Par un soir d’août, alors que la saison de football américain bat son plein, Disney a décidé de frapper fort. Le géant du divertissement a déposé une plainte contre Dish Network, maison-mère de Sling TV, alléguant une violation flagrante de leur accord de distribution. Cette action en justice, révélée par Deadline et intentée devant le tribunal fédéral du Southern District de New York, met en lumière les tensions croissantes entre les fournisseurs de contenu et les plateformes de streaming qui cherchent à innover pour attirer un public volatile.
Les racines du différend
Tout commence avec l’introduction, début août 2025, de nouveaux forfaits temporaires par Sling TV. Ces « passes » permettent un accès éphémère à une sélection de chaînes, y compris celles de Disney comme ESPN, ESPN2 ou Disney Channel. Disney argue que ces offres, lancées sans consultation préalable, contreviennent aux clauses de leur contrat, qui limitent la distribution à des abonnements mensuels classiques. « Sling TV’s new offerings, which they made available without our knowledge or consent, violate the terms of our existing license agreement », a déclaré un porte-parole de Disney. Après avoir demandé le retrait de leurs programmes de ces forfaits, Disney s’est heurté à un refus, d’où la saisine de la justice.
Sling TV, dans une quête de flexibilité pour ses utilisateurs, a dévoilé trois options sous son bouquet Orange, comptant 34 chaînes : un Day Pass à 4,99 dollars pour 24 heures, un Weekend Pass à 9,99 dollars, et un Week Pass à 14,99 dollars. Ces mini-abonnements visent les amateurs de sports en direct ou d’événements ponctuels, comme les matchs de NFL ou les Oscars, sans engagement long. Promus comme une alternative économique – « moins cher qu’un déjeuner » –, ils contrastent avec le tarif mensuel standard de 45,99 dollars.
Réactions contrastées
Du côté de Sling TV, on balaie les accusations d’un revers de main. « We believe Disney’s lawsuit is meritless », a rétorqué un représentant, soulignant l’enthousiasme des clients pour ces options adaptées à « leur vie, leur emploi du temps et leurs termes ». Disney, quant à lui, demande une injonction pour bloquer l’inclusion de ses chaînes dans ces passes, invoquant des précédents litigieux avec Dish, comme un conflit en 2010 sur des chaînes HD.
Ce bras de fer pourrait redessiner les contours de l’industrie du streaming. En favorisant un « churn » accru – les abonnés entrant et sortant au gré des événements, ces forfaits challengent le modèle traditionnel des contrats longs, potentiellement forçant d’autres acteurs à repenser leurs accords. Pour l’instant, le dossier reste sous scellés partiels, mais l’issue influencera sans doute la distribution de contenus sportifs et événementiels.

