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Editos

Eisner : un homme, une époque

Si vous suivez mes articles, vous commencez à en avoir l’habitude. On y parle plus que régulièrement d’un homme. Un homme qui a changé le visage de The Walt Disney Company, pour le meilleur, et pour le pire. Aujourd’hui, à l’approche des fêtes de fin d’année, je souhaite mettre les choses à plat, au travers d’un édito, qui sera de-facto plus personnel qu’à l’accoutumée. Il ne s’agira que d’une opinion personnelle, mais j’aime à penser qu’elle fera réfléchir. Voici donc le fond de ma pensée concernant Michael Eisner.

Une carrière riche

Le propos de cet édito n’est pas de proposer un résumé de la vie et de la carrière de Michael Eisner. Cependant, pour ceux qui ne connaîtraient pas ce personnage, voici un bref résumé. Eisner commence sa carrière chez le réseau américain de télévision ABC en 1966, où il connaîtra le succès durant 10 ans. Par la suite, il prendra la tête de la Paramount, où il créera et appliquera sa stratégie des « simples et des doubles », visant à proposer des films créatifs, aux budgets maîtrisés, plutôt que des super-productions s’appuyant sur des stars onéreuses. Eisner se revendique comme un créatif, et c’est ce qui va lui permettre de prendre les rênes, en 1984, de la firme aux grandes oreilles.

Des classiques intemporels

Que ce soit Star Tours, La Belle et la Bête, Splash Mountain, Aladdin, Le Bossu de Notre-Dame, Indiana Jones Adventure, La Petite Sirène, Phantom Manor et son voisin Big Thunder Mountain, la Disney Cruise Line, ou Le Roi Lion il est quasiment impossible que l’un de vos produits Disney favoris n’ait été créé sous l’ère Eisner. En mettant la créativité en avant, et en encourageant cette dernière, il a su créer le meilleur au sein d’une firme qu’il a fait considérablement grandir. Il s’agissait d’une époque bien différente, où les Walt Disney Animation Studios proposaient une franchise inédite tous les ans, et où l’on ne parlait pas de « re-makes ». Une époque où la compagnie créait des univers novateurs et magiques, tout en respectant l’héritage de l’Oncle Walt. Le meilleur exemple de cela est sans doute le parc Euro Disneyland, qui tout en ayant la décence de proposer l’Euro Disneyland Railroad, nous gratifie d’expériences renouvelées, telles que Phantom Manor, ou encore une itération exceptionnelle de Big Thunder Mountain. Michael Eisner a su insuffler de la magie dans ce Resort, et ce, tout en respectant le nom « Disneyland ».

Eisner, une aventure digne d’un Soap Opera

Depuis la mort prématurée de Frank Wells en 1994, La compagnie a perdu son objectif de vue, son énergie créative, et son héritage. Roy E. Disney

« Les aventures de Michael Eisner », voilà une idée de feuilleton télévisé très alléchante. En effet, à la tête de la firme aux grandes oreilles, Michael Eisner sut s’entourer de personnes compétentes, mais a aussi été trahi par certaines d’entre elles, le menant à ce que certains n’hésitent pas à qualifier de paranoïa. C’est notamment le cas avec Jeffrey Katzenberg, que l’on surnommait dans les années 80 « le Golden Retriever d’Eisner », et qui, au milieu des années 90, quitta Disney pour fonder DreamWorks S.K.G. Si Roy E. Disney avait participé à placer Eisner à son poste, le neveu de Walt, fut également celui qui lutta pour l’en déloger, avec l’initative « Save Disney ».

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Michael Eisner, en compagnie de Jeffrey Katzenberg

En effet, face à l’échec de plusieurs projets, et notamment celui d’Euro Disney Resort, Eisner avait grandement jugulé sa fibre créative, donnant ainsi lieu à une ère où la compagnie a donné naissance à des projets peu ambitieux, tels que le Parc Walt Disney Studios, ou encore, Hong Kong Disneyland. Outre le cas Euro Disney, la mort de Frank Wells en 1994 eut un impact important sur le fonctionnement de la compagnie. Eisner se retrouva en effet à la tête du domaine financier, qui était la chasse gardée de Wells, et sans personne pour juguler sa relation avec Jeffrey Katzenberg, qui devint rapidement houleuse. Une aventure riche en péripéties donc, qui se termina, comme chacun le sait, par la fin du règne de Michael Eisner en 2005, pour laisser place à Bob Iger.

Et maintenant ?

Et bien maintenant, si le cœur vous en dit, vous pouvez vous rendre dans votre salle de cinéma, afin d’admirer le remake de votre classique d’animation (produit sous Eisner) favori. Pour ce qui est de votre visite dans un Parc Disney, vous pouvez profiter de l’héritage de ce dernier, tout en appréciant les classiques de grand qualité créés sous l’ère Iger… Ou vous en souvenir si vous vous promenez vers Pixar Pier à Disney California Adventure. Michael Eisner a apporté la rentabilité en plaçant la créativité comme une priorité pour The Walt Disney Company. Cependant, un seul homme ne peut gérer seul une telle entreprise, et c’est au final cette envie débordante de tout contrôler qui le mènera à sa perte. De cette époque, il nous reste de nombreux témoignages, qui, espérons-le, traverseront les âges. En attendant, n’hésitez pas à vous renseigner. Peut-être que votre expérience Disney préférée a été créée sous Eisner, et qu’elle en porte encore aujourd’hui la marque !

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