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Tommy Kirk, fidèle vagabond chez Disney

« Je veux qu’on se souvienne de mon travail chez Disney, comme Les Robinsons des Mers du Sud et Fidèle Vagabond«  avait-il déclaré en 2006. Tommy Kirk fait partie sans aucun doute de ces jeunes acteurs légendaires qui ont marqué toute une génération de spectateurs et téléspectateurs des années 1950 à 1970. Son nom fait partie du panthéon de la firme aux grandes oreilles puisque l’acteur est récipendiaire d’un Disney Legend Award et a contribué de manière fulgurante à offrir ses lettres de noblesse au label en prises de vue réelles des Walt Disney Studios quand celui-ci venait à peine d’éclore. Retour sur son parcours non sans embûches…

Tommy Kirk, lumière et ombre

Le 28 septembre 2021, l’acteur Tommy Kirk fut retrouvé mort dans son appartement à Las Vegas où il vivait seul. Il était âgé de 79 ans.

C’est son ami et comédien Paul Petersen II qui a rapporté la nouvelle sur Facebook :

« Mon ami depuis plusieurs décennies, Tommy Kirk, a été retrouvé mort la nuit dernière. Vous vous souviendrez sûrement de lui qui a joué dans les séries de films Disney ; Quelle Vie de chien ou encore Fidèle Vagabond, etc. Tommy était intensément privé. Il vivait seul à Las Vegas, près de son amie et co-vedette de Fidèle Vagabond Bev Washburn… et c’est elle qui m’a appelé ce matin. Tommy était gay et s’était éloigné de ce qui reste de sa famille de sang. Nous ses amis, dans une moindre mesure étions la famille de cœur de Tommy. Sachez qu’il vous aimait, vous ses fans. Vous l’avez relevé lorsque l’industrie l’a laissé tomber en 1965. Il n’était pas amer. Son Église était là pour le réconforter. Que Dieu ait pitié de son âme. »

Il naît le 10 décembre 1941 à Louisville dans le Kentucky, deuxième d’une fratrie de quatre. Son père, Louis, exercait la profession de mécanicien pour le service des autoroutes tandis que sa mère, Lucy, était secrétaire juridique. Alors qu’il n’a que 15 mois, Tommy Kirk et sa famille emménagent dans un ranch près de Downey en Californie en 1943, afin que ses parents puissent trouver de meilleures opportunités d’emploi, la guerre asséchant l’économie du pays. Tommy et ses frères ont grandi en pêchant et en montant à cheval. À 13 ans, il accompagne son frère Joe à une audition pour la pièce de théâtre Ah, Wilderness! d’Eugene O’Neill, montée à la Playhouse de Pasadena et portée par Will Rogers, Jr. Son frère n’a pas obtenu le rôle (s’inclinant face à un certain Bobby Driscoll), mais Tommy a été choisi quant à lui pour un rôle mineur, doté de seulement cinq répliques. Sa carrière est malgré tout lancée ! Fier d’avoir travaillé avec Bobby Driscoll, cela lui vaut d’être signé par un agent (agence Gertz) et d’être choisi pour un épisode de la série télévisée Reader’s Digest (« The Last of the Old Time Shooting Sheriffs ») diffusé le 17 janvier 1955 sur la chaîne ABC. Il participe alors à d’autres shows populaires du petit écran tels que Police des Plaines, Lux Video Theatre, Frontier, Big Town et Matinee Theater (37 épisodes pour cette dernière série). Quant à son frère Joe qui aspirait à devenir lui aussi comédien, il s’orientera finalement vers l’odontologie.

Les années prolifiques Disney de 1956 à 1965

Tommy Kirk auditionne chez Disney en 1956 et décroche le rôle du héros de la saga télévisée sur les Frères Hardy diffusée à partir de la deuxième saison du Mickey Mouse Club. La série adaptée de l’œuvre de Franklin W. Dixon se tourne en juin et début juillet 1956. L’acteur apparaît le 2 octobre 1956 dans le premier épisode de The Hardy Boys : The Mystery of the Applegate Treasure intitulé « The Stranger ». La série, diffusée jusqu’à la fin de l’année 1956, connait une belle popularité et comptera pour sa première saison 19 épisodes puis se prolongera l’année suivante sous l’intitulé The Hardy Boys : The Mystery of Ghost Farm (15 épisodes). Il y joue le rôle de Joe Hardy et partage l’affiche avec Tim Considine (également Disney Legend) dans le rôle de Frank Hardy. Tous deux deviennent des vedettes en un rien de temps aux yeux du public américain. Ce dernier déclarait à propos de son fidèle collègue ceci : « Il était l’une des personnes les plus talentueuses avec qui j’ai jamais travaillé. Effroyablement talentueux. Un de mes amis qui était directeur de casting m’a dit que lorsque Tommy Kirk est venu auditionner, il n’avait jamais vu un enfant acteur aussi bon que lui, surtout parce qu’il pouvait instantanément pleurer au bon moment. C’était un grand talent, et ce fut un privilège de travailler avec lui et de l’appeler ami. »

Le premier succès de Tommy Kirk au Mickey Mouse Club

En août 1956, Disney l’a engagé avec l’ancienne Mouseketeer Judy Harriet pour assister à la fois aux conventions de nomination présidentielle républicaine et démocrate, pour des émissions d’actualités qui sont apparues plus tard dans le Mickey Mouse Club. On l’aperçoit aussi la même année aux côtés de Angie Dickinson dans un court métrage publicitaire intitulé Down Liberty Road (ou Freedom Highway), produit par Greyhound Lines pour promouvoir leurs bus Scenicruiser. Tommy Kirk s’est vu confier l’animation de courts récits de voyage pour certains passages de la deuxième saison du Mickey Mouse Club. Il a assuré aussi la narration en voix off de quelques court métrages comme The Eagle Hunters, puis a co-animé deux autres récits de voyage avec Annette Funicello. La jeune vedette a également fait du doublage de voix pour le film danois Vesterhavsdrenge, diffusé dans le cadre du Mickey Mouse Club sous le titre anglais Boys of the Western Sea. C’est à cette même époque qu’il est approché pour incarner une version jeune de Davy Crockett, mais cela n’a pas abouti.

Le début d’une carrière cinématographique

Ses premiers pas au cinéma remontent à novembre 1956, où il joue dans un western intitulé The Peacemaker et réalisé par Ted Post. La performance offerte par Tommy Kirk sur les deux saisons consacrées aux Frères Hardy reçoit des éloges et lui permet de s’offrir une carrière toute tracée chez Disney. En 1957, il joue le rôle principal de Travis Coastes dans Fidèle Vagabond, réalisé par Robert Stevenson et relatant l’histoire entre un garçon et un chien héroïque. Kevin Corcoran interprète quant à lui le frère cadet de Travis. Les deux comédiens se donneront très souvent la réplique par la suite. Le film donnera naissance à une suite, Sam l’Intrépide en 1963. Tommy Kirk dévoile dans le premier opus toute l’étendue de son talent, capable d’émouvoir le spectateur quand son personnage tombe dans un chagrin déchirant. La polyvalence de ce jeune acteur dans différents registres lui permettra par la suite d’aborder ses rôles avec bien plus de nuances qu’il n’y paraît. Tommy Kirk et Kevin Corcoran ont tous deux été annoncés pour le casting de Rainbow Road to Oz, un long métrage basé sur les histoires de L. Frank Baum, mais ce film des studios Disney n’a jamais été produit.

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Fidèle Vagabond (1957)

 

En parallèle, Tommy continue d’être invité en tant que vedette dans certaines séries télévisées telles que The O. Henry Playhouse (« Christmas by Injunction »), The Californians (dans le rôle de Billy Kilgore dans l’épisode « Little Lost Man ») et Playhouse 90 (« A Corner of the Garden »). Il a prêté sa voix, aux côtés de Sandra Dee, pour les besoins de la version anglaise d’un film d’animation soviétique, La Reine des Neiges (1957), adaptation du conte d’Andersen distribuée outre-Atlantique par Universal Pictures.

Dans le cadre du Mickey Mouse Club, il a tendu le micro à plusieurs candidats aux présidentielles de 1956

Tommy Kirk sera le héros ou la co-vedette de bien d’autres films Disney à commencer par Quelle Vie de Chien ! (1959), une comédie mise en scène par Charles Barton, centrée sur Wilby Daniels, un garçon qui, sous l’influence d’un anneau magique, se transforme à plusieurs reprises en chien de berger. Il travaille ainsi de nouveau avec Kevin Corcoran et partage l’affiche avec Fred MacMurray et Annette Funicello. S’il continue d’être l’une des coqueluches de la jeunesse américaine, son contrat avec Disney s’arrête à ce moment là et aucun autre projet ne lui est proposé. L’acteur se sent alors totalement abandonné. On le voit apparaître ici et là sur le petit écran comme dans The Millionaire et Bachelor Father (1959). Il frôle d’ailleurs la mort à ce moment-là avec un ami en voiture. Le véhicule est totalement endommagé et ses passagers s’en sortent qu’avec quelques égratignures. Mais voilà, le succès populaire de Quelle Vie de Chien ! incitera la firme aux grandes oreilles à lui faire signer un nouveau contrat sur la durée. Il décroche dans un premier temps le rôle du fils cadet Ernst Robinson dans Les Robinson des Mers du Sud (1960), réalisé par Ken Annakin. Il retrouve Fred MacMurray dans Monte-là D’ssus (1961). Nouveau succès ! En octobre 1961, il partage l’affiche avec Annette Funicello une nouvelle fois dans un épisode en deux parties de l’émission Disneyland, The Horsemasters, de William Fairchild, abordant l’équitation pour un jeune public.

Les Robinsons des Mers du Sud (1960)

Il est aussi au générique de Babes in Toyland (1961) dans le petit rôle de Grumio. Tommy Kirk a décrit plus tard ce film comme « une sorte de klunker [caillou en allemand]… mais il a quelques moments mignons, c’est une bizarrerie », et a apprécié de travailler avec Ed Wynn. Le film connait un échec au box-office tout comme Un Pilote dans la Lune (1962), une comédie satirique de Disney dans laquelle l’acteur jouait le frère cadet de Tom Tryon. Il retrouve à nouveau Fred MacMurray sur le film Bon Voyage ! (1962). Il sont accompagés de Jane Wyman, Deborah Walley et Kevin Corcoran. C’est alors qu’il se brouille avec la vedette masculine du film, en qui il voit une figure paternelle même si Fred MacMurray ne le voit pas vraiment comme un ami et l’a repoussé à force que Tommy cherche à tout prix son affection sur le plateau. Par ailleurs, Tommy avait développé un goût pour la vie sportive, ses escapades hors caméra et son refuge dans l’alcool et les amphétamines, ont commencé à affecter son attitude et son comportement sur le plateau. C’est à ce moment-là que Disney commence à réévaluer son potentiel comme star du studio. Tommy rencontre aussi des difficultés avec l’actrice Jane Wyman, qu’il a qualifié plus tard d’homophobe.

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Escapade in Florence (1962)

En juillet 1962, Disney a annoncé la mise en chantier du film The Happiest American avec Tommy Kirk en tête d’affiche, mais il ne verra pas le jour. Le seul vrai rôle important qui lui est attribué à ce moment-là est celui de Tommy Carpenter dans le téléfilm Escapade in Florence en 1962, réalisé en Italie par Steve Previn. Il forme dans celui-ci un couple avec Annette Funicello mas le film pas bénéficié de sortie en salles en Amérique du Nord, et fera juste office d’épisode en deux parties dans le cadre de The Wonderful World of Color. On retrouve l’acteur dans la suite de Monte-là D’ssus qui s’intitule Après Lui, le Déluge (1963), son dernier film avec Fred MacMurray. Tommy a joué dans un épisode de M. Novak, « Love in the Wrong Season » la même année. On lui confie le rôle principal dans Sam l’Intrépide (1963), suite de Fidèle Vagabond réalisée cette fois-ci par Norman Tokar, et où il retrouve Kevin Corcoran et partage l’affiche avec Brian Keith. Cette séquelle n’est pas aussi bien reçue que le premier volet, même si Tommy ne démérite pas dans le film malgré un scénario qui a mis sa crédibilité à rude épreuve.

Après Lui, le Déluge (1963)

Durant l’année 1964, Tommy Kirk apparaît dans « Ten Minutes from Now », un épisode de The Alfred Hitchcock Hour. Disney le choisit pour le premier rôle du film Les Mésaventures de Merlin Jones (1964), réalisé par Robert Stevenson. Ce film marque certainement l’apogée de Tommy comme acteur puisque c’est un succès immédiat mais aussi la chute brutale de sa carrière chez Disney. Bien qu’il ait longtemps essayé de garder son homosexualité secrète, l’acteur n’étant pas un habitué des couvertures de magazine, le manque de plus en plus évident de maîtrise de soi de l’acteur dans sa vie personnelle le rendait difficile à dissimuler. Mais c’est bien la question de sa vie intime qui va lui poser quelques soucis. Le studio, y compris Walt Disney, était certainement conscient qu’il était gay, mais n’a rien fait tant que cela ne menaçait pas de devenir un problème d’ordre médiatique et donc public. Même s’il a eu quelques aventures passagères durant son adolescence « solitaire et malheureuse » dira-t-il, Tommy prend pleinement conscience de son homosexualité sur le tournage des (Les) Mésaventures de Merlin Jones, alors dans sa vingtaine. Il déclarera plus tard avoir rencontré beaucoup de difficultés à cette époque : « Je savais que j’étais gay, mais je n’avais aucun exutoire à mes sentiments. C’était très difficile de rencontrer des gens et, à cette époque, il n’y avait pas d’endroit où aller pour faire des rencontres. Ce n’est qu’au début des années 1960 que j’ai commencé à entendre parler d’endroits où les gays se rassemblaient. Ce mode de vie n’était pas reconnu et j’étais très, très seul. Oh, j’ai eu de brèves rencontres très passionnées et quand j’étais adolescent, j’ai eu des aventures, mais elles étaient toujours volées, des trucs de ruelle. Ils étaient désespérés et malheureux. Quand j’avais environ 17 ou 18 ans, j’ai finalement admis que je n’allais pas changer. Je ne savais pas quelles en seraient les conséquences, mais j’avais le sentiment certain que cela allait ruiner ma carrière chez Disney et peut-être toute ma carrière d’acteur. Tout allait prendre fin » a-t-il déclaré à Kevin Minton dans dans l’article « Sex, Lies, and Disney Tape: Walt’s Fallen Star »  dans le magazine FilmFax en 1993.

La chute inéxorable

En effet, durant le tournage des (Les) Mésaventures de Merlin Jones, lui qui n’a à peine que 22 ans, fréquente un jeune garçon de 15 ans qu’il a rencontré dans une piscine locale à Burbank. La mère du garçon les surprend et en vient à informer Walt Disney, qui, en toute logique dans une époque très conservatrice, cède à ses menaces de rendre publique l’affaire et choisit de ne pas renouveler le contrat du comédien. La firme aux grandes oreilles étant une société de divertissement qui s’adresse aux familles américaines traditionnelles avant tout, il était impensable que l’une de ses jeunes vedettes soit homosexuelle et fréquente un adolescent. Walt Disney a même personnellement renvoyé Tommy Kirk. Mais Walt lui a malgré tout demandé de revenir pour le dernier film sur le personnage de Merlin Jones, Un Neveu Studieux (1965). La machine à cash n’est jamais loin ! Coïncidence ou pas, ce film sera aussi la dernière participation chez Disney d’Annette Funicello.

Les Mésaventures de Merlin Jones (1964)

Son départ de Disney n’est pas rendu publique. Tommy Kirk tombe en dépression mais son manager lui obtient des rôles pour plusieurs films de plage commerciaux – pour ne pas dire série-B (en vogue à l’époque) pour le compte de American International Pictures (AIP). Il a joué un martien dans le long métrage Pajama Party de 1964 (où il retrouve Annette Funicello) et dans d’autres films pour d’autres sociétés, notamment Village of the Giants (1965), aux côtés de Beau Bridges et Ron Howard, The Ghost in the Invisible Bikini (1966), Unkissed Bride (1966), Catalina Caper (1967), It’s a Bikini World (1967), Track of Thunder (1967), Mars Needs Women (1968) et It’s Alive! (1969). La seule consolation était, comme Tommy l’expliqua plus tard, qu’il était tellement sous emprise de la drogue pendant la réalisation de ces films qu’il ne se souvient pas vraiment de grand-chose à leur sujet. Mais dès la veille de Noël 1964, le sort de sa carrière est scellé. Il est arrêté et accusé de suspicion de possession de marijuana. La plainte du bureau du procureur de district n’aboutira pas mais on le retrouve aussi en possession d’une fiole de barbituriques dans sa voiture. Si son avocat plaidera qu’il s’agit d’une prescription médicale, le mal est fait et les dommages pour sa carrière deviennent alors irréversibles. Il est immédiatement remplacé au casting du film How to Stuff a Wild Bikini (1965) par Dwayne Hickman et perd surtout l’opportunité de jouer aux côtés de John Wayne et Dean Martin dans Les Quatre Fils de Katie Elder (1965). Le rôle de Bud Elder pour lequel il était pressenti est réattribué à Michael Anderson Jr.

Catalina Caper (1967)

Après ces quelques longs métrages légers qui lui font gagner sa vie plus qu’embellir sa carrière et une respectabilité fauchée par la toxicomanie, Tommy Kirk stoppe progressivement sa carrière dans les années 1970, malgré quelques apparitions occasionnelles. Il avouera avoir touché le fond en tournant Ride the Hot Wind et Blood of Ghastly Horror, deux films non reconnus par le syndicat Screen Actors Guild et qui lui feront presque perdre sa carte de membre. Il attendra l’année 1973 pour révéler officiellement son homosexualité publiquement. Il admettra plus tard que malgré son énorme rancœur envers le système hollywoodien conservateur de l’époque, il a été conscient de son irresponsabilité. « Une personne droguée n’est pas apte au travail » confiera-t-il dans les années 1990. C’est d’ailleurs dans les années 1970 qu’il se détache petit à petit de la drogue et l’alcool. Il étudie le théâtre au Lee Strasberg Theatre and Film Institute, tout en travaillant comme garçon de service dans un restaurant de Los Angeles. On le voit dans « Deadline », un épisode de The Streets of San Francisco (1973) et un western à petit budget, My Name is Legend (1975). Il décide de retourner dans son Kentucky natal et a démarré en parallèle une entreprise de nettoyage de tapis à partir de zéro, qu’il a dirigée avec succès jusqu’au début des années 1990, en se dégageant un maigre salaire. Il planche sur le scénario d’un film sur la vie de Abraham Lincoln mais son projet n’aboutit pas. Il apparaît aussi très discrètement dans les films Little Miss Magic (1998), Billy Frankenstein (1998) et Club Dead (2000). Son dernier rôle est celui de Albert Kornfield dans The Education of a Vampire (2001). Il revend son entreprise et retourne en Californie où il passe le clair de son temps libre à venir à la rencontre de ses fans, participer à des documentaires pour Disney et écrire ses mémoires. En 2006, il a pris sa retraite et s’est installé à Redding en Californie. Il continuera jusqu’à la fin de sa vie de regretter ses fautes qui ont été (en partie) la cause de l’arrêt de sa carrière mais n’exprimera jamais aucune rancune envers Walt et sa compagnie, qui lui ont apportés ses plus belles années. C’est d’ailleurs cette période de sa vie, où il a incarné des rôles devenus emblématiques, qui lui ont permis de participer notamment en 2009 à la convention D23 Expo à Anaheim et de rencontrer ses fans, ancienne comme nouvelle génération. Il interviendra d’ailleurs à titre posthume dans un beau-livre sur les coulisses du film Les Robinsons des Mers du Sud, dans lequel il livre des anecdotes et ses aventures durant la production.

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D23 Expo (2009)

Le 9 octobre 2006, il fut honoré en tant que Disney Legend par The Walt Disney Company aux côtés de ses anciens partenaires de jeu, Tim Considine et Kevin Corcoran ; et lors de son discours pour cette distinction, il s’est remémoré sa rencontre avec Walt Disney dans un hôtel de Beverly Hills.

 

« Il [Walt Disney] a mis son bras autour de moi et il a dit à Hedda Hooper, ‘C’est mon porte-bonheur’. Je n’ai jamais oublié ça. C’est le plus beau compliment qu’il m’ait jamais fait. »

Tommy Kirk est décédé à son domicile de Las Vegas le 28 septembre 2021, à l’âge de 79 ans. À l’annonce de sa disparition, d’anciens Mouseketeers qui l’ont cotoyé, Tommy Cole et Bobby Burgess ont publié des messages en hommage à leur ami. « Tommy et moi avons pâli et nous sommes même sortis ensemble comme des enfants », a déclaré Cole. « Pour moi, il était une icône de Disney. » Burgess a regardé en arrière avec humour, en disant : « Quand Tommy tournait Fidèle Vagabond, il est allé à l’école dans la région avec nous autres Mouseketeers. Je me souviens que notre professeur nous a demandé quelle langue nous aimerions apprendre. Nous avons tous choisi l’espagnol à l’exception de Tommy qui voulait apprendre l’allemand, et il l’a fait ! »

« En repensant à tout cela, cela m’a donné la chance de jouer dans trois ou quatre films que les gens apprécieront longtemps après mon départ. J’ai entendu Pat Boone dire dans une interview que les succès sont tout aussi importants que les coups, car Ils font partie de la vie. Je ne suis pas amer. Je ne suis pas mécontent que les choses ne se soient pas passées comme je le voulais dans ma carrière. J’ai essayé d’être un bon acteur et une personne éthique. J’essaie toujours d’être une personne éthique et honnête. Mais je suis content d’être à la retraite. Je vis au milieu d’un parc national, essentiellement, avec des kilomètres et des kilomètres de nature sauvage. Redding n’est pas glamour. Monte-Carlo ce n’est pas le cas. C’est la vie d’une petite ville, et ça me va. » (entretien mené par Nott, Robert, « The Big Picture Takes On Film », The Santa Fe New Mexican le 10 mars 2006).

Tommy Kirk sacré Disney Legend à Burbank en 2006



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