Walt Disney Animation Studios a levé le voile sur son 65e long-métrage d’animation lors du Festival international du film d’animation d’Annecy ce 26 juin 2026. Intitulé Hexed en version originale et Billie : À la Croisée des Mondes en version française (quel titre affreux !), ce nouveau film réalisé par Jason Hand et Fawn Veerasunthorn sortira en salles le 25 novembre prochain. Les deux cinéastes ont présenté un montage de travail mêlant storyboards, animation brute et séquences finalisées, offrant un aperçu prometteur d’une histoire centrée sur la transmission entre générations et l’héritage de la magie.
Un hommage assumé à la tradition magique de Disney
Dès l’ouverture de la présentation, une bande-annonce incluant notamment « L’Apprenti Sorcier » a rappelé la place centrale de la magie dans l’histoire du studio, depuis l’époque de Walt Disney jusqu’aux grands classiques de la Renaissance des années 90. Fawn Veerasunthorn a insisté sur la volonté de poursuivre cette lignée tout en lui apportant une sensibilité contemporaine. Le film s’inscrit clairement dans cet héritage, tout en plaçant la figure de la sorcière au cœur du récit, rôle traditionnellement plus souvent antagoniste dans les contes.
Billie Doe, une héroïne moderne et rebelle
Au centre de l’intrigue se trouve Billie Doe, interprétée vocalement par Hailee Steinfeld dans la version originale. Première héroïne Disney à arborer des bottes de combat, elle est décrite comme une jeune fille opiniâtre, débrouillarde et réfractaire aux règles imposées. Son design, inspiré des proportions exagérées de l’ère Milt Kahl, favorise le comique physique. Un détail notable : sa cape à capuche ornée de motifs de ronces évoque La Belle au Bois Dormant.
Sa mère, Alice, est campée par Rashida Jones. La relation mère-fille constitue le véritable moteur émotionnel du film. Quinze ans avant les événements principaux, la petite Billie, âgée d’un an, découvre accidentellement ses pouvoirs et ouvre un portail vers un autre royaume. Pour la protéger, Alice lui offre un bracelet qui, en réalité, bride sa magie. Cette tension entre limitation et potentiel imprègne toute leur dynamique.
Une intrigue qui mêle quotidien et merveilleux
Dans la ville terne où elles vivent – une entreprise locale affiche fièrement la devise « Think Inside the Box » (« Restez dans les normes » en gros), Billie étouffe sous l’uniforme scolaire et les règles. Après un incident impliquant le mascotte de l’école (une chouette enfermée dans une cage), ses pouvoirs se déchaînent lorsqu’elle tente de détruire une preuve compromettante. Cet événement pousse Alice à préparer un déménagement précipité, révélant des artefacts magiques cachés.
De son côté, Billie expérimente seule et ouvre un portail vers Hexe, un sanctuaire pour sorcières. Elle y rencontre Elias Quire, un livre magique plein d’esprit doublé par Stephen Fry, et une plume enchantée interprétée par Tracey Ullman. Le duo lui fait passer un questionnaire teinté d’humour avant de l’accueillir dans ce monde où nature et magie s’entremêlent de manière sauvage et imprévisible.
Hexe, un univers visuellement riche et fantaisiste
Les séquences présentées montrent un univers foisonnant : une salle aux murs couverts d’objets sorciers, une fresque évoquant la persécution des sorcières par les colons, des tests d’animation 2D où Billie fait pousser une citrouille qui explose ou essaye des tenues magiques, dont une robe noire aux ailes de corbeau.
Pour mener à bien sa quête de sauvetage lorsque sa mère est capturée par les autorités magiques locales, Billie s’associe à Bucket, un chaudron enchanté qui se comporte comme un chien fidèle et qu’elle peut chevaucher. Ils font ensuite appel à Beef Roger Crummchuk, un chat magique à trois yeux, mentor bourru et excentrique capable de détacher sa tête et dont le repaire est un véritable capharnaüm magique. Ce personnage, inspiré à la fois du Chafouin et d’un Yoda des marais, apporte une touche d’humour et de sagesse décalée.
Le film explore des décors grandioses : un château imposant gardé par une chauve-souris géante enchaînée, des animaux dotés de pouvoirs de sorcières, et des séquences d’action impliquant des chauves-souris qui se transforment. Les détails, comme les ongles de Billie ornés d’étoiles et de croissants de lune rappelant le chapeau du Sorcier de Fantasia, soulignent une forme de cohérence visuelle mais aussi d’attachement à une certaine forme d’héritage. On espère que cela se limitera à ce genre d’évocation, le « fan service » imposé par Wish : Asha et la Bonne Étoile nous ayant beaucoup déplu.
Une équipe expérimentée et une direction artistique assumée
Aux côtés de Jason Hand et Fawn Veerasunthorn, la réalisatrice Josie Trinidad (Zootopie+) complète le trio de réalisateurs. La production est assurée par Roy Conli (Raiponce, Les Nouveaux Héros) et Yvett Merino (Encanto : La Fantastique Famille Madrigal, Zootopie 2), tandis que Lorelay Bové signe la direction artistique. Les chefs de l’animation, Michael Franceschi et Louis Jones, ont privilégié des proportions exagérées propices à la comédie.
Fawn Veerasunthorn, à la fois fille et mère, voit dans Billie : À la Croisée des Mondes l’occasion d’explorer les facettes méconnues des parents : leurs joies, leurs erreurs, leurs secrets, et la manière dont ils façonnent nos vies bien avant notre naissance. Le film aborde ainsi le thème universel de la famille, où la réalisation du potentiel de Billie est intimement liée au passé d’Alice.
Un ton nostalgique teinté de références contemporaines
Sans chercher à masquer ses influences, le long-métrage évoque l’esprit des histoires de sorcières des années 90 tels que Hocus Pocus ou Sabrina, LApprentie Sorcière, tout en les intégrant à l’esthétique maison de Disney. C’est assumé et c’est tant mieux ! Le résultat annoncé (du moins pour les premières images révélées jusqu’à présent) est une comédie d’aventure familiale chaleureuse, drôle et visuellement inventive.
Billie : À la Croisée des Mondes sortira en salles le 25 novembre. La présentation d’Annecy, bien que composée de séquences encore inachevées, a suscité un certain enthousiasme de la part du public. Mais le film – dont la première bande-annonce a été dévoilée récemment – devra encore faire ses preuves avant sa sortie pour convaincre davantage le grand public.



