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Menace à la bombe contre Disney Cruise Line : un Chicagoan de 20 ans inculpé

Un grand jury fédéral d’Orlando a inculpé Daquan Smith, 20 ans, originaire de Chicago, d’un chef de transmission interétatique d’une menace. Les procureurs affirment qu’il a contacté Disney Cruise Line le 6 décembre 2025 et déclaré qu’une bombe se trouvait à bord d’un navire en provenance des Bahamas. Smith a plaidé non coupable. Il est présumé innocent à ce stade, le tribunal ne s’étant pas encore prononcé.

Le bureau du procureur des États-Unis pour le district du Centre de la Floride a annoncé l’inculpation ce mardi 8 septembre 2026. La comparution a eu lieu le lendemain. La peine maximale prévue pour ce chef d’accusation, en cas de condamnation, est de cinq ans de prison fédérale.




L’acte d’accusation

Selon l’acte d’accusation, l’appel a été passé le 6 décembre 2025 depuis le téléphone portable de Smith. Le locuteur aurait parlé d’un bateau « coming from the Bahamas that left two days ago », puis déclaré : « I’m letting you guys know now I have a bomb on the boat, and I want to blow it up. » Des comptes rendus s’appuyant sur le communiqué fédéral rapportent une formulation un peu plus longue, dans laquelle l’appelant dit aussi se trouver à bord. Le nom du navire n’a pas été rendu public.

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Disney Cruise Line n’avait pas répondu, dans l’immédiat, aux questions de l’Orlando Sentinel. Rien n’indique, dans les éléments publiés, qu’une évacuation ou une interruption de croisière ait été communiquée le jour de l’appel. La menace n’avait d’ailleurs pas été rapportée publiquement à cette date.

La version recueillie par le FBI

Une fois le locuteur identifié, des agents fédéraux ont entendu Smith et sa mère. Un compte rendu de cet entretien, versé au dossier, résume l’explication attribuée à Smith : il recevait des appels indésirables depuis le matin ; le dernier numéro affiché était celui de Disney Cruise Line ; il a rappelé ce numéro par agacement. Le même document indique qu’il a dit n’avoir pas voulu nuire à la compagnie ni à quiconque.

Les procureurs retiennent tout de même le chef fédéral. En droit américain, la transmission d’une menace d’un État à un autre peut suffire à fonder l’infraction, indépendamment de la question — encore à juger — de savoir si l’auteur entendait réellement passer à l’acte. C’est précisément ce que la défense et l’accusation devront départager.

Pourquoi le dossier est à Orlando alors que l’appel part de Chicago

Smith se trouvait à Chicago au moment des faits allégués. Il a été arrêté en Illinois en juillet 2026, puis remis en liberté sous caution. Le bureau du shérif du comté d’Osceola, en Floride, a d’abord travaillé sur l’affaire. Un détective a ensuite indiqué au FBI que son service ne pouvait pas poursuivre, le comportement reproché s’étant produit hors de sa compétence.

L’avocat de Smith demande le rejet du dossier orlandoais et le transfert de la procédure en Illinois. Le raisonnement est géographique : l’appelant était dans l’Illinois ; c’est là, selon la défense, que l’affaire devrait être jugée. Un juge n’a pas encore statué.

Un second débat : l’entretien avec le FBI

La défense veut aussi faire écarter les déclarations recueillies par le FBI. Deux arguments sont avancés dans les pièces : l’entretien n’a pas été enregistré ; les agents n’ont pas lu à Smith les avertissements dits « Miranda », qui rappellent notamment le droit de garder le silence et le droit à un avocat. Là encore, le tribunal n’a pas tranché. La prochaine audience est fixée au 13 octobre 2026.

Ces deux motions — lieu du procès et recevabilité des propos — peseront autant, à ce stade, que le récit des faits. Si le juge déplace l’affaire, le calendrier orlandoais s’arrête. Si les déclarations sont écartées, l’accusation devra s’appuyer davantage sur l’appel lui-même et sur les éléments techniques d’identification.


Le dossier public ne dit pas quel navire était visé, ni si un équipage a reçu l’alerte en mer, ni quelles vérifications Disney Cruise Line a conduites en interne.

Une phrase au téléphone, une affaire fédérale

Il faut le savoir, le droit américain traite sévèrement les menaces qui circulent d’un État à l’autre, surtout lorsqu’elles concernent un navire de passagers. L’intention réelle, la colère du moment, le caractère « canular » revendiqué : tout cela peut peser sur la peine ou sur le verdict. Cela n’empêche pas, à l’ouverture du dossier, de qualifier pénalement la seule transmission de la phrase.

C’est le nœud didactique de l’affaire. Smith, d’après le rapport versé au tribunal, décrit un geste d’énervement après une journée d’appels publicitaires. Le parquet décrit un message qui annonce une bombe à bord d’un bateau en mer. Entre les deux lectures, il y a un chef d’accusation, deux motions de procédure et une audience en octobre.

Source : Orlando Sentinel

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