Disneyphile
coulisses killer
Courtoisie de 20th Century Studios

Dans les coulisses de Predator : Killer of Killers au Festival d’Annecy

Le 11 juin 2025, le Festival international du film d’animation d’Annecy a accueilli un panel très attendu, organisé par Epic Games, intitulé « Making ‘Predator: Killer of Killers’ – How The Third Floor Rebooted a Sci-Fi Icon in Record Time ». Ce panel a offert un regard exclusif sur la création du film d’animation Predator : Killer of Killers, sorti le 6 juin 2025 sur Hulu et Disney+. Dirigé par Josh Wassung, co-fondateur et directeur créatif de The Third Floor, et Dustin Warnock, avec la contribution du réalisateur Dan Trachtenberg (Prey, 10 Cloverfield Lane), le panel a dévoilé les coulisses d’une prouesse : produire un long métrage d’animation en seulement 18 mois, en réinventant une icône de la science-fiction grâce à des technologies de pointe et une approche novatrice.

Un défi ambitieux : réinventer Predator en animation

Predator : Killer of Killers marque une étape audacieuse pour The Third Floor, un studio traditionnellement spécialisé dans la prévisualisation et la postvisualisation pour des blockbusters hollywoodiens. Ce projet, le premier long métrage du studio, revisite la franchise Predator dans un format animé audacieux, sous la forme d’une anthologie suivant trois guerriers – une Viking en 841, un ninja au Japon féodal et un pilote de la Seconde Guerre mondiale – confrontés à l’implacable chasseur extraterrestre. Le film, d’une durée de 80 minutes, adopte une esthétique inspirée d’œuvres comme Akira de Katsuhiro Otomo et Arcane de Netflix, mêlant violence stylisée et narration émotionnelle.

Josh Wassung

Le panel a mis en lumière comment The Third Floor a relevé le défi de produire un film de cette envergure en un temps record, tout en maintenant une qualité cinématographique. « Nous avons voulu montrer que l’animation peut être aussi percutante qu’un film en prises de vues réelles, tout en repoussant les limites de ce que la technologie en temps réel peut offrir », a déclaré Josh Wassung.

Une production éclair : les coulisses du film d’animation Predator

L’un des aspects les plus impressionnants de Predator : Killer of Killers est sa chronologie de production. Débutée en septembre 2023, la préproduction a permis d’assembler l’intégralité du film sous forme de « reels » (bobines) dès décembre 2023. Le montage final a été livré en février 2025, soit seulement 18 mois plus tard. Ce rythme effréné contraste avec les cycles de production habituels de l’animation, qui s’étendent souvent sur plusieurs années.

Courtoisie de 20th Century Studios

Pour atteindre cet objectif, The Third Floor a abandonné le modèle traditionnel séquentiel (storyboard, animation, rendu) au profit d’une approche parallèle. Les départements – histoire, concept art, layout, animation – ont travaillé simultanément, avec des projections régulières toutes les deux à trois semaines pour itérer rapidement. « Nous avons éliminé les silos entre les équipes », a expliqué Wassung. « Chaque artiste avait une vue d’ensemble du projet, ce qui a permis des ajustements en temps réel et une plus grande liberté créative. » Cette « efficacité créative » a été renforcée par des outils de communication internes et des processus agiles, permettant à l’équipe de rester alignée sur la vision de Dan Trachtenberg. Le résultat : un pipeline où les décisions narratives, visuelles et techniques étaient prises de manière fluide et collaborative.

L’Unreal Engine : la révolution du temps réel

Le cœur technique de Predator : Killer of Killers repose sur l’Unreal Engine, le moteur de jeu d’Epic Games, utilisé ici pour un rendu en temps réel d’une qualité cinématographique. Cette technologie, initialement développée par The Third Floor pour la prévisualisation, a été adaptée pour répondre aux exigences d’un long métrage d’animation

Courtoisie de 20th Century Studios

Un pipeline technique innovant

  • Rendu en temps réel : L’Unreal Engine a permis de produire des images définitives rapidement, réduisant le temps nécessaire pour le rendu final. Les séquences visuelles et les dialogues ont été verrouillés dès mars 2024, avec un rendu complet achevé en février 2025 pour les 1 683 plans du film.
  • Éclairage et compositing : The Third Floor a développé un système de lighting et de compositing en temps réel, permettant aux artistes d’ajuster les visuels en direct. Cela a non seulement accéléré la production, mais aussi permis d’expérimenter des choix artistiques audaciueux, comme des jeux d’ombres dramatiques pour renforcer l’atmosphère.
  • Défis techniques : Malgré ses avantages, le rendu en temps réel a posé des défis, notamment pour maintenir une qualité visuelle homogène sur 80 minutes. Wassung a souligné que le plus grand obstacle n’était pas le volume de plans, mais de s’assurer que l’histoire reste cohérente et émotionnellement engageante dans un format d’anthologie.

Une vision artistique : un Predator stylisé et cinématographique

Predator : Killer of Killers se distingue par son esthétique audacieuse, qui marie la brutalité caractéristique de la franchise à une direction artistique sophistiquée. Le panel a mis en avant le travail des directeurs artistiques Joel Chang et Amy Carter (fille de Rick Carter, chef décorateur de Forrest Gump et Jurassic Park), qui ont abordé le film comme un projet en prises de vues réelles.

coulisses killer
Courtoisie de 20th Century Studios
  • Influences : Le film puise son inspiration dans Akira pour son énergie visuelle et Arcane pour sa capacité à mêler action et profondeur émotionnelle. Plusieurs artistes ayant travaillé sur Arcane, dont l’animateur principal Steven J. Meyer, ont apporté leur expertise au projet.
  • Décors historiques : Chaque segment de l’anthologie est ancré dans un contexte historique précis, avec des recherches approfondies pour recréer des environnements authentiques (par exemple, un village viking ou un champ de bataille de la Seconde Guerre mondiale). L’éclairage et l’ambiance ont été utilisés pour refléter l’arc émotionnel de chaque personnage.
  • Violence stylisée : Fidèle à l’esprit de Predator, le film n’esquive pas la violence, mais la présente de manière stylisée, avec des séquences d’action chorégraphiées comme des ballets brutaux.

Le film suit trois récits distincts, chacun centré sur un guerrier affrontant un Predator dans une époque différente. Dan Trachtenberg, connu pour son approche narrative dans le film Prey, a cherché à explorer la tension universelle entre proie et prédateur, tout en rendant hommage à l’héritage de la franchise. « Chaque histoire est une méditation sur la survie et la résilience », a-t-il déclaré lors du panel. Cette structure d’anthologie a permis à l’équipe de prendre des risques créatifs, tout en restant fidèle à l’ADN de la franchise Predator.

Les leçons d’un pari réussi

Le panel s’est conclu sur une réflexion sur l’avenir de l’animation et des pipelines de production. The Third Floor a démontré qu’un studio traditionnellement axé sur la prévisualisation pouvait produire un long métrage d’animation de qualité en un temps record, grâce à une combinaison de technologies en temps réel, d’une collaboration interdisciplinaire et d’une vision artistique claire.

coulisses killer
Courtoisie de 20th Century Studios
  • Un modèle pour l’avenir : L’approche de The Third Floor pourrait inspirer d’autres studios à adopter des pipelines plus agiles, en particulier pour des projets à budget moyen ou à échéance serrée.
  • Démocratisation des outils : L’utilisation de l’Unreal Engine montre comment des outils initialement conçus pour les jeux vidéo peuvent transformer la production cinématographique, rendant l’animation de haute qualité plus accessible.
  • Un nouveau souffle pour Predator : En réinventant la franchise dans un format animé, The Third Floor et Dan Trachtenberg ont ouvert la voie à de nouvelles explorations narratives pour cette icône de la science-fiction.

Le panel « Making ‘Predator : Killer of Killers’ » a captivé le public d’Annecy par son mélange d’innovation technique et de passion créative. En seulement 18 mois, The Third Floor a non seulement livré un film d’animation audacieux, mais a également redéfini ce qu’il est possible de réaliser avec des outils en temps réel et une équipe unie par une vision commune. Predator : Killer of Killers s’impose comme une réussite à la fois artistique et technique, prouvant que même les délais les plus serrés ne sont pas un obstacle à la créativité. Alors que le film continue de faire parler de lui, ce panel restera un moment marquant du Festival d’Annecy 2025, illustrant le potentiel illimité de l’animation moderne.

Courtoisie de 20th Century Studios



© Disneyphile 2026 / Tous droits réservés / Reproduction interdite

Articles en lien

Predator : Badlands, le plus grand succès de la franchise, arrive sur Disney+

Florian Ternet

Festival d’Annecy 2026 : le programme de Disney, Pixar et Disney Television Animation

Florian Ternet

Predator : Badlands pulvérise les records de la franchise et propulse Disney au-delà des 4 milliards au box-office mondial

Florian Ternet

L’équipe de Predator : Badlands à Londres

Florian Ternet

La billetterie de Predator : Badlands s’ouvre avec de nouvelles images et un reportage inédit

Florian Ternet

Découvrez la bande-annonce finale de Predator : Badlands

Akibe Kone

Laisser un commentaire