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Courtoisie de Disney

Là-Haut arrive dans Le Pays des Contes de Fées à Disneyland Paris… Et c’est totalement incohérent !

Alors que l’attraction Le Pays des Contes de Fées connaît actuellement la plus grande réhabilitation depuis son ouverture, on a appris qu’elle proposera dès sa réouverture non pas deux scènes inédites mais trois ! Le Pays des Contes de Fées à Disneyland Paris accueillera dès cet été l’univers d’un film d’animation Pixar bien connu, Là-Haut.

Là-Haut dans le Pays des Contes de Fées, cohérent ?

Il s’agira à vrai dire de la seconde incursion de la licence Pixar dans Fantasyland au Parc Disneyland après l’arrivée l’an passé de l’univers de Luca dans le restaurant Pizzeria Bella Notte. La scène de Là-Haut, dont un premier aperçu a été dévoilé par les équipes de Walt Disney Imagineering, se situera en lieu et place de celle inspirée d’Oz (et plus particulièrement du film Oz, Un Monde Extraordinaire sorti en 1985). Comme pour Winnie l’Ourson (remplaçant le tableau de Hansel et Gretel) et La Reine des Neiges effaçant l’histoire de Pierre et le Loup, ce n’est non pas une scène supplémentaire qui sera donc ajoutée en fin de parcours du (Le) Pays des Contes de Fées. Premièrement, il est légitime de se poser la question de l’ajout d’une licence de Pixar dans cette attraction, qui avait pour principe fondamental de célébrer des histoires adaptées par Disney. Premier impair, mais qui pourrait être pardonné !

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Courtoisie de Disney

L’univers de Là-Haut remplacera celui de la cité d’Émeraude. Mais avec le remplacement de cette scène, c’est aussi la cohérence de l’attraction qui est attaquée. Car si le roman de L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz, est bien un conte de fées, le film d’animation Là-Haut est tout sauf un conte de fées – au mieux une épopée d’aventure.

Pixar s’impose toujours plus à Disneyland Paris

Outre l’aberration caractérisée dans cet ajout de dernière minute, il faut bien dire que l’étude préparatoire de la scène de Là-Haut est tout sauf spectaculaire et n’emballe pas des masses. Quitte à honorer l’héritage de l’attraction qui est une balade sur l’eau et mettre en avant le nouveau parrainage de la marque Vittel, l’ajout d’une version miniature des Chutes du Paradis dans cette scène aurait été la bienvenue mais là encore, Walt Disney Imagineering s’est contenté du strict minimum.

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L’imposante et majestueuse Cité d’Émeraude, richement détaillée et offrant au public une évasion supplémentaire dans un conte qui n’est pas nécessairement associé spontanément à Disney (bien que la firme a plusieurs fois décliné cet univers sur grand écran), sera remplacée par la maison de Carl Fredricksen, bien plus petite et beaucoup moins impressionnante à première vue, en guise de scène finale. Le vieux monsieur et le jeune Russell trôneront devant cette maison semblant léviter avec des ballons.

Par ailleurs, Là-Haut n’a rien d’une histoire liée au folklore européen ou méditerranéen, ce qui était une spécificité du (Le) Pays des Contes de Fées (la scène d’Oz n’était pas à relier au Kansas de Dorothée mais bel et bien au pays fantastique qui n’a pas d’indication géographique précise). Enfin, les personnages de Là-Haut sont déjà mis en avant de manière beaucoup plus logique dans la jungle d’Adventureland au Parc Disneyland depuis mai 2014. Ce sera donc totalement redondant de les retrouver dans un autre Land non loin…

Nous assistons donc à une totale réinvention de l’attraction. Quitte à aller plus loin, autant la renommer ! Quitte à rajouter de la licence pixarienne au forceps, autant utiliser des univers qui auraient davantage de cohérence ici : Rebelle, Luca ou En Avant, tous basés sur un imaginaire lié au contes de fées et / ou au folklore européen, auraient été des candidats bien plus intéressants ! Au-delà, d’autres univers Disney auraient eu bien plus de légitimité comme Mary Poppins, Wish : Asha et la Bonne Étoile, la Vallée des Fées, Il Était une Fois voire même Hercule ou Vaiana, La Légende du Bout du Monde. Enfin, inutile de rappeler que l’ajout d’une nouvelle scène sous-entend la suppression d’une autre alors qu’il y avait largement la place de garder l’ancien et d’offrir des places de choix aux nouveautés…

Loin de là l’idée de dénigrer le chef-d’œuvre qu’est Là-Haut mais un tel monument de l’animation mérite bien mieux qu’une scène anecdotique dans une attraction de second plan. C’est à se demander d’ailleurs pourquoi une partie du parc Walt Disney Studios a été refaçonnée en zone Worlds of Pixar… Si supprimer et recycler est la tendance du moment, changer le thème de l’attraction Les Tapis Volants – Flying Carpets Over Agrabah avec celui de Là-Haut aurait été bien mieux accueilli par les fans. Le comble est que cette attraction sera la seule basée sur un film d’animation Disney a subsister réellement vers cette zone Pixar du parc Walt Disney Studios (bien qu’elle fera partie officiellement de la nouvelle zone de World Premiere Plaza) tandis qu’un film Pixar se retrouvera comme un cheveu sur la soupe dans un lieu entièrement consacré à Disney dans l’autre parc. Cocasse !

Les Imagineers ne sont pas à blâmer, ils ne sont plus que de simples exécutants hélas. Voici ce que déclare Keith Rector, directeur artistique chez Walt Disney Imagineering Paris, à propos de cet ajout douteux de Là-Haut dans Le Pays des Contes de Fées à Disneyland Paris : « Cette architecture miniaturisée, véritable personnage principal de l’attraction, fait du Pays des Contes de Fées une aventure absolument unique. La maison volante de Carl dans Là-Haut est une icône si forte dans son histoire, que nous avons pensé qu’elle serait appropriée pour clôturer ce voyage ».

Pour être tout à fait complet, cette opération est aussi une manière un peu grossière pour Disneyland Paris de viser l’efficace dans la maintenance sur la durée de cette attraction. Plutôt qu’un vaste décor à choyer, autant le remplacer par une toute petite maison et des rochers qui nécessitent bien moins d’entretien. L’ajout de cette scène est donc aussi justifié clairement par un argument économique… Et c’est d’autant plus déplorable !

Des choix pas toujours clairs sont faits au sein des instances de Disneyland Paris, quitte à saccager toujours un peu plus l’âme du Parc Disneyland au profit du tout licence. C’est là(haut) que le bât blesse !



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