La division créative et technique de Disney poursuit ses travaux sur des systèmes robotiques destinés à enrichir les expériences des parcs à thème. Selon un rapport de Bloomberg, Walt Disney Imagineering développe actuellement une raie manta aquatique de six pieds de long, conçue pour incarner la forme spirituelle de grand-mère Tala de la saga Vaiana, ainsi qu’un droïde en suspension destiné à animer un chariot de restauration thématique dans les lands Star Wars : Galaxy’s Edge. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large qui vise à exploiter les plans d’eau sous-utilisés et à proposer de nouvelles formes d’interaction, y compris pour le futur parc d’Abu Dhabi.
Des robots aquatiques pour donner vie aux lagons
Imagineering avait déjà dévoilé l’année dernière des prototypes de robots aquatiques. L’un d’eux, de petite taille, s’inspirait de l’Ilu — ces créatures plésiosauriennes également appelées jiaolong ou sirènes — présentes dans Avatar : La Voie de l’Eau et visibles dans l’attraction Flight of Passage à Disney’s Animal Kingdom. Ces premiers essais avaient alors nourri l’hypothèse d’une utilisation dans le futur land AVATAR de Disney California Adventure.
Le rapport de Bloomberg apporte une précision supplémentaire sur un robot en forme de raie. Celui-ci utilise la technologie « hydrofoil » pour se propulser dans l’eau et pourrait reproduire l’apparition spirituelle du personnage de Tala, la grand-mère de Vaiana. Une flotte de robots similaires à des dauphins complète l’ensemble. Une vidéo interne montre ces dauphins mécaniques évoluant de concert dans un lagon : ils sont mus par des pompes à jet, dotés d’une articulation biomimétique qui assure leur équilibre et guidés par GPS pour leur navigation. Ces machines sont programmées pour interagir entre elles et contribuer à la narration d’une histoire.
Kyle Laughlin, vice-président principal en charge de la technologie et de R&D chez Walt Disney Imagineering, voit dans les plans d’eau des parcs (coucou Disney Adventure World !) un espace encore largement inexploité. Souvent illuminés la nuit pour des spectacles, ils restent peu utilisés en journée. « Nous considérons cela comme une toile sur laquelle nous pourrions véritablement donner vie à de nouveaux divertissements d’une manière qui pourrait être extrêmement puissante pour nos invités », indique-t-il. Il précise que les licences Vaiana et Avatar servent de sources d’inspiration : « C’est ce formidable mélange d’IP aquatiques et d’espaces sous-utilisés, c’est pourquoi nous étudions ce que des interprètes aquatiques autonomes peuvent accomplir. »
Ces robots aquatiques pourraient par ailleurs être adaptés à d’autres univers, dont Star Wars.
Galaxy’s Edge : un food truck porté par un droïde interactif
Parallèlement aux travaux aquatiques, Imagineering explore le concept d’un chariot de nourriture équipé d’un droïde en lévitation, susceptible d’être déployé dans Star Wars : Galaxy’s Edge. Bloomberg a pu assister à une démonstration de ce prototype flottant, dont le design du food truck s’inspire directement d’un élément observé dans Star Wars : The Mandalorian & Grogu. Le droïde est conçu pour modifier son comportement et proposer un véritable spectacle selon la commande passée par le visiteur.
L’équipe a travaillé en collaboration avec le réalisateur Jon Favreau pour aboutir à ce concept. Le chariot devrait être présenté lors de l’événement D23 : The Ultimate Disney Fan Event en août, avec une possible mise en service à Disneyland avant la fin de l’année.

Laughlin décrit l’objectif de cette expérimentation : apprendre à présenter et à vendre des produits de cette manière. « Je pense que ce que nous allons apprendre, c’est comment présenter et vendre des produits, et si cela fonctionne, nous continuerons à chercher de nouvelles façons de faire », explique-t-il. Il ajoute que l’approche n’est pas cantonnée à l’alimentaire : « Cela ne doit même pas être une boisson. Vous pourriez avoir une petite poupée Elsa ou quelque chose comme ça. »
Maîtriser tous les formats robotiques au service du récit
Ces initiatives illustrent la volonté d’Imagineering de développer une large palette de formes robotiques. « Nous devons maintenant couvrir tous les types de facteurs de forme, des robots bipèdes aux quadrupèdes, en passant par les choses qui volent et celles que vous verrez dans l’eau », souligne Laughlin. Cette diversité s’impose notamment lorsque les personnages costumés ne peuvent être déployés : il faut alors trouver d’autres moyens de donner vie aux univers.
L’innovation reste toutefois subordonnée au storytelling. « L’objectif n’est pas de faire de l’innovation ou de la technologie pour l’amour de la technologie, mais toujours au service de l’histoire », martèle le responsable. L’entreprise n’exclut pas pour autant de revisiter des techniques anciennes : « Nous pouvons être à la pointe en matière de robotique, mais nous pouvons aussi chercher des façons novatrices d’utiliser d’anciennes technologies, comme les marionnettes et les puppets, de manière complètement nouvelle. » L’ambition affichée est d’être exhaustif tant sur les franchises que sur les formats exploités.
Des réalisations concrètes et un apprentissage au bénéfice de tous les parcs
Ces développements interviennent alors que de nouvelles technologies sont déjà déployées. On pense notamment à l’Audio-Animatronique avancé à visage projeté transformable récemment inauguré sur Pirates of the Caribbean à Disneyland, ou aux robots autonomes déjà visibles dans les parcs : les droïdes BDX, Olaf à World of Frozen ou encore H.E.R.B.I.E. des Quatre Fantastiques.
Pour le parc d’Abu Dhabi, présenté comme le plus technologiquement avancé de la compagnie, Imagineering procède par itérations sur les expériences existantes. « Nous travaillons à rebours à travers nos autres expériences pour tester et apprendre afin de tenir cette promesse et que tous nos parcs bénéficient des innovations d’ici là », explique Laughlin. Il anticipe que, dans les délais envisagés pour Abu Dhabi, les visiteurs verront se multiplier les robots autonomes en déplacement libre, les expériences XR intégrées et de nouvelles formes d’engagement, adaptées à l’évolution des appareils et des attentes du public.
En définitive, les projets de raie manta et de droïde volant témoignent d’une même logique : utiliser la technologie — qu’elle soit biomimétique, lévitante ou réinventée — pour étendre les possibilités narratives et interactives des parcs, tout en tirant parti des espaces et des licences existants.


