Marvel Studios continue de distiller son marketing décalé pour Wonder Man, la prochaine série super-héroïque de Disney+ qui s’annonce comme une satire mordante d’Hollywood. Dans un clip viral diffusé le 10 décembre 2025 sur YouTube, Ben Kingsley reprend le rôle de Trevor Slattery, l’acteur raté et ex-fausse terreur du MCU, pour une séquence hilarante et chaotique sur un podcast fictif. Intitulé « Wonder Man’s Trevor Slattery Loses it During Ben Mankiewicz Interview », ce court-métrage de deux minutes mélange réalité et fiction avec une précision chirurgicale.
Un podcast pour « thespiens délinquants »
L’invité surprise est accueilli par Ben Mankiewicz, journaliste de Turner Classic Movies et animateur réel, qui incarne ici l’hôte du podcast imaginaire Bad Actors (vous suivez ?). Dès l’ouverture, Mankiewicz pose le décor : « Un show où l’on entend exclusivement des thespiens [ndlr. : un adjectif provenant de l’ancienne cité grecque Thespies, désignant aujourd’hui des gens de théâtre] qui sont aussi des felons. » Slattery, tout sourire forcé et accent britannique exagéré, se prête au jeu, vantant son nouveau personnage de « Barnaby » dans le remake du film Wonder Man réalisé par le fictif Von Kovak. Mais l’entretien déraille quand Mankiewicz aborde le rôle qui a scellé le destin de Slattery : Le Mandarin, cette prestation « nuancée » dans Iron Man 3 (2013) qui l’a propulsé en prison pour terrorisme simulé.

Slattery balaie l’allusion d’un revers de main, comparant ses anciens rôles à « d’anciennes amantes » qu’on n’a pas intérêt à déterrer. « C’était il y a une éternité, et franchement, qui s’en souvient ? » lance-t-il, avant de tenter de recentrer sur son actualité. Mais Mankiewicz, tenace, relance sur la prison de Seagate et les regrets potentiels. La tension monte, Slattery hausse le ton, jette ses écouteurs et claque la porte en marmonnant une insulte bien sentie. Un moment de comédie pure, qui capture l’absurdité d’un acteur hanté par son passé.
La méthode Slattery : une tradition de satire MCU
Ce clip s’inscrit dans une campagne promotionnelle qui joue à fond la carte du méta. Il fait écho à « The Slattery Method », un précédent spot où Slattery vendait sa propre masterclass d’acting via des pubs urbaines et un numéro SMS (805-8-TREVOR, en tapant « ACT » pour s’inscrire). Là encore, le personnage – drogué, égocentrique et désespéré de plaire – servait de miroir déformant à l’industrie du spectacle.
Depuis son introduction dans Iron Man 3, Trevor Slattery est le punching-ball préféré de Marvel pour moquer la manipulation médiatique et la culture des célébrités. Pas un cerveau criminel, mais un paumé accro au rôle, il enchaîne les caméos ridicules : fan-club en prison dans le court-métrage Longue Vie au Roi (2014), bouffon de cour dans Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux (2021), où il joue sa vie pour un public. Dans Wonder Man, créée par Destin Daniel Cretton (Shang-Chi) et Andrew Guest (Brooklyn Nine-Nine, Hawkeye), Slattery croise la route de Simon Williams (incarné par Yahya Abdul-Mateen II), un acteur en galère qui rêve du rôle-titre dans un reboot hollywoodien de super-héros. Le synopsis officiel : « Simon Williams peine à lancer sa carrière. Lors d’une rencontre fortuite avec Trevor Slattery, dont les plus grands rôles semblent derrière lui, il apprend que le légendaire Von Kovak refait le film Wonder Man. »
Un regard acéré sur Hollywood et le MCU
La série, labelisée Marvel Spotlight pour ses récits centrés sur les personnages, comptera huit épisodes et explorera les coulisses d’une industrie impitoyable : amitiés opportunistes, pressions des studios, quête d’identité sous les projecteurs. Le casting inclut Ed Harris, Josh Gad, Arian Moayed, X Mayo, Zlatko Burić, Olivia Thirlby et Byron Bowers, avec Cretton et Guest aux manettes exécutives aux côtés de Kevin Feige et de l’équipe Marvel Television. Kingsley lui-même évoquait récemment : « Trevor réalise à quel point Simon travaille dur pour être Simon », soulignant la profondeur sous l’humour.
Wonder Man sortira le 27 janvier 2026 sur Disney+, en phase VI du MCU. Ce clip n’est pas qu’une blague : il annonce une satire qui brouille les lignes entre notre monde et celui des héros, rappelant que même les super-vilains ont droit à une seconde carrière.
