Ce 14 octobre 2025, un rapport de CNBC révèle que The Walt Disney Company a exploré l’idée d’une structure de co-PDG pour assurer la transition après le départ de Bob Iger, dont le mandat s’achève fin 2026. Cette option, qui mettrait en duo deux cadres aux compétences complémentaires, s’inscrit dans un contexte de spéculations sur la succession, avec un annonce officielle prévue début 2026. Bien que l’entreprise n’ait pas confirmé ces discussions, elles soulignent les défis d’une passation de pouvoir dans un géant médiatique aux cultures internes diversifiées. Voici un examen approfondi de ces rumeurs, des candidats potentiels et des précédents historiques.
Les contours d’une succession complexe
Disney a officiellement indiqué qu’elle nommerait le successeur de Bob Iger au début de l’année 2026, avec une période de transition où ce dernier resterait aux côtés du nouveau dirigeant jusqu’à la fin de son contrat en décembre 2026. Iger, qui a repoussé sa retraite à au moins cinq reprises, semble réticent à quitter complètement l’entreprise, contrairement à d’autres figures comme Reed Hastings de Netflix, qui s’est tourné vers des passions personnelles après son départ. Cette dynamique rappelle les tensions passées, notamment lors de la transition entre Michael Eisner et Iger, ou plus récemment entre Iger et Bob Chapek, qualifiée de chaotique.
Le rapport de CNBC suggère que Disney a sondé des modèles de co-direction, notamment en contactant Ted Sarandos, actuel CEO de Netflix, pour discuter de leur propre structure bicéphale. Des entreprises comme Netflix, Spotify, Oracle et Comcast ont adopté ce format avec succès, mais des sources internes chez Disney émettent des réserves. Un exécutif du secteur médiatique cité par CNBC affirme : « (Le modèle co-CEO) ne fonctionnerait pas pour Disney. Il y aurait tellement de coups bas. C’est comme ça que ça s’est toujours passé là-bas. » Cette appréhension découle de la nature « fameusement politique » de l’entreprise, amplifiée par les acquisitions massives sous Iger – Pixar, Fox, Marvel et Lucasfilm – qui ont intégré des cultures d’entreprise variées et parfois conflictuelles.
Les candidats en lice : Walden et D’Amaro
Les deux principaux prétendants mentionnés sont Dana Walden, co-présidente de Disney Entertainment, et Josh D’Amaro, président de Disney Experiences. Walden apporte des décennies d’expérience hollywoodienne, tandis que D’Amaro, ancien responsable des produits de consommation, dirige désormais la division des parcs à thème depuis sa nomination par Bob Chapek. Leurs profils complémentaires – créatif et opérationnel – pourraient justifier une co-direction, inspirée de récentes décisions dans les médias.

Cependant, des obstacles se dressent. Walden et D’Amaro n’ont pas collaboré aussi étroitement ni aussi longtemps que les co-PDG de Netflix, bien que Walden ait l’habitude des co-présidences, de son poste actuel à son passage chez Fox TV. Choisir l’un plutôt que l’autre risque de pousser le perdant à quitter l’entreprise pour un poste de direction ailleurs, comme l’ont fait Kevin Mayer (ancien responsable du streaming) et Tom Staggs (ex-président des parcs) après avoir été écartés de la succession. Si Iger reste au conseil d’administration, il pourrait éclipser les nouveaux dirigeants, comme lors du mandat de Chapek où Iger supervisait les « efforts créatifs » pendant plus d’un an, menant à des conflits.
Un héritage de duos chez Disney
L’idée d’une direction partagée n’est pas inédite chez Disney. Dès ses origines, Walt Disney, innovateur créatif sans titre formel de PDG, s’associait à son frère Roy O. Disney pour les aspects financiers et opérationnels. Ce tandem « créatif + business » devint un modèle pour l’industrie du divertissement. Par la suite, des paires comme Donn Tatum et Card Walker, ou Card Walker et Ron Miller, ont maintenu cette tradition.
En 1984, Michael Eisner arriva comme CEO avec Frank Wells en tant que président et COO, apportant un équilibre qui propulsa l’expansion des parcs, des Resorts et la renaissance de l’animation Disney. Cette harmonie fut brisée en 1994 par la mort tragique de Wells dans un accident d’hélicoptère. Plus récemment, sous Iger, des duos informels avec Staggs ou Mayer ont émergé, mais sans aboutir à une succession fluide, culminant avec l’installation de Chapek et les départs subséquents.
Ces précédents montrent que les partenariats peuvent fonctionner, mais exigent une complémentarité parfaite et une absence de rivalités internes – des éléments qui, selon les sources, manquent potentiellement dans le contexte actuel de Disney.
Les implications pour l’avenir de l’entreprise
Adopter un modèle co-CEO pourrait atténuer les risques de perte de talents et exploiter les forces diversifiées de Disney, mais les avertissements soulignent des pièges spécifiques. La structure fragmentée de l’entreprise, avec ses branches autonomes issues d’acquisitions, pourrait favoriser les intrigues plutôt que la collaboration. De plus, la présence persistante d’Iger risque de miner l’autorité des nouveaux dirigeants, perpétuant un cycle de transitions difficiles.
Cette réflexion intervient alors que Disney navigue des défis comme la concurrence dans le streaming, les performances des parcs et l’évolution du paysage médiatique. La décision finale, attendue début 2026, sera scrutée pour sa capacité à stabiliser le géant du divertissement tout en honorant son héritage d’innovation.
En somme, ces rumeurs sur une direction bicéphale reflètent les tensions inhérentes à la succession chez Disney, une entreprise où la créativité et les affaires s’entremêlent depuis ses débuts. Reste à voir si ce modèle, inspiré d’autres succès, s’adaptera à la culture unique de la compagnie.

