Pendant près de deux mille ans, Pompéi a incarné l’idée d’une destruction soudaine et totale. La nouvelle série documentaire de National Geographic, Pompéi : Tom Hiddleston Remonte le Temps (Pompeii : Out of Time), remet en question cette vision. « Il y a eu des survivants », explique le showrunner et réalisateur Tom Barbor-Might. « Nous pensons tous connaître l’histoire de Pompéi. On nous l’enseigne à l’école, on multiplie les documentaires. Mais une partie de cette histoire n’a jamais été racontée. Et c’est, selon moi, la plus humaine. »
L’éruption du Vésuve n’a pas enseveli la ville en un instant. Il a fallu près d’une journée entière. Pendant ce laps de temps, des habitants ont pu fuir. Cette simple réalité a ouvert la voie à un récit centré sur la survie plutôt que sur la catastrophe pure.
Trois Romains ordinaires sous le regard d’un enquêteur
Plutôt que de retracer l’éruption dans ses grandes lignes, l’équipe de Barbor-Might a choisi de suivre trois personnes réelles. Tom Hiddleston y tient un rôle à mi-chemin entre le présentateur et le détective. Il reconstitue leur parcours à partir des traces archéologiques et historiques pour déterminer s’ils ont survécu et de quelle manière.
La présence de Hiddleston n’est pas le fruit d’un simple casting. L’acteur a étudié les classiques à l’université ainsi que le latin et a visité Pompéi à l’âge de dix-sept ans, une expérience qui l’a marqué. « Tom a un intérêt profond pour ce sujet. Il nous a contactés en disant qu’il était complètement fasciné par ce type d’histoire », précise Barbor-Might. « Sa passion fait partie de l’ADN du projet. Ce n’est pas du jeu. C’est authentique. »
Deux temporalités, deux formes de cinéma
Le format de la série mêle reconstitutions dramatiques et enquête contemporaine. Hiddleston progresse dans le présent tandis que les vies des trois personnages se déroulent dans le passé. « Ce n’est pas seulement une histoire qui se passe hier et aujourd’hui. C’est aussi une histoire qui utilise deux formes de cinéma : le documentaire et le drama pour raconter une seule et même chose », indique le showrunner. National Geographic a soutenu cette approche différente des récits antiques.
Le choix des trois figures a ressemblé, selon Barbor-Might, à « un casting avec de vrais Romains d’il y a deux mille ans ». Il fallait suffisamment de données archéologiques ou historiques pour reconstituer une vie et un destin. Mais le critère décisif était ailleurs : raconter des existences ordinaires, loin des élites. « On connaît les sénateurs et les empereurs. Nous voulions les histoires des gens du quotidien. »
Le résultat : un apprenti forgeron adolescent, l’entrepreneuse Julia Felix et un membre de la garde prétorienne.
La méthode scientifique mise en scène
Pour reconstruire ces destinées, la production s’est appuyée sur des chercheurs, notamment le professeur Steven Tuck et son Pompeii Survivors Project. « Nous lui devons beaucoup. Son travail a rendu l’une de nos histoires possible », reconnaît Barbor-Might. L’équipe cherchait aussi des collaborateurs prêts à accepter un dispositif où une hypothèse est testée à l’écran, invalidée par de nouvelles preuves, puis reprise sous un autre angle. « C’est la méthode scientifique portée à l’écran, mais de façon ludique. »
Barbor-Might, qui travaille depuis vingt ans dans le documentaire factuel, n’avait jamais abordé un format aussi proche du true crime. « J’ai fait de l’histoire, de la science, mais jamais le tableau d’enquête. Maintenant, c’est chose faite. »
Un respect assumé pour un site de mémoire
Malgré ses ambitions formelles, la série refuse de sensationaliser un lieu de catastrophe collective. Pompéi est l’un des sites archéologiques les plus visités au monde, mais aussi une fosse commune. « C’est un endroit où une tragédie humaine immense s’est jouée », souligne le showrunner. Cette conscience a guidé le traitement des fameux moulages de plâtre qui figent les victimes dans leurs derniers instants. « Nous sommes désensibilisés au fait que ce sont de vraies personnes. On peut regarder le visage d’un être humain au moment exact de sa mort. Cela doit peser. »
La série est produite par Plimsoll Productions pour National Geographic. Tom Barbor-Might en assure le showrunning et la réalisation. Les scénarii sont signés Jessica Ruston et Mark Ravenhill, avec des contributions supplémentaires de Kevin R. Wright et de Tom Barbor-Might. Les producteurs exécutifs sont Grant Mansfield, Kevin R. Wright, Helen Flint et Alan Eyres.
Pompéi : Tom Hiddleston Remonte le Temps démarre ce mercredi 22 juillet sur National Geographic outre-Atlantique. La série sera disponible en streaming dès demain sur Disney+ partout dans le monde. Elle sera également diffusée sur la chaîne française National Geographic le 26 juillet à 21h00 (trois épisodes). La bande orginale de la série documentaire composée par Aisling Brouwer sera dévoilée par Hollywood Records le 24 juillet et sera disponible sur toutes les plateformes de musique en streaming.





