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© (Photo Dominique Michonneau)

Nick Glennie-Smith, compositeur discret des grandes heures de Disney et de Hollywood, est décédé

Le compositeur, chef d’orchestre et musicien britannique Nick Glennie-Smith est mort le 17 août 2026 à Los Angeles, à l’âge de 74 ans. Après une période de maladie, sa disparition a suscité de nombreux hommages dans le milieu de la musique de film, où il occupait une place particulière, à la fois dans l’ombre et essentielle.

Né le 3 octobre 1951 à Londres, Nickolas Glennie-Smith a d’abord fait ses armes comme claviériste. Dans les années 1970, il rejoint le groupe de rock progressif Wally, puis collabore avec des artistes aussi divers que Paul McCartney, Tina Turner, Phil Collins ou Roger Waters. Cette formation de musicien de studio et de scène lui donne une solidité technique et une curiosité qui marqueront toute sa carrière.




Un collaborateur de longue date de Hans Zimmer

C’est dans l’entourage de Hans Zimmer que Nick Glennie-Smith trouve son terrain de prédilection. Intégré à Media Ventures, devenu Remote Control Productions, il devient l’un des artisans réguliers des partitions hollywoodiennes des années 1990 et 2000. Il compose, orchestre, dirige et apporte des musiques additionnelles avec une discrétion qui contraste avec l’ampleur des films sur lesquels il travaille.

Son nom apparaît aux côtés de ceux de Zimmer, Harry Gregson-Williams, Klaus Badelt ou Trevor Rabin. Il n’est pas toujours le compositeur principal, mais sa contribution façonne le son de nombreuses productions majeures.

Une empreinte durable chez Disney et 20th Century

C’est particulièrement dans l’univers Disney et chez 20th Century que le travail de Nick Glennie-Smith mérite d’être souligné. Sa filmographie y est dense, tant comme compositeur que comme orchestrateur ou auteur de musiques additionnelles.

En tant que compositeur, il signe plusieurs partitions notables. En 1996, il co-compose avec Hans Zimmer et Harry Gregson-Williams la musique de Rock de Michael Bay, produit par Hollywood Pictures. L’année suivante, il prend seul la responsabilité de la partition de Maman, Je M’occupe des Méchants ! de Raja Gosnell, pour 20th Century Studios. En 1998, il compose la musique de Le Roi Lion 2 : L’Honneur de la Tribu, long-métrage vidéo réalisé par Darrell Rooney pour DisneyToon Studios. En 2000, il co-compose avec Stephen Graziano la partition de Highlander : Endgame. Quatre ans plus tard, il signe la musique d’Ella au Pays Enchanté de Tommy O’Haver, produit par Miramax. Enfin, en 2010, il compose la partition de Secretariat de Randall Wallace, pour Walt Disney Pictures.

(Disney)

Son travail d’orchestration et de musiques additionnelles est tout aussi important. En 1993, il orchestre la musique de Hans Zimmer pour La Maison aux Esprits de Bille August et apporte des musiques additionnelles à Rasta Rockett de Jon Turteltaub (Walt Disney Pictures). L’année suivante, il orchestre la partition de Hans Zimmer pour Le Roi Lion de Roger Allers (Walt Disney Animation Studios) et collabore de nouveau avec Zimmer sur Opération Shakespeare de Penny Marshall (Touchstone Pictures). En 1995, il participe aux musiques additionnelles de Neuf Mois Aussi de Chris Columbus (20th Century Studios) et d’USS Alabama de Tony Scott (Hollywood Pictures), où il est également chef d’orchestre. En 1996, il contribue à La Femme du Pasteur de Penny Marshall (Touchstone Pictures). L’année suivante, il est chef d’orchestre et orchestrateur sur Les Ailes de l’Enfer de Simon West (Touchstone Pictures).

Dans les années 2000, son implication se poursuit. Il dirige l’orchestre pour Les Aventures de Tigrou de Jun Falkenstein (DisneyToon Studios) en 2000, apporte des musiques additionnelles à Les Visiteurs en Amérique de Jean-Marie Poiré (Hollywood Pictures) en 2001, puis à Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl de Gore Verbinski (Walt Disney Pictures) en 2003. En 2004, il collabore de nouveau avec Hans Zimmer sur Le Roi Arthur d’Antoine Fuqua (Touchstone Pictures) en tant que compositeur de musiques additionnelles et chef d’orchestre. Il revient sur la franchise Pirates des Caraïbes en 2006 pour Le Secret du Coffre Maudit et en 2007 pour Jusqu’au Bout du Monde, toujours avec des musiques additionnelles et, pour le troisième volet, en tant que chef d’orchestre. La même année 2007, il participe aux musiques additionnelles et à la direction d’orchestre de Les Simpson – Le Film de David Silverman (20th Century Studios). Il intervient également sur Déjà Vu de Tony Scott en 2006.

Cette liste, loin d’être exhaustive de l’ensemble de sa carrière, montre l’ampleur de son investissement dans les productions Disney et 20th Century. Du (Le) Roi Lion original à sa suite, des Pirates des Caraïbes à Secretariat, en passant par des comédies familiales et des films d’action, Nick Glennie-Smith a laissé une empreinte sonore durable.



Un artisan de l’ombre et un chef d’orchestre respecté

Au-delà de ses crédits de compositeur, Nick Glennie-Smith était particulièrement estimé comme chef d’orchestre. Il a dirigé de nombreuses sessions pour Hans Zimmer et d’autres compositeurs de Remote Control Productions. En 2012, il a même dirigé l’orchestre de la cérémonie des Oscars. Plus tard, il est devenu le directeur musical des tournées live de Hans Zimmer, où sa présence rassurante et sa précision étaient saluées par ses collègues.

Ceux qui ont travaillé avec lui soulignent souvent sa gentillesse et sa capacité à créer un climat de confiance. Geoff Zanelli, compositeur et collaborateur de longue date, a rendu hommage à « l’un des êtres les plus doux de notre monde », un mentor et un ami qui savait faire sentir à chacun qu’il avait sa place.

Une carrière entre rock, cinéma et spectacles vivants

Avant de s’imposer dans le cinéma, Nick Glennie-Smith avait déjà une solide expérience. Il avait joué avec Roger Waters, notamment sur le film When the Wind Blows et l’album Radio K.A.O.S., et avait participé au concert mythique de The Wall à Berlin en 1990. Il a également composé une grande partie de la musique du Puy du Fou, le parc français de spectacles historiques, où son travail a contribué à l’identité sonore des grandes fresques.

Marié à Jan Glennie-Smith pendant plus de trois décennies, il laisse derrière lui quatre enfants, dont son fils Seth, lui-même musicien et monteur musical.

Un héritage discret mais essentiel

Nick Glennie-Smith n’a jamais recherché la lumière. Son nom apparaît rarement en tête d’affiche, mais sa contribution a façonné le son de dizaines de films vus par des millions de spectateurs. Chez Disney et 20th Century, il a accompagné aussi bien les épopées animées que les blockbusters d’action et les histoires plus intimistes.

Sa disparition rappelle le rôle essentiel de ces artisans de l’ombre qui, sans toujours signer la partition principale, donnent corps, souffle et émotion à la musique de cinéma. Le 17 août 2026, Hollywood et Disney ont perdu l’un de leurs musiciens les plus fidèles et les plus respectés.

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