Le 5 mai, au Grand Rex à Paris, une chance rare était offerte aux fans français : découvrir les vingt-cinq premières minutes de Star Wars : The Mandalorian & Grogu lors d’une projection spéciale. L’ambiance était électrique, et l’on sentait clairement le plaisir de retrouver l’univers sur grand écran après plusieurs années de séries Disney+ plus ou moins réussies selon les genres.
Une action rythmée et spectaculaire
On va aller droit au but. Dès les premières images, le film impose un ton franchement cinématographique. La séquence d’ouverture, déjà teasée dans les bandes-annonces, est particulièrement réussie : dynamique, bien chorégraphiée et portée par une belle utilisation des compétences de Din Djarin et de Grogu. Le duo fonctionne à merveille, et le petit être vert dispose cette fois d’une vraie présence combative. On sent que Jon Favreau a voulu donner à l’ensemble une dimension plus ample, avec des plans pensés pour le grand écran. Sur ce point, le passage au cinéma se justifie pleinement.

La qualité de la production est au rendez-vous : les décors, les effets et la mise en scène respirent le soin apporté à l’univers Mandovers. Certains moments plus étranges ou gores typiques de Star Wars ont même arraché des sourires complices dans la salle.
Grogu, star incontestée du début
Impossible de ne pas fondre devant Grogu, la mignonnerie parmi toutes les mignonneries que peut nous produire Hollywood depuis des années maintenant. Le mélange de marionnette et d’effets numériques continue de faire son effet, et le public du Grand Rex n’a pas manqué de réagir avec tendresse à chacune de ses apparitions. Il n’est plus seulement mignon : il est actif, utile, et visiblement plus intégré à l’action que dans certaines saisons de la série.
Des réserves sur le fond et le ton
Pourtant, tout n’est pas parfait. Si l’action séduit, le récit, lui, paraît pour l’instant assez linéaire et très (trop ?) basé sur des missions sans réels enjeux… comme un énième épisode bonus de la série dont le film est issu finalement. On suit le duo sur une nouvelle chasse à prime pour le compte de la Nouvelle République, avec un sentiment de déjà-vu par rapport à Disney+. Din Djarin semble encore un peu passif, cantonné à un rôle de guide protecteur sans réelle évolution sur le plan psychologique, et l’on attend avec impatience qu’il gagne en épaisseur dramatique.

Le ton oscille parfois entre l’aventure légère et une certaine grandiloquence qui rappelle par moments la troisième saison de Star Wars : The Mandalorian – celle qui avait le plus divisé. Quelques scènes, comme une séquence dans la neige, manquent un peu de magie ou d’originalité. On est sur du Star Wars qui a peine se transcender même si le travail est fait dans l’ensemble. On espère malgré tout que le reste du film saura surprendre davantage, car pour l’instant, le scénario semble assez fidèle à ce que les bandes-annonces ont montré. Rien de plus, rien de mois.
Sigourney Weaver et les attentes
L’apparition de Sigourney Weaver dans le rôle du Colonel Ward laisse là aussi une impression mitigée. L’actrice iconique des franchises Alien et Avatar semble un peu raide dans ses premières répliques, même si l’on se garde de juger sur une si courte séquence. On attendra le film complet pour se faire une opinion définitive.
Un bilan en demi-teinte mais optimiste
Au sortir de ces vingt-cinq minutes, le sentiment dominant est celui d’une promesse. Belle ? Cela reste à voir. Le film a indéniablement l’allure d’un vrai blockbuster Star Wars, avec une ambition visuelle supérieure à la série. Il reste cependant à voir si l’histoire saura s’élever au-delà d’une simple « grande mission » pour offrir une véritable évolution aux personnages que l’on affectionne tant. Il nous manque aussi clairement un grand antagoniste pour offrir davantage de profondeur scénaristique.

Le passage au cinéma du Mandalorien et de Grogu est une belle idée en soi et une façon habile pour Disney de faire revenir sa franchise starwarsienne sur grand écran sans prendre trop de risque au départ. Reste maintenant à savoir si le long-métrage tiendra toutes ses promesses sur la durée. Pour l’heure, on reste curieux et globalement enthousiaste, tout en gardant une pointe de prudence.
