National Geographic a mis en ligne le 9 septembre 2026 la bande-annonce de Chilean Mine Rescue : Race Against Time. La série documentaire en trois épisodes revient sur l’effondrement de la mine de cuivre et d’or de San José, dans le désert d’Atacama, le 5 août 2010, et sur les 69 jours qui ont suivi. Elle sera diffusée aux États-Unis le 25 septembre à 20h (heure de l’Est) sur la chaîne National Geographic. Les trois épisodes seront disponibles le lendemain sur Disney+ et Hulu. Des dates pour la France restent à déterminer.
Le film n’est pas une fiction. Il s’ajoute à une filmographie déjà fournie — dont le long-métrage The 33 — en misant sur des images que les mineurs ont eux-mêmes tournées sous terre, et sur des témoignages dont une partie n’avait jamais circulé hors de la presse chilienne.
Ce que la série promet de montrer, et rien de plus
Le communiqué officiel décrit un récit en trois temps : l’effondrement ; l’ordre improvisé qui s’installe sous terre pendant que, en surface, ingénieurs chiliens et spécialistes étrangers cherchent un passage ; puis l’après, c’est-à-dire la célébrité soudaine et ce qu’elle a coûté. Blast Films, déjà à l’origine des autres volets de la collection Race Against Time, produit la série pour National Geographic. Chloe Campbell et James Parris réalisent. Luke Sewell en est le monteur de série. Tanya Winston, Shona Thompson et Danny Horan sont producteurs exécutifs côté Blast Films. Chez National Geographic, Tom McDonald, Bengt Anderson et Carolyn Payne encadrent le projet.

Deux arguments de forme sont mis en avant. D’une part, des extraits de téléphones portables filmés dans la mine, présentés comme inédits. D’autre part, des entretiens avec des survivants, des familles et des sauveteurs. National Geographic précise que six des mineurs apparaissent pour la première fois dans un documentaire international. Jeff Kofman, alors correspondant international d’ABC et premier journaliste étranger sur place, figure aussi parmi les interlocuteurs.
Le studio parle de « récit définitif ». Autant dire qu’il s’agit là d’un slogan promotionnel, pas d’un constat historique. Le dossier de 2010 a déjà été raconté par la télévision en direct, par des livres, par un film de fiction. L’intérêt de cette série, tel qu’il est documenté aujourd’hui, tient surtout à ces images prises depuis l’abri et à la parole de mineurs qui n’avaient pas encore parlé à une caméra internationale.
Rappeler les faits, sans les romancer
Le 5 août 2010, un éboulement isole 33 hommes à près d’un demi-mille sous la surface — environ 800 mètres — dans la mine San José. Pendant 17 jours, on les croit morts. Un forage atteint ensuite leur refuge : ils sont tous vivants. Il reste 52 jours. Au total, 69 jours sous terre.

En bas, les hommes organisent la ration, l’eau, les tours de rôle, le moral. En haut, les familles campent et refusent de partir. Les équipes chiliennes s’adjoignent des foreurs et des spécialistes venus d’ailleurs. Plusieurs stratégies de forage sont tentées. L’opération aboutit à un puits étroit et à une capsule — connue sous le nom de Fénix — capable de remonter un homme à la fois. Lorsque le premier mineur réapparaît, National Geographic rappelle l’estimation déjà associée à l’événement : environ un milliard de téléspectateurs, l’un des plus vastes publics de télévision en direct jamais recensés.
Une collection déjà distinguée par le passé
Race Against Time n’est pas un titre isolé. Katrina 2005 : L’Ouragan Meurtrier a reçu le Critics’ Choice Documentary Award du meilleur documentaire historique. Tsunami 2004 : La Vague Mortelle a obtenu l’Emmy du meilleur documentaire historique. Le schéma est le même : catastrophe connue, archives rares, témoins de première ligne, reconstruction heure par heure. Chilean Mine Rescue en est le volet minier.
Le risque de la formule est connu : transformer 69 jours d’attente, de soif et de forage en un récit trop lisse. Le communiqué insiste pourtant sur « l’après » — la notoriété, les contrariétés durables. C’est le morceau le moins spectaculaire, et souvent le moins raconté. S’il occupe vraiment l’un des trois épisodes, la série se distinguera davantage de ce qui a déjà été fait auparavant.
Calendrier de diffusion
Aux États-Unis, le rendez-vous en linéaire est fixé au 25 septembre 2026, 20 h EDT, sur National Geographic. Disney+ et Hulu proposeront l’intégrale le 26 septembre. En Amérique latine, le titre annoncé est El rescate de los mineros chilenos : Carrera contra el tiempo. En France, rien à ce stade.
La bande-annonce, quant à elle, ne livre pas la liste nominative des six mineurs interviewés, ni la durée des images tournées sous terre. Il ne dit pas non plus si la série revient sur les responsabilités industrielles de la mine San José, souvent débattues après 2010. Un volet intéressant à décrypter selon nous.
En tout cas, quinze ans plus tard, l’événement n’a pas besoin d’être réinventé. Il a besoin d’être entendu par ceux qui l’ont vécu dans le noir, avec un téléphone pour seule caméra. C’est, pour l’instant, tout ce que National Geographic a réellement annoncé.
