Un mois et demi après sa sortie, Thunderbolts* n’est (déjà) plus dans les salles. Un constat étonnant puisqu’un blockbuster de ce calibre – et plus particulièrement un film Marvel Studios – reste au moins deux mois à l’affiche. Mais malheureusement pour Thunderbolts*, le film signe un nouvel échec commercial pour le studio dirigé par Kevin Feige et ce, malgré de très bonnes critiques. En six semaines, le film a engrangé 380 millions de dollars de recettes mondiales. Une déception tant Thunderbolts* proposait quelque chose de nouveau dans le MCU mais qui n’a hélas pas rencontré son public.
Thunderbolts* ne sera pas rentable
Rebecca Rubin, journaliste pour Variety, revient sur le flop commercial du film dans un article détaillé. Elle commence son papier avec les déclarations du PDG de Disney Bob Iger qui, juste après le week-end de sortie de Thunderbolts* début mai, avait fanfaronné en soulignant les bons débuts de Thunderbolts* en ces termes.

« Thunderbolts* est le premier et meilleur exemple de ce que Marvel Studios doit produire en terme de qualités. »
Dans les faits, on ne peut pas lui donner tort. Thunderbolts* est peut-être un des meilleurs films récents du MCU sauf qu’il n’a pas attiré suffisamment de public et a fait un moins bon score que Captain America : Brave New World qui avait terminé à 410 millions de dollars.
Thunderbolts* a coûté au total 280 millions de dollars (100 millions pour le budget de production + 180 millions pour la promotion). Ce n’est pas un film très cher à ce niveau mais il ne sera pas rentable pour autant puisqu’il aurait fallu qu’il atteigne les 425 millions de dollars de recettes au minimum.
Malgré tout, Disney est au moins satisfait que Thunderbolts* n’ait pas été reçu négativement au contraire de certaines productions récentes. Le film connaîtra une deuxième vie d’ici quelques semaines en vidéo et Disney+, ce qui pourrait lui apporter un nouveau public.
Selon Shawn Robbins, directeur analytique chez Fandango, explique que Disney voire même l’industrie en général ont compris qu’à part dans de rares exceptions, peu de films Marvel Studios atteindront le milliard de dollars désormais.
« Les calculs de Marvel ont changé. Nous entrons dans une nouvelle ère où tous les films Marvel ne vont pas atteindre le milliard de dollars. »
Toujours d’après Rebecca Rubin de Variety, Disney souhaite revenir aux sources en produisant des films Marvel moins coûteux tout en veillant à ce qu’ils soient qualitatifs. David A. Gross, analyste chez Franchise Entertainment Research confirme que cette tendance se produira à l’avenir pour les gros studios.
« Les studios travaillent dur pour réduire les budgets des studios haut de gamme. Nous allons observer moins de dépenses excessives que dans les années suivant la pandémie. »
Les raisons éventuelles de l’échec de Thunderbolts*
Il pourrait y avoir plusieurs raisons qui pourraient expliquer cette contre-performance. Peut-être la proposition artistique de Jake Schreier ou le ton sombre du film ont pu dérouter certains spectateurs. Il y a également eu un problème de communication de Marvel Studios. En effet, le studio a annoncé bien avant la sortie du film le retour des personnages dans Avengers : Doomsday, rendant finalement peut-être sans intérêt leur propre film vu comme une sortie de transition pour le grand public. Autre problème, Marvel Studios aurait dû attendre deux ou trois semaines avant de dévoiler publiquement le vrai titre qui est Les Nouveaux Avengers. En outre, Thunderbolts* s’inscrit dans la continuité scénaristique de Captain America : Brave New World, qui n’a pas su attirer les foules lui aussi et souffre d’une image très mitigée.
Dernier argument et non des moindres, la fatigue du public avec les films de super-héros – aussi bien chez Marvel que DC – qui s’est exacerbée avec la diffusion des séries interconnectées. Excepté certains films, peu ont rencontré de vrais succès critiques et commerciaux depuis le début de la décennie 2020. Autant dire que les sorties de Superman et Les 4 Fantastiques : Premiers Pas cet été seront très scrutées par le public et par l’industrie.
