Dans l’univers en perpétuelle expansion de Star Wars, Simon Kinberg émerge comme une figure qu’on attendait pas pour tracer les contours d’une nouvelle ère. Le réalisateur malheureux de X-Men : Dark Phoenix mais aussi scénariste et producteur, déjà plus ou moins impliqué dans la franchise depuis une décennie grâce à Star Wars : Rebels, a récemment révélé lors d’une entrevue qu’il puise une inspiration profonde dans la série Star Wars : Andor pour façonner sa trilogie à venir. Ce projet, annoncé plus tôt cette année, promet de prolonger la saga au-delà de L’Ascension de Skywalker, en s’appuyant sur un récit plus ancré et introspectif.
Un parcours forgé dans les étoiles et les super-héros
Kinberg, dont le parcours croise les chemins de Marvel et de Lucasfilm, voit en cette trilogie l’opportunité de réconcilier l’héritage épique de Star Wars avec des enjeux plus humains et politiques. Alors que les détails restent parcimonieux, ses déclarations récentes offrent un aperçu précieux sur ses intentions créatives, bien qu’on ait quand même du mal à s’imaginer Kinberg fait au moins aussi bien que le talentueux Tony Gilroy, qui a chapeauté de main de maître Andor.

Néanmoins, Simon Kinberg n’est pas un novice dans les récits de grande envergure. Né en 1973 à Londres mais élevé aux États-Unis, il s’est imposé comme un pilier d’Hollywood avec des crédits variés. Parmi ses succès notables, on compte la production de X-Men : Le Commencement (2011), Logan (2017), acclamé pour sa profondeur émotionnelle, et des films comme Deadpool (2016) (et ses suites) ou Le Mans ’66 (2019). Son implication dans l’univers X-Men est tout de même plus contrastée : scénariste de X-Men : Days of Future Past (2014), il a aussi essuyé des critiques pour Les Fant4stiques (2015), X-Men : Apocalypse (2016) et Dark Phoenix (2019), qu’il a réalisé.
C’est toutefois dans Star Wars que Kinberg a trouvé un terrain fertile. Il a contribué à un traitement préliminaire du scénario de Star Wars : Le Réveil de la Force (2015), qui a rapporté plus de 2 milliards de dollars au box-office, et a reçu des remerciements spéciaux dans ce film ainsi que dans Rogue One : A Star Wars Story (2016). Plus significatif encore, il a co-créé et écrit plusieurs épisodes clés de la série animée Star Wars Rebels (2014-2018), aidant à relancer la franchise après une période de latence cinématographique. Ces expériences l’ont préparé à aborder une trilogie live-action, où il endossera les rôles de scénariste et producteur.
L’empreinte d’Andor : une science-fiction ancrée et audacieuse
Au cœur des révélations de Kinberg se trouve son admiration pour Andor, la série Disney+ créée par Tony Gilroy et acclamée pour son ton mature et sa critique sociale. Dans une entrevue accordée à Nerdtropolis, Kinberg n’a pas mâché ses mots : « J’ai été super inspiré et juste un peu stupéfait par ce que Tony Gilroy a fait avec Andor. J’ai pensé que c’était à peu près le meilleur récit de science-fiction que l’on puisse faire dans n’importe quelle franchise. » Cette déclaration souligne comment cette série, avec ses intrigues politiques et son exploration des rouages impériaux, influence sa vision.

Tony Gilroy, connu pour son travail sur la saga Bourne et le film Rogue One : A Star Wars Story, a insufflé à Andor une gravité rare dans Star Wars, en se focalisant sur le personnage de Cassian Andor (Diego Luna) et les prémices de la Rébellion. La série, qui a reçu un score de 96 % sur Rotten Tomatoes pour ses deux saisons, excelle dans sa capacité à mêler suspense et thriller à l’univers galactique, sans recourir à des Jedi ou à des duels au sabre laser. Kinberg semble vouloir emprunter cette voie : un récit plus terre-à-terre, où les enjeux humains priment sur le spectacle pyrotechnique. « Il y a une tonne de gens follement talentueux qui veulent faire du bon travail », a-t-il ajouté, soulignant l’abondance de créateurs motivés dans l’écosystème Star Wars.
Les contours d’une nouvelle saga post-Skywalker
Annoncée par Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, en février 2025, cette trilogie marque le début d’une nouvelle saga, détachée de l’arc Skywalker qui s’est conclu avec L’Ascension de Skywalker (2019). Située après les événements de ce film, elle verra le retour de Daisy Ridley dans le rôle de Rey Skywalker, explorant potentiellement les défis d’une galaxie en reconstruction. L’actrice devrait en revanche apparaît dans un autre film réalisé par Sharmeen Obaid-Chinoy. Quant aux films de Kinberg, ce dernier a confié que le projet est « non seulement un rêve réalisé, mais quelque chose que je n’aurais même pas pu rêver ». À ce stade, aucun réalisateur n’est attaché, et Kinberg se concentre sur l’écriture du scénario.
Le projet s’inscrit dans un calendrier chargé pour Star Wars. Parmi les films en développement, The Mandalorian & Grogu a déjà bouclé son tournage, tandis que d’autres comme la trilogie de Rian Johnson ou Rogue Squadron de Patty Jenkins paraissent plus incertains pour ne pas dire abandonnés. Kinberg collabore étroitement avec des figures comme Dave Filoni et Kennedy, renforçant son enthousiasme : « Mon enthousiasme ne fait que croître en travaillant dessus et autour. »
Vers un renouveau narratif pour la franchise
Cette inspiration tirée d’Andor pourrait signaler un virage pour Star Wars, après les critiques mitigées adressées à la trilogie séquelle. En optant pour une approche plus introspective, Kinberg vise à enrichir l’univers sans le diluer, en s’appuyant sur des talents comme Gilroy qui ont prouvé que la science-fiction peut être à la fois divertissante et profonde. Bien que les dates de sortie restent floues, les progrès en pré-production – confirmés par Kennedy – suggèrent que le projet avance sereinement.
