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Il y a 100 ans, la création d’un studio mythique, Disney

Aujourd’hui, 16 octobre 2023, nous fêtons le centenaire du plus mythique studio d’animation, celui qui a fait rêver de nombreuses générations, mais qui a surtout marqué l’histoire du cinéma tout au long de ses cent années d’existence, de développement et d’évolution. En cette journée si spéciale, revenons sur les conditions de création de la Walt Disney Company originellement nommée Disney Brothers Cartoon Studio. 

Les prémices d’un talent au Kansas

Est-il encore nécessaire de préciser à l’origine de ce projet de studio complètement fou, la détermination d’un homme : Walt Disney ? Probablement pas. Mais n’oublions pas non plus qu’il ne s’agit pas seulement d’un seul homme, mais d’une histoire de famille, celle de deux frères. 

création studio disney

À l’aube des années 1920, Walt Disney, fraichement rentré de son affectation pendant la première Guerre Mondiale, entre au service d’une agence publicitaire de Kansas City pour qui il compose de nombreux dessins. C’est en parallèle de ce job qu’il réalise ses toutes premières productions animées : les « Laugh-O-Grams » du nom de son premier studio « maison » (Walt et ses collaborateurs travaillent directement dans la garage de la famille Disney), avec son nouvel ami Ub Iwerks. Ce premier studio marque le début de l’aventure Disney et de son expérience dans le monde de l’animation. Il propose rapidement ses réalisations à Frank Newman, exploitant de trois cinémas de Kansas City. Les « Laugh-O-Grams » sont un véritable succès, encourageant Newman à passer plus de commande auprès de Walt et Ub. Et c’est ainsi que Walt réalise en six mois son premier véritable dessin animé Le Petit Chaperon Rouge (Little Red Riding Hood), parodie des contes de fée classique. Ce dessin animé est le premier et dernier que Walt a animé directement sur papier, avant d’apprendre à travailler sur cellulos. Walt continue de réaliser différentes animation pour les « Laugh-O-Grams » et il est possible de voir dans ses différents projets la construction de son identité cinématographique qui le suivra dans les « Silly Symphonies » et dans ses futurs long-métrages : l’importance du rythme et de la musique (bien que ces productions soient muettes) et l’imaginaire des palais, des princesses et des contes de fées. Toutefois, les derniers temps d’existence des « Laugh-O-Grams » se font dans des conditions plus compliquées : difficultés financières et départ de certains collaborateurs comme Ub Iwerks. Si la suite de l’aventure semble alors se compromettre, c’est un nouveau projet qui va permettre à Walt Disney de sortir la tête de l’eau et surtout de créer à Los Angeles un studio qui deviendra bientôt mythique… 

De Alice’s Wonderland à la création de Disney Brothers Cartoon Studio 

Suite aux difficultés que rencontre Walt Disney en 1922 avec les « Laugh-O-Grams », il décide de se lancer dans un tout nouveau projet : mélanger animation et prises de vue réelles. Il recrute alors Virginia Davis âgée de quatre ans pour jouer le rôle d’Alice dans le court-métrage Alice’s Wonderland. Dans ce court, on peut apercevoir la jeune fille entrer dans un petit studio d’animation et évoluer au milieu des différents personnages dessinés prenant vie. Cette production n’empêchera pas le studio Laugh-O-Gram de déposer le bilan en juillet 1923, mais Walt sait alors qu’il tient quelque chose à exploiter. Il part ainsi pour la Californie, accompagné de son frère et futur associé Roy Disney qui sera en charge de la partie financière de l’entreprise. À leur arrivée à Hollywood, les deux hommes ont la ferme intention de créer un studio fiable et durable. Walt fait revenir pour cela certains de ses anciens collaborateurs comme Iwerks et amène avec lui la jeune Virginia Davis pour lancer sa série de court-métrage, les « Alice Comedies » qui répondent au même principe que le court Alice’s Wonderland. Au cours de ses voyages dans les studios de cinéma muet en août, Walt écrivit de nombreuses lettres aux distributeurs potentiels de ses « Alice Comedies« . Une distributrice new-yorkaise populaire du nom de Margaret J. Winkler (à qui Walt annonçait « quelque chose de nouveau et d’intelligent dans les dessins animés ») a répondu. Elle était déjà connue selon Walt en personne : « Eh bien, pour percer dans le domaine, j’ai dit : ‘Je dois obtenir quelque chose d’un peu unique’, voyez-vous. Maintenant, ils avaient sorti de l’encrier le clown qui jouait avec les gens vivants. Alors je l’ai inversé. J’ai pris la personne vivante et je l’ai mis dans le domaine du dessin animé. J’ai dit : ‘C’est une nouvelle tournure.' »

Margaret a demandé à projeter Alice’s Wonderland de Walt Disney, mais la démo n’était qu’à moitié terminée (avec l’animation réalisée par Ub Iwwerks et l’équipe de Kansas City de Walt). L’animateur travailleur a donc fait ce que n’importe qui ferait : il a terminé les dessins, construit une plate-forme pour son appareil photo « à partir de caisses de lait et de vieux bois », et Roy (qui agissait également comme comptable) a filmé les dessins. Margaret répondit le 15 octobre 1923 en offrant à Walt Disney 1 500 dollars pour chacun de ses six premiers films et 1 800 dollars pour les six films suivants. Walt se souvient : « Il s’est vendu. J’ai moi-même été surpris. » Walt n’a donc pas perdu de temps pour contacter les parents de Virginia Davis (qui jouait Alice) ou de son frère Roy. Ce dernier (qui se remettait de la tuberculose dans un hôpital local pour anciens combattants) est parti le rejoindre lendemain.

Installés au 4651 Kingsell Avenue à l’arrière d’un petit bureau occupé par Holly-Vermont Realty (le loyer est de dix dollars), les deux frères fondent le 16 octobre 1923 le label Disney Brothers Cartoon Studio. C’est aussi à cette date qu’ils signent ce contrat avec Margaret pour ces douze premiers dessin animés. C’est ainsi précisément ce jour-là que se joua l’avenir d’un studio bientôt renommé en 1926 Walt Disney Studio (à la suggestion de Roy).

La pérennité d’un empire  

De cette date si marquante découle aujourd’hui cent années de créations, de chefs-d’œuvre et de personnages autant que de films qui ont marqué de nombreuses générations. Après une succession de déménagements et d’agrandissements, de Hyperion Avenue à Burbank, les studios n’ont cessé de se renouveler et de démontrer que leur impact dans l’industrie du cinéma ne saurait jamais être remis en question. Malgré des périodes de doutes, des difficultés financières, les studios ont su rester toujours force de propositions et d’innovations. Ce fut évidemment le cas du vivant de Walt, par la détermination de cet homme et le soutien indéfectible de son frère qui l’a aidé à mener à bien tous les projets les plus fous qui aujourd’hui permettent aux studios de s’inscrire dans l’histoire. Des « Alice’s Comedies » à la série « Mickey Mouse », du premier long-métrage des studios en 1937, Blanche Neige et les Sept Nains (et le premier sonore et colorisé dans l’histoire du septième art) à La Belle et la Bête, premier long-métrage du label nommé au meilleur film aux Oscars en 1991, jusqu’à Wish : Asha et la Bonne Étoile, son 62e Classique animé, les studios d’animation Walt Disney fêtent leur centenaire en cette fin d’année.

création studio disney 02

Les studios du papa de Mickey ont indiscutablement parcouru en 100 ans un chemin bien prolifique. En ce jour d’anniversaire et de souvenir, on ne peut qu’être invité à se rappeler que tout a commencé dans un garage, puis un petit bureau californien, avec peu d’effectifs, peu de moyens, mais seulement la détermination de deux frères qui ont donné naissance à ce qui est aujourd’hui, 100 ans plus tard, probablement le plus grand studio d’animation au monde. 



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