Disney et Netflix ont conclu un accord de licence non exclusif qui envoie, dès le 4 octobre 2026, des séries en cours et des films de catalogue sur Netflix, sans les retirer de Disney+ ni de Hulu. L’information a été révélée par Variety. L’enjeu n’est pas seulement de monétiser un même titre sur plusieurs plateformes : il s’agit aussi de préparer des sorties déjà datées.
Deux plateformes, les mêmes épisodes
Le principe est simple à formuler. Des titres Disney, Disney+ et du groupe élargi arrivent sur Netflix, tout en restant là où ils étaient. Percy Jackson et les Olympiens et les films de la saga L’Âge de Glace, jusque-là associés à l’offre Disney, continueront d’être proposés sur Disney+ et Hulu.
De la sorte, Disney encaisse des recettes de licence, présentées comme se chiffrant en millions, et Netflix étoffe son catalogue. Dans plusieurs cas, la fenêtre est calée sur une suite : saison suivante à la télévision ou au streaming, ou film en salles.
Percy Jackson pendant trois mois, avant le 20 novembre
La série originale Disney+ Percy Jackson et les Olympiens sera disponible sur Netflix dans le monde à partir du 4 octobre. La fenêtre promotionnelle dure trois mois. Elle précède la première de la saison 3 sur Disney+, fixée au 20 novembre.

Le calcul est pédagogique. Un abonné Netflix qui n’a pas Disney+ peut ainsi rattraper le début de la série, puis se tourner vers Disney+ pour la suite. Celui qui a déjà les deux services n’a en revanche rien à choisir : les deux premières saisons restent sur la plateforme d’origine.
Cinq L’Âge de glace, avant un sixième en février
Le même 4 octobre, les cinq films L’Âge de Glace de 20th Century seront proposés sur Netflix dans le monde. Il s’agit d’une fenêtre promotionnelle distincte, avant le sixième volet, L’Âge de Glace : Le Réveil du Volcan, attendu en salles début février 2027.

Là encore, la licence reste aussi sur Disney+. Ces films restent accessibles sur Disney+ et Hulu pendant qu’ils passent sur Netflix.
Will Trent, Famille en Réparation, Tracker : trois calendriers
20th Television place aussi des séries en cours dans l’accord.
Les saisons 1 à 4 de Will Trent arrivent sur Netflix dans le monde le 3 novembre. Le choix de date n’est pas neutre : la saison 5 doit débuter sur ABC début 2027. Les saisons 1 et 2 de Famille en Réparation suivent le 1er décembre, là aussi à l’échelle mondiale selon les termes communiqués, avant la saison 3 sur ABC, le 7 janvier 2027.

Tracker, diffusée aux États-Unis sur CBS, est traitée autrement. Les saisons 1 à 3 seront sur Netflix hors des États-Unis, dans le cadre d’un accord pluriannuel, avec une arrivée en février 2027.
Des films Disney et Pixar, à condition qu’ils ne soient pas des franchises
Début 2027, des longs-métrages phares de Walt Disney Animation Studios et de Pixar, mais non franchisés, rejoindront Netflix. On parle de Soul, Elio, Raya et le Dernier Dragon et d’autres titres. La mise en ligne est annoncée à l’échelle mondiale, avec une réserve : la disponibilité de chaque film et les dates de lancement varieront selon les régions.

Cette précision compte. « Mondial » ne veut pas dire le même jour partout, ni le même assortiment dans chaque pays.
Le catalogue ancien, à côté de séries déjà louées
L’accord couvre aussi des séries de bibliothèque. Felicity arrive aux États-Unis le 7 octobre. Revenge, Bienvenue chez les Huang, et This Is Us font partie du lot. Elles rejoignent des titres déjà sous licence sur Netflix, parmi lesquels Grey’s Anatomy, Arrested Development et Scandal.
On a donc deux étages. D’un côté, des séries actuelles, calées sur une saison à venir. De l’autre, un fonds plus ancien, qui allonge le catalogue sans attendre une avant-première.
Ce que Netflix était déjà, avant 2019
Avant le lancement de Disney+ en 2019, Netflix était de fait l’endroit où beaucoup allaient chercher du Disney en streaming. Dans les années 2010, Disney restait une entreprise de médias classique : salles, support physique, passages télévisés, puis chaînes premium. Netflix, de son côté, quittait progressivement le secteur de la location de DVD par courrier pour le streaming.
Les intérêts se complétaient. En décembre 2012, les deux groupes annonçaient un accord américain important : Netflix devenait, aux États-Unis, le foyer exclusif en abonnement streaming des films Disney récents sortis en salles. En 2017, un abonné pouvait ainsi y trouver Vaiana : La Légende du Bout du Monde, Zootopie, Le Monde de Dory, Captain America : Civil War, Thor : Ragnarok, et bien d’autres.
C’est aussi en 2017 que Disney a dit qu’il mettait fin à cet accord pour créer son propre service, attendu en 2019. Pendant un temps, le groupe construisait donc son concurrent de demain tout en lui fournissant des films, et en tirant encore une recette à laquelle le lancement de Disney+ a ensuite fait renoncer l’exclusivité.
L’accord de 2026 ne revient pas à cette exclusivité. Il la renverse, pourrait-on dire : Netflix reçoit du contenu, Disney garde ce même contenu. La différence est dans le mot non exclusif.
