Searchlight Pictures, filiale de Disney spécialisée dans les productions indépendantes, vient de mettre en ligne un documentaire exclusif sur les coulisses de The Testament of Ann Lee. Disponible sur YouTube, ce spécial produit par ABC sous le label *On the Red Carpet* offre une immersion de 23 minutes dans la fabrication de ce long-métrage qui fait déjà parler de lui en cette saison des récompenses. Avec des nominations en pagaille, dont une pour Amanda Seyfried aux Golden Globes dans la catégorie Meilleure Actrice, le film retrace l’histoire d’Ann Lee, fondatrice du mouvement shaker à la fin des années 1700. Ce récit historique met en lumière une femme visionnaire qui a défié les conventions de son époque en prônant l’égalité, la compassion et la vie communautaire.
Une approche respectueuse de l’histoire shaker
Le documentaire arrive à point nommé pour approfondir les enjeux d’un projet ambitieux, qui mélange biographie intime et réflexion sur les utopies sociales. Au cœur de ce spécial, la réalisatrice Mona Fasold explique son engagement à traiter le sujet avec une authenticité rigoureuse. Elle insiste sur le respect dû à la figure réelle d’Ann Lee, une immigrante anglaise qui, au XVIIIe siècle, a fondé une communauté religieuse basée sur le célibat, l’égalité des sexes et une spiritualité extatique. Fasold a veillé à ce que le film ne déforme pas cette héritage, en s’appuyant sur des sources documentées pour dépeindre les défis sociaux et spirituels de l’époque.
Le documentaire explore comment l’équipe a recréé l’univers shaker, en s’inspirant des principes utopiques de la communauté. Les Shakers, connus pour leur artisanat simple et leur mode de vie communal, sont présentés comme des bâtisseurs d’un monde plus compatissant, loin des hiérarchies traditionnelles. Cette vision idéaliste imprègne le film, qui devient un portrait puissant d’une femme en avance sur son temps et de l’esprit persistant de ceux qui ont osé rêver d’une société alternative.
La préparation intense d’Amanda Seyfried
Amanda Seyfried, qui incarne Ann Lee, occupe une place centrale dans ce making-of. Le spécial détaille sa préparation méthodique pour le rôle : recherches approfondies sur la vie de la fondatrice, entraînements vocaux pour les chants shaker, et apprentissage de chorégraphies spécifiques. Ces éléments étaient essentiels pour capturer l’essence d’Ann Lee, une leader charismatique dont les visions mystiques inspiraient des danses extatiques et des hymnes collectifs. Seyfried a ainsi dû maîtriser non seulement le jeu d’actrice, mais aussi les aspects physiques et musicaux du personnage, afin de rendre hommage à son authenticité historique.
Le spécial ABC s’attarde sur les aspects visuels et techniques du film, révélant un travail minutieux sur les costumes d’époque, les décors artisanaux et une cinématographie picturale influencée par l’art religieux. Les images, souvent composées comme des tableaux, évoquent les icônes spirituelles, renforçant l’atmosphère mystique de l’œuvre. La musique et la chorégraphie occupent une place prépondérante : en intégrant des hymnes shaker authentiques, des mouvements corporels rythmés et une spiritualité extatique, l’équipe a su capturer l’énergie collective de la communauté.
Parmi les moments forts, le documentaire montre des pièces maîtresses symboliques, comme la combustion en temps réel de la « Shadic house » – une séquence dramatique qui illustre les tensions et les destructions auxquelles les Shakers ont fait face. Ces éléments techniques, réalisés avec précision, reflètent les espoirs utopiques des personnages, tout en offrant un aperçu rare sur l’artisanat cinématographique.
