C’est une triste nouvelle que nous avons appris il y a quelques jours. Le chanteur, musicien mais aussi comédien Jimmy Cliff s’est éteint le 24 novembre dernier à l’âge de 81 ans. Selon sa famille, Jimmy Cliff est décédé des suites d’une pneumonie et d’une crise épileptique. Auteur de plusieurs tubes, Jimmy Cliff a contribué à la popularité de deux films emblématiques Disney des années 1990, Rasta Rockett et Le Roi Lion en interprétant les tubes « I Can See Clearly Now » et « Hakuna Matata ».
Hommage à Jimmy Cliff
Né le 30 juillet 1944 à St. James, en Jamaïque, James Chambers de son vrai nom est l’avant-dernier enfant de sa famille composée de neuf enfants. Élevé par sa grand-mère et son père, tailleur, il grandit à Kingston en Jamaïque à l’âge de 14 ans. Son nom de scène Jimmy Cliff était un petit hommage symbolique du fait que très jeune, il ambitionnait d’atteindre les sommets de sa carrière musicale. Parmi ses influences musicales, on retrouve Fats Domino, Sam Cooke et Ray Charles. Les premiers enregistrements de Jimmy Cliff remontent à 1962, et deux de ses premiers titres, « Ska All Over the World » et « Trust No Man », figurent sur la compilation reggae de 1964, The Real Jamaican Ska, sortie aux États-Unis chez Epic Records.
Grâce à son ami, un certain Bob Marley, Jimmy Cliff fit la rencontre du légendaire producteur jamaïcain Leslie Kong. Avec ce dernier, Jimmy Cliff a sorti une série de singles à succès dans son pays natal tout au long des années 60, dont « Hurricane Hattie », « Miss Jamaica » et « King of Kings ». Fort de ces succès, il a été choisi pour représenter son pays à l’Exposition universelle de 1964 à New York.
Guitariste gaucher, Jimmy Cliff a signé avec Island Records de Blackwell en 1965 et a été préparé à devenir l’artiste qui allait faire connaître le reggae au monde entier. Il a même déménagé à Londres pour atteindre cet objectif, et son premier album britannique, Hard Road to Travel, est sorti en 1967. Un an plus tard, « Wonderful World, Beautiful People » s’est classé dans le top 10 au Royaume-Uni tandis que « Waterfall » est devenu un immense succès au Brésil. Jimmy Cliff a toujours été un auteur-compositeur engagé, comme en témoigne son single de 1970, « Vietnam », salué par Bob Dylan. La même année, sa reprise de « Wild World » de Cat Stevens — produite et jouée au piano par Stevens lui-même — atteignit la 8e place des charts britanniques. Vint ensuite l’album « Another Cycle » en 1971, où il explora des sonorités pop/soul juste avant son succès fulgurant avec « The Harder They Come », album qui porte le même nom qu’un film.
En effet, si la musique était son premier amour, Jimmy Cliff était aussi comédien. Il n’avait joué que dans des pièces de théâtre scolaires lorsqu’il fut choisi pour tenir le rôle principal dans « The Harder They Come », le premier film écrit et réalisé par un Jamaïcain, Perry Henzell. Présenté en avant-première à la Mostra de Venise de 1972 et distribué aux États-Unis par New World Pictures de Roger Corman en 1975, le film devint un incontournable des séances de minuit et un film culte.
Après un dernier album chez Island, « Struggling Man » (1973), Jimmy Cliff signa chez Reprise Records pour des albums tels que « Brave Warrior » (1975) et « Give Thanx » (1978), qui comprenait le titre engagé « Stand Up and Fight Back ». Il revient au reggae au débuts des années 1980 avec l’album « Give the People What They Want » (1981), et « Special » (1982). C’est dans ces années là que sortent certains de ses tubes, « Many Rivers to Cross », « We All The One » ou encore « Reggae Night ».
En 1993, Jimmy Cliff reprend la chanson de Johnny Nash, « I Can See Clearly Now » pour la bande originale du film Touchstone Pictures, Rasta Rockett. Cette relecture devient un alors un immense tube et contribua à la popularité du film.
En 1994, il participa à l’album Rhythm of the Pridelands, une deuxième bande originale, pour Le Roi Lion où il reprend en duo avec Lebo M une version pop-reggae d’« Hakuna Matata ». Deux ans plus tard, il rencontre le chanteur français Bernard Lavilliers avec qui il signe le duo, « Melody Tempo Harmony », qui sera un des tubes de l’année 1996 en France.
Bien que plus discret ces dernières années, Jimmy Cliff n’a jamais cessé sa carrière. Entre 2002 et 2022, il alterna entre albums et tournées mondiales. En 2010, il rejoint le célèbre Rock Hall of Fame. Il était à l’époque le deuxième chanteur de reggae à obtenir cette distinction après Bob Marley.
Il laisse derrière lui son épouse Latifa Chambers, ses trois filles Nabiyah Be, Odessa Chambers, Litty Cliff et son fils Aken Cliff.
