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Le Parapluie Bleu – Critique du Court-Métrage Pixar

Le Parapluie Bleu (The Blue Umbrella) est sans contexte l’un des courts-métrages Pixar les plus connus de sa catégorie. Réalisé en 2013 par Sacha Unseld, il parait en première partie de Monstres Academy. L’histoire met en avant pendant six minutes la rencontre d’un parapluie bleu et d’un autre parpluie rouge au beau milieu d’une averse. 

Les parapluies les plus célèbres en animation

Le court-métrage qui narre la romance entre deux parapluies est sûrement le premier des studios Pixar à mettre en avant l’aspect photoréaliste que peut apporter les nouvelles améliorations du modérateur 3D Renderman. Bien loin du rendu qui sera proposé trois ans plus tard sur Piper, le traitement opéré dans Le Parapluie Bleu n’en est pas moins impressionnant à sa sortie. La rue comme décor, les passants, la pluie, l’animation des gouttières très fine, apportent un aspect de prise de vue réelle au film.

le parapluie bleu

Les arrières-plans nocturnes parsemés de points lumineux dans un procédé flou ne sont pas sans rappeler certains effets d’estompage en photographie. Les deux parapluies colorés à outrance sur ces fonds sobres, et leur côté cartoonesque tranchent avec le reste comme pour mettre en avant le caractère fantastique de leur vie sur un fond urbain plus réaliste. Ce parti pris photoréaliste permet à Pixar d’opérer un tournant avec l’animation de tradition Disney qui se veut visuellement et esthétiquement dessinée. 

Un scénario mettant en avant la personnalité de ses protagonistes

Si le choix scénaristique du (Le) Parapluie bleu rappelle le long-métrage Disney de 1946, La Boîte à Musique, dans lequel, au sein d’une boutique, deux chapeaux tombés amoureux se retrouvent séparés et vivent quelques péripéties avant d’être à nouveau réunis, Pixar apporte une émotion et des caractéristiques à ses objets dont seuls ces studios sont maîtres. Les parapluies en premier lieu partagent dans leurs « expressions faciales » la découverte amoureuse, la séduction, l’inquiétude, la détermination de manière à ce que le spectateur soit à chaque moment investi dans l’histoire, se sentant concerné par le sort des deux objets. Cette originalité de conférer tant d’âme à des objets, permet d’apporter à un scénario de prime abord simpliste voir désuet – un court métrage sur une rencontre amoureuse – un relief plus important et pertinent dans l’identité des studios Pixar.

le parapluie bleu

Tous les éléments du court métrages résonnent avec cette même volonté d’apporter de la vie à ce qui est par essence inanimé. Les éléments secondaires comme l’architecture où les éléments du paysage urbain se sentent touchés par l’histoire des deux amoureux, les aide tout au long du court-métrages et transparaissent eux aussi par des expressions du visage, dont les yeux peuvent être des clous, des fenêtres… Tous ces modules que le spectateur est amené à croiser tous les jours s’animent sous ses yeux. Ces objets qui ont une âme accompagnent ainsi nos deux parapluies colorés qui sourient au milieu de tous les autres parapluies noirs et moroses. La magie de ce court-métrage réside ainsi dans l’animation de ces éléments pour lesquels le spectateur ressent de l’affection comme si il avait été question d’animaux ou d’êtres humains.

Un conte touchant

Ne défaillant pas à la tradition Pixar, le court-métrage anime l’inanimé, des objets, des bâtiments… L’histoire tourne autour de l’amour porté entre deux parapluies séparés ; le parapluie bleu fera tout, aidé des éléments de la rue pour retrouver sa bien aimée. L’animation réaliste du fond démontre encore les améliorations réalisées sur RenderMan qui permet de pousser toujours plus loin les limites de l’animation. La sympathie que le spectateur éprouve pour les deux parapluies font de cette douce et simple histoire un conte sans frontière dont l’efficacité technique ne fait que confirmer les avancées que Pixar apporte à l’animation. 

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