La 68e édition des Grammy Awards, qui s’est tenue le 1er février 2026 à la Crypto.com Arena de Los Angeles, a couronné une diversité de talents, avec un accent sur les genres rap, pop et latine. Kendrick Lamar s’est imposé comme le grand vainqueur de la soirée, repartant avec cinq trophées, dont le trophée du Record de l’Année pour « Luther » en duo avec SZA, le Meilleur Album de Rap pour *GNX*, et trois prix pré-télédiffusés, surpassant ainsi Jay-Z comme l’artiste rap le plus récompensé de l’histoire des Grammys. Bad Bunny a marqué l’événement en remportant le prix de l’Album de l’Année pour Debí Tirar Más Fotos, et a également été distingué dans la catégorie du Meilleur Album de Musique Urbaine pour le même opus. Billie Eilish a décroché la Chanson de l’Année avec « Wildflower », tandis qu’Olivia Dean a été sacrée Meilleure Nouvelle Artiste, devançant des concurrents attendus comme Lola Young ou Benson Boone.
Une diversité de vainqueurs
Parmi les autres moments forts, Lady Gaga a triomphé dans deux catégories : Meilleur Album Pop Vocal pour Mayhem et Meilleur Enregistrement Dance Pop pour le remix de « Abracadabra » par Gesaffelstein. Des surprises ont ponctué la cérémonie, comme la victoire de Lola Young en Meilleure Performance Pop Solo pour « Messy », ou celle de Jelly Roll en Meilleur Album Country pour Beautifully Broken. La soirée, qui comptait 95 catégories dont 86 décernées en pré-télédiffusion, a mis en lumière une représentation accrue des artistes latinos et alternatifs, avec des gains pour Natalia Lafourcade (Meilleur Album Pop Latino pour Cancionera) et The Cure (Meilleur Album de Musique Alternative pour Songs of a Lost World). Ces résultats soulignent l’évolution des Grammys vers une plus grande inclusivité, tout en célébrant des vétérans comme Caetano Veloso et Maria Bethânia, vainqueurs en Meilleur Album de Musique du monde pour Caetano e Bethânia Ao Vivo.
Deux victoires inattendues pour Disney
Malgré une présence modeste avec huit nominations au total, Disney a su tirer son épingle du jeu en remportant deux Grammys, confirmant son influence dans les domaines de la musique de film et des bandes originales. Le premier prix revient à la bande originale de Music By John Williams, le documentaire Disney+ dédié au compositeur légendaire, dans la catégorie Meilleure Musique de Film. Réalisé par Laurent Bouzereau et produit par une équipe incluant Sara Bernstein, Justin Falvey, Darryl Frank, Brian Grazer, Ron Howard, Meredith Kaulfers, Kathleen Kennedy, Frank Marshall, Steven Spielberg et Justin Wilkes, ce projet met en lumière la carrière prolifique du compositeur de Jurassic Park, Star Wars, Harry Potter à l’École des Sorciers ou encore La Liste de Schindler. Cette victoire marque un jalon historique : elle permet à Steven Spielberg d’atteindre le statut EGOT (Emmy, Grammy, Oscar, Tony), rejoignant ainsi un club élite de 19 artistes.
Le second trophée distingue « As Alive As You Need Me To Be », la chanson du film TRON : Ares de Walt Disney Pictures, dans la catégorie Meilleure Chanson Rock. Interprétée par Nine Inch Nails et composée par Trent Reznor et Atticus Ross, cette piste apporte une dimension rock industrielle à l’univers futuriste de la franchise. Cette reconnaissance récompense non seulement la qualité musicale, mais aussi l’intégration réussie de la bande-son dans un long-métrage de science-fiction, qui n’a pas réussi à trouver son public en dehors des fans. Mais Nine Inch Nails succède plutôt bien à Daft Punk dans l’exercice et il est important de le souligner, même si le reste de la bande originale souffre peut-être un poil trop d’élan expérimental.
Des opportunités manquées pour la firme aux grandes oreilles
Si ces victoires constituent un succès notable, Disney a essuyé plusieurs revers dans des catégories où la firme était bien représentée. Dans la section Meilleur Album pour un Média Visuel, Un Parfait Inconnu – bande originale reprenant des chansons de Bob Dylan par Timothée Chalamet – s’est incliné face à Sinners, grand favori de la saison des récompenses cinématographiques par ailleurs. De même, la catégorie Meilleure Musique pour un Jeu Vidéo et autres Médias Interactifs a échappé aux trois nommés Disney : Avatar : Frontiers of Pandora – Secrets of the Spires (Pinar Toprak), Indiana Jones et le Cercle Ancien (Gordy Haab), et Star Wars Outlaws : Wild Card & A Pirate’s Fortune (Cody Matthew Johnson & Wilbert Roget, II), remportée par le jeu Sword of the Sea.
Autre déception pour la Meilleure Chanson écrite pour un Média Visuel, où « Golden » du film d’animation phénomène KPop Demon Hunters (HUNTR/X: EJAE, Audrey Nuna, REI AMI) a triomphé sur deux citations Disney : « As Alive As You Need Me To Be » de TRON : Ares (Nine Inch Nails ; Trent Reznor et Atticus Ross) et « Never Too Late » du documentaire Elton John : Never Too Late (Brandi Carlile et Elton John au micro ; Bernie Taupin, Andrew Watt, Elton John et Brandi Carlile à l’écriture). Enfin, en Meilleure Composition Instrumentale, « Opening » (Zain Effendi), musique de la nouvelle version de Test Track à EPCOT, a été battu par « Fist Snow » de l’album Silent Course (Nordkraft Big Band, Remy Le Boeuf et Danielle Wertz).
Des résultats mitigés pour Disney donc, dans un paysage musical compétitif…



