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Werewolf By Night
Werewolf By Night (courtoisie de Disney+)

Werewolf by Night – Critique du Film Marvel Studios

Par une nuit sans lune, une cabale de chasseurs de monstres se rassemble au redoutable Bloodstone Temple après la mort de leur chef. Au cours d’une cérémonie étrange en sa mémoire, les membres de cette organisation secrète participent à une mystérieuse compétition, au péril de leur vie, dans l’espoir de récupérer une relique magique. Cette course au trésor les conduira à affronter un monstre terrifiant, Werewolf by Night.

Werewolf by Night est un film horrifique qui rend à la fois un bel hommage aux films d’épouvante du cinéma d’époque tout en ouvrant une nouvelle porte au Marvel Cinematic Universe.

Marvel Studios présente son nouveau label

Après les films et les séries, Marvel Studios ouvre un nouveau pan de son univers élargi avec des œuvres « spéciales » qui se présentent sous forme de courts ou moyens-métrages, proposés régulièrement sur Disney+. Ils porteront le titre « Marvel Studios Présente : » (« A Marvel Studios Special Presentation »).

Jack Russell (Gael Garcia Bernal dans Werewolf By Night (courtoisie de Marvel Studios)

Werewolf by Night est la première œuvre à porter cette dénomination. Le film explore un genre déjà vu dans le MCU en 2022 avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness, celui de l’horreur mais ce moyen-métrage s’assume peut-être un peu plus dans sa démarche.

De par son ambiance, l’œuvre horrifique s’inscrit dans ce registre qui est le bienvenu en cette saison d’Halloween. Pour mettre en scène ce film spécial, Kevin Feige a fait appel à un collaborateur fidèle de Marvel Studios, le compositeur et réalisateur Michael Giacchino.

Le baptême de feu du compositeur Michael Giacchino

Michael Giacchino est depuis 15 ans l’un des compositeurs les plus prolifiques du cinéma. Tout comme John Williams, son nom est associé à de grands films en particulier chez Disney où il a signé les musiques de : Les Indestructibles, Là-Haut, Ratatouille, Zootopie, Coco, Rogue One : A Star Wars Story entre autres.

michael giacchino next goal wins

C’est surtout l’un des compositeurs fétiches de Marvel Studios puisqu’il a œuvré pour le premier Doctor Strange, la trilogie Spider-Man, Thor : Love & Thunder, la série Secret Invasion (attendue au printemps 2023 sur Disney+) sans parler du thème d’ouverture de Marvel Studios.

Werewolf By Night, le premier film noir et blanc du MCU

Auparavant, Michael Giacchino avait mis en scène deux courts-métrages indépendants et un clip musical mais Werewolf by Night est son premier gros projet derrière la caméra. Fan des films d’épouvante des années 1930-1960 comme Dracula, Nosferatu ou encore La Nuit du Loup-Garou, le compositeur signe un hommage honnête en réalisant le tout premier film Marvel Studios (presque) entièrement en noir et blanc et ça fonctionne !

On est vite habitués à ce choix esthétique, qui rend le visionnage agréable à regarder. Le film n’aurait pas eu la même saveur s’il avait été fait entièrement en couleurs. Dans un entretien accordé au magazine Première, Michael Giacchino justifie ce choix.

« J’avais envie de pousser le curseur (du gore) et il y a des choses qu’on peut faire en noir et blanc, qu’on ne peut pas faire en couleur. »

Le musicien réalisateur déclare également avoir voulu mettre en avant le côté humain des créatures.

« Ces vieux films arrivaient toujours à mettre en avant l’humanité des monstres, en ne les présentant pas seulement comme des monstres. Dans la société d’aujourd’hui, quand on voit quelque chose de différent, on a tout de suite envie de s’en débarrasser. Or, ce que j’ai justement gardé des vieux films de monstres de mon enfance, c’est qu’il faut embrasser la différence. La comprendre. Il ne faut pas en avoir peur. Je voulais que mon film suive cette direction et le faire en noir et blanc, dans des décors réels, sans trop de numérique, permettait de revenir à ces racines-là. »

Qui est Werewolf by Night ?

Werewolf by Night est tiré du comic book Marvel éponyme sorti en 1972 qui raconte de l’histoire de Jack Russell qui a hérité de la capacité de se transformer en loup-garou, un sort attribué par son père sorcier. Lorsque la lune est pleine, Jack se transforme en un loup-garou doté d’une force et d’une endurance surhumaines.

Dans une nouvelle série de comics publiée en avril 2020, le héros s’appelle Jake Gomez, alias. Red Wolf. Jack est un membre de la tribu amérindienne Hopi dont la famille a été maudite par la lycanthropie. Jake Gomez a les mêmes capacités de transformation que Jack Russell.



Une adaptation terrifiante

L’histoire de Werewolf by Night signée ici par Heather Quinn et Peter Cameron, se déroule le temps d’une nuit où des chasseurs de monstres viennent saluer la mémoire de l’un des leurs, Ulysse Bloodstone. Parmi eux figure sa fille Elsa (Laura Donnelly) qui a suivi les traces de son père, tout en ayant eu des rapports compliqués avec lui et sa belle-mère Verussa (Harriet Sansom Harris).

Ulysse possédait un objet qui ne serait légué qu’à sa mort, la Pierre de Sang. La veuve d’Ulysse organise alors un jeu de piste pour retrouver cette pierre dans la demeure. Durant cette course nocturne, un participant va attirer l’attention, Jack Russell (Gael García Bernal). Tout comme Elsa, Jack veut la pierre pour un but précis mais cache un lourd secret, il est un loup-garou et donc la proie potentielle des autres chasseurs de monstres.

En 52 minutes, Werewolf by Night s’avère plus efficace au niveau du rythme que certains films du MCU. On peut cependant reprocher que le projet ne parvienne pas à aller au bout de sa démarche du tout horrifique. Il est en effet regrettable de voir la transformation de Jack intervenir une quinzaine de minutes avant la fin du film. Les travers du genre super-héroïque reprennent finalement vite le dessus dans le second acte du film, Marvel Studios se prenant les pieds dans son propre jeu, à vouloir toujours rappeler au téléspectateur qu’il visionne bel et bien une œuvre de l’univers cinématographique Marvel. Mais cette partie finale plus consensuelle, qui finit par sous sortir un peu de l’ambiance, n’efface pas pour autant le premier acte magistral en terme de mise en scène et de direction artistique.

Bien qu’il livre une prestation convaincante, Gael García Bernal cabotine par moments, à vouloir trop surjouer le gars sympathique pour montrer de manière un peu trop radicale son opposition franche au monstre qu’il renferme. Il se fait même voler largement la vedette par Laura Donnelly qui incarne à merveille Elsa Bloodstone, un personnage féminin fort qui cache ses fêlures du passé. Mais peut-être que le plus grand régal est Harriet Sansom Harris dans le rôle de Verussa, la veuve d’Ulysse et la maîtresse de cérémonie de cette nuit cauchemardesque, offrant une performance exagérée qui apporte une énorme énergie théâtrale à l’ensemble.

images werewolf by night
Elsa Blooodstone (Laura Donnelly) dans Werewolf By Night (courtoisie de Marvel Studios)

Les hommages

Dès l’ouverture du film, un petit clin d’œil aux Avengers y est ajouté pour souligner qu’il n’y a pas que les héros ou autres dieux qui combattent des menaces surnaturelles.

Outre bien sûr les différentes références aux films d’épouvante, un autre clin d’œil un peu plus subtil y est inséré. Même s’il n’y a aucune d’histoire d’amour entre Jack et Elsa, on peut y déceler une allégorie cocteauesque rappelant la Belle et la Bête, notamment dans le dernier acte.

Werewolf by Night (courtoisie de Disney+)

En plus de réaliser, Michael Giacchino signe bien évidemment la partition musicale de son film. Loin des thèmes épiques auxquels on est habitué, le musicien livre une musique qui colle bien à l’ambiance de l’œuvre, avec tous les codes harmoniques et rythmiques auxquels nous sommes en droit de nous attendre pour ce pastiche.

Werewolf by Night est plus à considérer comme un film indépendant du MCU qui peut être visionné à n’importe quel moment car il n’est pas directement lié aux films et aux séries. Néanmoins, on peut espérer revoir certains de ses personnages à l’avenir, en particulier Elsa qui a un fort potentiel. Mais ce film a le mérite de ne pas se présenter comme un référentiel permanent à l’univers élargi du MCU, intéressé uniquement par la propre tradition qu’il porte. Pour une fois, c’est un projet qui se tourne littéralement vers l’extérieur : vers l’histoire de l’horreur d’Hollywood, vers l’univers monstrueux d’Universal Pictures et la violence chorégraphiée avec brio par la Hammer.

Malgré un scénario balbutiant en particulier vers le dernier acte, Werewolf by Night possède tous les ingrédients des films macabres à souhait : musique inquiétante, photographie sombre, bruit visuel, scènes de silence stressantes et quelques coups de théâtre qui feront probablement sursauter les téléspectateurs. Werewolf by Night a beau être un produit du MCU, il est néanmoins assez violent par moments, même si les frissons qu’il procure sont davantage liés à des séquences volontairement kitshs qu’effrayantes.



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