oeuvre de charité… Mais voilà, les parcs Disney sont le fruit du travail d’artistes ! Et Discoveryland a été, pendant près de 10 ans, l’une des plus belles œuvres de ce type. Souhaitons que le futur lui redonne sa grandeur passée !

En savoir plus :

Pour revenir à la partie précédente, c’est ici : Partie 2

Pour retrouver la première partie de ce dossier, c’est par ici : Partie 1

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