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Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 – Critique du Film Marvel

À ce stade, nous en sommes venus à attendre certaines choses d’un épisode de la franchise Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn. Bien évidemment, le film comportera de la musique, de l’humour décalé, des scènes bourrées d’action et des personnages qui réalisent que la famille est un concept évolutif, qui n’a de cesse de les suivre, années après années. Mais ce qui rend Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 unique, c’est sa capacité à s’émanciper de ses prédecesseurs (onze ans séparent son histoire de celle du deuxième volet) tout en respectant un certain héritage narratif. Le pari de conclure une trilogie déséquilibrée, relancer la machine du MCU tout en offrant une conclusion décente aux Gardiens, a-t-il été réussi ici ?

L’ultime baroud d’honneur signé James Gunn

Comme le laissait entendre la bande-annonce, le film voue une part importante de son récit au personnage de Rocket Raccoon, toujours décrit comme le cœur battant de cette saga selon James Gunn. Nous découvrons tout au long de l’histoire des flashbacks sur sa jeunesse et comprenons facilement la tragédie à laquelle le personnage a fait allusion depuis ses débuts dans l’univers cinématographique Marvel. En fin de compte, c’était un excellent choix de proposer une introspection sur ce membre des Gardiens dans un troisième volet, et James Gunn, qui a fait du gag constant un gimmick propre à ces films, parvient à aborder des thèmes beaucoup plus graves, parfois déchirants et sombres.

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Mais il ne tombe pas dans un piège qui voudrait que tout soit sérieux pour être sérieux. Bien au contraire, il garde un attachement tout particulier à ce qui fait l’ADN des Gardiens depuis toujours – des vannes, des scènes de pétage de plomb et des gags en tout genre – en trouvant un juste équilibre dans les tons abordés. Il arrivera même parfois à nous faire esquisser des sourires dans des moments de peine ou l’inverse. Le mélange des genres est totalement assumé et fait mouche la plupart du temps, démontrant à quel point le réalisateur a d’abord soigné l’écriture de son film durant des années.

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La plume de James Gunn est ici sublimée plus que dans aucun autre épisode, en traitant de sujets universels, parfois déroutants mais toujours en totale adéquation avec ce pourquoi notre équipe de super-héros s’est jurée de défendre les plus faibles et de sauver, à leur humble échelle, ce qui peut et mérite de l’être. Il y a de beaux messages délivrés dans une adversité de tous les instants mais il y aussi surtout un véritable attachement à ses personnages. À travers l’œil avisé de Gunn, le public ressent la même affection pour cette équipe qui offre ici une certaine forme de chant du cygne, comme si nous disions au revoir à des Avengers alternatifs, après Endgame. Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 sonne la fin d’une autre ère chez Marvel Studios indéniablement.

Les timbrés cosmiques dans leur histoire la plus sombre

Certaines choses doivent être mentionnées d’emblée. Bien que le film parle de famille dans tous les aspects possibles et inimaginables, c’est le film peut-être le moins familial de la saga. Certaines scènes et moments résolument difficiles à regarder (ou accepter ?) en troubleront plus d’un. Mais ils s’avèrent bien utilisés dans la narration souhaitée par James Gunn, qui ne se contente pas d’en faire de simples outils de mise en scène pour son blockbuster. Ils servent une vision, peut-être un poil en retard pour le public qui aurait aimé déjà voir des enjeux plus importants pour les Gardiens dans leur deuxième volet beaucoup plus faignant.

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Mais Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 n’en reste pas moins le témoin d’une voie que Marvel Studios n’a jamais voulu réellement emprunter de peur de voir une grande partie de son public se détourner du label super-héroïque. Et pourtant, tout cela sonne plutôt juste dans cette conclusion à la fois épique et intime d’une saga résolument culte et singulière. Alors oui, l’écriture et la direction artistique – on ne peut plus impeccables -vous feront peut-être détourner le regard à certains moments, tant le film assume une brutalité évidente (traduisant parfois peut-être un ton trop inégal), mais les larmes ne couleront pas ici pour de mauvaises raisons. On aurait pas cru écrire ça pour un film de la Maison des Idées en 2023, tant la déroute créative du studio de Kevin Feige était banalisée depuis quelques temps (si l’on met de côté quelques rares projets comme WandaVision ou Doctor Strange in the Multiverse of Madness). Mais voilà, force est de constater que le film touche directement en plein cœur.

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Alors que le film se concentre sur Rocket, les autres Gardiens ont tous droit à leur moment sous le feu des projecteurs, ce qui est formidable pour un film d’une telle densité, censé refermer la page d’un grand livre ouvert en 2014. D’ailleurs, bien que le film se concentre judicieusement sur les personnages avec lesquels nous avons besoin de clôturer une histoire, James Gunn laisse globalement suffisamment de temps aux nouveaux personnages pour évoluer à l’écran même si on regrettera peut-être par moments de ne pas avoir assez mis en avant certaines figures comme Cosmo, Kraglin ou Adam Warlock (dont les apparitions sont malgré tout excellentes). Espérons dès lors que l’univers cinématographique Marvel trouvera un moyen de les ramener afin que nous puissions également mieux en profiter. Le travail de construction de Mantis est un bon exemple. D’un simple personnage de second plan en 2017, elle est devenue une super-héroïne à part entière qui volerait presque la vedette à d’autres Gardiens (Pom Klementieff apporte à son personnage une folie touchante tout à fait bienvenue).

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Le volume 3 des Gardiens de la Galaxie

Au-delà de cette performance, toutes les prestations sont plutôt d’un excellent niveau ici. Chris Pratt se révèle plus que jamais dans son rôle qu’il aime tant interpréter. Zoe Saldana réussit le tour de force de ramener encore davantage de complexité à son personnage qui a été plusieurs fois « twisté » dans les événements précédents. Dave Bautista (et la plume de Gunn) permet enfin à Drax d’évoluer positivement, loin du carcan caricatural dans lequel il s’était trop enfermé jusqu’à maintenant. Son duo plus qu’improbable avec Mantis, déjà bien amené dans le téléfilm de Noël de 2022, fonctionne à merveille ici. Karen Gillan est toujours aussi fascinante dans la peau de Nebula, un rôle lui collant à la peau. À l’heure où Marvel Studios a multiplié les projets de séries télévisées sur Disney+, nous sommes en droit de nous demander pourquoi ce personnage n’a toujours pas pu bénéficier de sa propre histoire sur petit écran, tant il laisse entrevoir des possibilités infinies. Kraglin a droit à ses moments héroïques lui aussi et Sean Gunn offre un jeu plutôt sincère lui aussi.

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Du côté des Gardiens réalisés en images de synthèse, Groot continue d’évoluer et bénéficie d’un traitement assez remarquable notamment dans ses scènes d’action toujours aussi spectaculaires et créatives mais il n’en reste pas moins un petit alien végétal toujours aussi irrésistible, Vin Diesel s’amusant encore à le doubler. Il est enfin possible d’admirer les prouesses de Cosmo, une chienne télékinésique, interprétée par Maria Bakalova. Mais la palme revient cette fois-ci à Bradley Cooper qui offre une prestation stratosphérique dans la peau de Rocket Raccoon. Il y aurait tant à dire et tant à divulgâcher aussi… Mais essentiellement, cela se résume à une interprétation aussi intimiste qu’intense dans des séquences parfois très impactantes sur le public. En vérité, la dimension dramatique apportée à ce personnage n’en est que plus saisissante tant James Gunn s’est employé depuis le premier film à construire un personnage avec plusieurs couches psychologiques. Rocket est le cœur battant de la trilogie et le film Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 n’a de cesse de nous le prouver. Plus « raton-laveur » que jamais, notre héros décuple peut-être tout le travail effectué depuis le départ : il s’agit pour nos Gardiens de trouver enfin un but dans leur existence, d’apprendre à ne pas (trop) s’autodétester tout en faisant preuve d’amour et de solidarité, les uns envers les autres. Notez que la voix originale du personnage est aussi assurée par Sean Gunn quand Rocket est enfant et Noah Raskin quand il est bébé.

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Dans la galerie de nouveaux personnages introduits dans Les Gardiens de la Galaxie Volume 3, soulignons le travail très inspiré de Chukwudi Iwuji dans le costume du Maître de l’Évolution, se plaçant aisément comme l’un des super-vilains les plus machiavéliques et nuancés du MCU. Un bon méchant fait un bon film et à ce titre, l’antagoniste est ici très convaincant, comme ont pu l’être des Thanos, Loki, Baron Zemo ou Killmonger par le passé. Le haut du panier de la cruauté marvelienne sans aucun doute même si l’écriture du personnage n’est pas exempte de défauts, notamment dans le dernier acte où il est malheureusement relégué à la simple menace à abattre pour nos héros. On pourra également reprocher à James Gunn d’avoir voulu le relier artificiellement aux enjeux du précédent film, en faisant intervenir coûte que coûte la grande prêtresse Ayeesha (Elizabeth Debicki) de manière beaucoup artificielle.

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Brutalité et tragique au cœur du film Les Gardiens de la Galaxie 3

Mais la Maître de l’Évolution reste sans aucun doute le méchant le plus convaincant de la trilogie Les Gardiens de la Galaxie. Faisant preuve de cynisme avec toute la part de menace et de tragique que cela implique, il mène des expériences choquantes rendant sa folie quasi-shakespearienne. Proportionnellement à cette monstruosité qu’il l’habite mentalement et physiquement, le Maître de l’Évolution bénéficie de scènes de dialogues très inspirées, accentuant sa méchanceté comme son intellect. Quand il échange avec un jeune Rocket ou quand il pose des questions d’ordre métaphysique à ses collaborateurs et donc au public a fortiori, son arc en devient encore plus intéressant. On en vient alors à se demander pourquoi un Kang le Conquérant (beaucoup plus insipide par comparaison) n’a pas eu droit aux mêmes honneurs auparavant…

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Comme nous l’avons dit plus haut, dans cette galerie monstrueuse, James Gunn étend le curseur du délire à un niveau jamais connu auparavant dans le MCU. À la manière d’un Guillermo del Toro, il fait de la différence et du rejet une force, une thématique qui imprégnait toute sa saga depuis le départ mais qui prend encore une profondeur plus forte ici. Le bestiaire fabuleux du réalisateur est à son meilleur quand il évoque la première famille d’adoption de Rocket. Sol (Mikaela Hoover) – une lapine sur pattes mécaniques, Lylla (Linda Cardellini) – une loutre aux bras robotiques et Teefs (Asim Chaudhry), un morse avec des roues en guise de membres, offrent des séquences poétiques et émouvantes, qui permettent au film de nous faire respirer même si le climax de celles-ci est très surprenant. Toujours dans ce même registre, le spectateur ne peut qu’éprouver de l’empathie pour le fruit des multiples expériences du Maître de l’Évolution, en particulier celles et ceux qui peuplent la Contre-Terre, un monde résolument tragique façonné à l’image de ce savant fou. Ce flot permanent de cruauté mêlée à l’effroyable et l’émotion agit sur le spectateur et suscite encore et toujours plus d’inquiétude au fur et à mesure que le récit défile, notamment concenant le sort de certains personnages à commencer par Rocket. Tout est fait pour perturber et cela fonctionne.

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Le gros point noir dans le traitement des personnages revient à Adam Warlock. Présenté ici comme une sorte de deus ex machina, le personnage interprété par la talentueux Will Poulter révèle un arc bien trop léger et prévisible même si, il faut l’avouer, il s’intègre plutôt naturellement dans l’histoire. Mais voilà, le bât blesse car Marvel nous avait offert une accroche plus qu’aguichante dans le deuxième volet de la saga et le super-héros, pourtant si bien traité dans les comics, devient un simple personnage secondaire, intervenant dans le film sans que cela paraisse nécessaire. Là encore, on espère que le MCU nous permettra à l’avenir de mieux l’apprécier à sa juste valeur. La même critique pourrait être faite dans la relation entre Gamora et Star-Lord qui manque de temps pour que l’on puisse réellement croire à son évolution. Il faut dire que James Gunn n’avait pas la tâche facile, le dénouement de Avengers : Endgame ne l’aidant pas sur ce point. Mais il ne fournit pas assez de matériau ici pour nous emporter dans leur duo, qui avait été pourtant si bien écrit dans le premier volet. Star-Lord justement bénéficie d’un traitement tout à fait inégal. D’un être dépressif et totalement affecté par la disparition de « sa Gamora » au départ, nous terminons avec quelqu’un qui retrouve une fougue d’antan. Mais Gunn ne nous permet pas d’apprécier suffisamment son évolution pour y croire définitivement.

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Il y a donc de vrais moments de déroute tant le film est abondant en arcs et ne peut dès lors tous les traiter respectueusement mais il y a aussi beaucoup de soin apporté à ceux qui sont menés de manière exhaustive, à commencer par celui de Rocket. On pourra également citer la relation plus que touchante qui lie Drax et Mantis, partageant des moments d’une rare humanité (souvent dans un bain de gags bien lourds, il faut l’avouer). Ainsi, d’une famille dysfonctionnelle rongée par les ravages de la vie, les addictions, la perte d’estime de soi, les excès de perfectionnisme, le manque de communication, d’empathie ou d’intimité, le contrôle excessif et les critiques constantes, le film laisse à voir des moments de vérité qui définissent ce pourquoi cette cellule familiale reste soudée et comment elle garde malgré tout une certaine structure improbable au demeurant. C’est toute la beauté de cette saga ! Et c’est à deux reprises dans le film que l’émotion submerge le spectateur grâce à ces moments de sincérité.

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Les Gardiens de la Galaxie Volume 3, un film (trop) dense ?

À cette quête d’introspection permanente de ces personnages s’ajoute malgré tout de belles séquences de rires. La plupart sont plutôt bien senties mais certaines paraissent encore un peu trop lourdes, mais nous sommes dans les Gardiens de la Galaxie et cette franchise est indéniablement dépendante de ce poids, qui avait été pourtant ressenti comme quelque-chose de plus frais en 2014 dans les salles de cinéma, après des films aux registres globalement sérieux. James Gunn bourre encore davantage son scénario en y ajoutant un grand caméo de Nathan Fillion, de nouvelles apparitions de Silvester Stallone en Stakar Ogord et Howard le Canard, tout ceci pour préserver sa propre mythologie.

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Pour tous ces points mentionnés ci-dessus, Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 vaut réellement le détour, pas simplement comme un énième produit consommable de Marvel Studios mais comme une vraie proposition cinématographique. Il y a très longtemps que nous n’avions pas autant apprécié un film du studio pour des qualités techniques rudimentaires. James Gunn rappelle à ses collègues qu’il sait tenir une caméra et réaliser un montage de bonne facture, ce qui n’est plus forcément l’apanage d’autres productions récentes. Et même si l’exécution globale pourra être critiquée, le film a le mérite d’être sincère et de se suffire à lui-même quand la plupart des projets précédents devaient absolument servir une cause plus importante, celle d’un récit à grande échelle aux ramifications toujours plus complexes. Les personnages sont magnifiquement cadrés, surtout dans les scènes les plus glaçantes ou intimes.

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Les scènes d’action – efficaces et dynamiques – et les effets visuels sont savamment conçus. L’action se classe parmi les meilleures du MCU, capable d’être excitante et lisible à travers les différents décors qui sont parsemés tout au long de l’expérience. Certains plans-séquences méritent réellement qu’on s’y attarde tant ils détonnent avec tout ce qui a été produit dans le MCU depuis 2019. La sacralisation des héros – à tout jamais – survient dans l’une des dernières scènes d’action du film : l’écriture de la chorégraphie des combats est absolument géniale ; les touches sanglantes sont assumées ; tout paraît plausible. La violence justement parsème le film, qu’elle soit verbale, physique, psychologique, morale voire même politique et sociale. Si elle est parfois suggérée, certaines scènes sont beaucoup directes (on en vient même à se demander à quel moment Disney a validé certains plans ou dialogues). Le Maître de l’Évolution en est reponsable en grande partie mais pas que… Enfin, il convient de saluer les performances des personnages non humains, réalisées pour certaines d’entre elles en capture de mouvement, et toutes plus superbes les unes que les autres. Le film est construit sur eux et les artisans qui les ont fabriqués sont au sommet de leur art.

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John Murphy (The Suicide Squad) réussit plutôt à offrir aux (Les) Gardiens de la Galaxie Volume 3 une bande originale épique et émouvante. Il n’oublie pas de réutiliser les motifs emblématiques conçus par Tyler Bates dans les deux premiers volets, tout en apportant dans sa partition musicale sa touche personnelle, plus cosmique par moments. Les fans peuvent évidemment vibrer tout au long du film sur l’Awesome Mix Vol. 3, qui constitue l’ensemble des chansons invoquées pour mettre en scène les aventures de nos Gardiens. Très bizarrement, la musique qui était presque un personnage à part entière dans les deux premiers volets, n’a plus ici qu’une valeur illustrative. 17 titres sont rassemblés, dont certains morceaux cultes comme « Creep » de Radiohead dans sa version acoustique, « Badlands » de Bruce Springsteen, « No Sleep Til Brooklyn » des Beastie Boys ou « Reasons » du groupe emblématique Earth, Wind & Fire. James Gunn a choisi cette fois-ci, dans son idée d’avancer dans le temps, de privilégier des titres caractéristiques des années 2000 et 2010. On entendra par exemple « Do You Realize?? » de The Flaming Lips, « Dog Days Are Over » de Florence + Machine ou « San Francisco » des Mowglis. Et comme un clou du spectacle, « Come and Get Your Love » du groupe Redbone, hymne officieux de cette bande de frappadingues, retentit de nouveau dans le film !

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En raison de circonstances que personne n’aurait pu prévoir, nous avons attendu plus longtemps pour nous réunir et dire au revoir aux Gardiens de la Galaxie. S’il est clair que c’est la fin d’une ère, ce final offre comme un goût d’inachevé même si tout paraît plutôt bien exécuté dans l’ensemble. Ce que nous obtenons, c’est une histoire émouvante sur Rocket et les efforts que sa famille retrouvée fera pour lui rendre justice, qu’il n’aurait jamais pensé obtenir. Alors oui, bien que le film puisse être inégal, cette expérience vaut le détour pour tout fan Marvel qui se respecte. Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 pourra devenir, selon les goûts et les couleurs de chacun, l’opus le plus intéressant de la saga. James Gunn, sur le départ pour DC Studios, parvient malgré tout à montrer comment les limites du MCU peuvent être repoussées pour créer quelque chose de spécial tout en donnant au studio la confiance nécessaire pour continuer à essayer de nouvelles choses (dans un contexte où le MCU est plutôt troublé créativement parlant. Marvel Studios perd donc en 2023 un artiste visionnaire, rigoureux et accompli.

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Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 résonne très paradoxalement comme un point de chute pour la bande de marginaux même si tout n’est pas parfait. Doté de certains moments très audacieux et émouvants mais souffrant parfois de défauts d’écriture et de tropes assez visibles, il laisse une impression d’inachevé sur la fin ou en tout cas de précipitation, comme si James Gunn n’avait pas pu terminer réellement tout ce qu’il voulait ou avait dû composer avec ce qui ne le concernera malheureusement plu, l’avenir du MCU. La reformation des Gardiens et leur éclatement soudain dans une conclusion douce-amère, interrogent forcément. Est-ce vraiment ce que ces héros méritaient dans les dernières minutes ? Est-ce le souhait véritable de leur papa James Gunn ? James Gunn montre qu’il souhaite passer à autre chose, mais nous pouvons espérer que nous reverrons une partie de ce monde à l’avenir. Alors ces adieux en sont-ils vraiment ? Ou est-ce simplement un énième chapitre d’un univers sérialisé ? Le désir de retourner dans le monde des Gardiens de la Galaxie est en tout cas très fort et il serait idiot pour Marvel Studios de se priver à tout jamais de cette franchise si attachante.

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Véritable vent de fraîcheur bienvenu dans un MCU en perdition, Les Gardiens de la Galaxie Volume 3 est moins équilibré que le premier volet de la saga mais beaucoup plus intéressant que le second. Ses personnages y sont plus attachants que jamais, son propos est éminemment grave et même si le scénariste Gunn a eu la main lourde par moments et a offert une histoire pouvant s’avérer bancale, le 32e film de l’univers cinématographique Marvel et 2e de la phase V est généreux dans sa réalisation, ses scènes d’émotion et sa capacité à creuser l’intime comme jamais auparavant dans la saga. Alors on pourra pointer du doigt le fait qu’il ne parvient pas s’accomplir totalement – surtout dans l’acte final – mais il offre tellement à voir et à penser ! On n’avait pas été aussi touchés par un film Marvel depuis Endgame et c’est d’ailleurs le seul film depuis ce dernier que nous ayons envie de revoir une deuxième fois ! Marvel Studios perd sans aucun doute son auteur le plus passionnant en la personne de James Gunn mais gagne une trilogie parfaitement cohérente, sincère et brillamment menée, grâce à la vision survoltée d’un artiste qui aime profondément ses personnages et ne les trahit jamais.

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