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Avalonia : les exploitants de cinéma remontés contre Disney France

Hier, The Walt Disney Company France a fait un coup d’éclat dans l’industrie cinématographique française en annonçant que le 61e film d’animation des studios Disney, Avalonia, l’Étrange vVoyage, ne sortirait pas au cinéma dans l’Hexagone comme c’était prévu auparavant. Au lieu de cela, la filiale dirigée par Hélène Etzi a fait le choix de propulser le film directement sur la plateforme de streaming Disney+, contournant par la même occasion l’ensemble du système de la chronologie des médias, récemment mis à jour, et que la firme aux grandes oreilles n’accepte pas en l’état. Cette guerre déclarée s’est faite sentir immédiatement et les représentants des exploitants de cinéma en France, privés du Disney du Noë, Avalonia, l’Étrange Voyage, n’ont pas tardé à réagir à cette annonce fracassante (mais finalement peu surprenante).

Les exploitants réagissent à la décision de Disney France d’annuler la sortie cinéma d’Avalonia

En janvier dernier, la France a annoncé un nouvel ensemble de règles extrêmement strictes concernant les fenêtres de diffusion des films en France. Selon les nouvelles directives, Disney doit attendre quatre mois après la sortie en salles d’un film pour le distribuer sur support vidéo physique et numérique, et 17 mois avant de le proposer sur son service de vidéo à la demande streaming (contre 36 mois auparavant). De plus, cinq mois après la sortie d’un film sur Disney+, le streamer est contraint de la supprimer temporairement pour offrir une fenêtre d’exclusivité de 14 mois aux chaînes de télévision françaises gratuites avant de revenir sur la plateforme de streaming à 36 mois. Pour contester ce nouvel agencement qui privilégie Canal+ et Netflix notamment, Disney a décidé de tout contourner en ne proposant pas son prochain film de Noël au cinéma chez nous.

avalonia exploitants disney

S’adressant à Variety, un représentant de la FNCF (Fédération Nationale des Cinémas Français) a déclaré : « D’après ce que nous comprenons, Disney est mécontent du fait qu’ils doivent retirer leurs titres de leur service pour permettre aux chaînes gratuites d’avoir leur fenêtre exclusive, alors ce que nous voulons leur dire, c’est : ‘Au lieu de faire pression sur les cinémas, s’il vous plaît, venez discuter avec les chaînes de télévision.' »

La FNCF a invité Disney à participer à des réunions organisées par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) pour discuter des manières de faire revenir ce film Disney dans les salles françaises. L’organisation a également appelé le gouvernement français à travailler sur une solution rapide au problème et à éviter de transformer les spectateurs et les exploitants en victimes du différend entre le studio et le gouvernement. En 2020 déjà, la FNCF a réagi négativement lorsque Disney a décidé d’annuler la sortie en salles du film Soul et de le proposer directement sur sa plateforme de streaming (certes, pour d’autres raisons à l’époque), déclarant dans un communiqué : « Les cinémas souhaitent partager leur immense frustration face à cette décision destructrice pour l’ensemble du secteur », et affirmant que les actions de Disney étaient « économiquement totalement injustifiées. »

Notez enfin que si la chronologie des médias reste intacte d’ici les prochains mois et années, il y a de fortes chances pour que d’autres majors hollywoodiennes emboîtent le pas de Disney. Rappelons que Warner Bros. Discovery et Paramount Global lanceront prochainement  en France respectivement leur plateforme HBO Max et Paramount+.

Découvrez ci-dessous le communiqué officiel complet de la Fédération Nationale des Cinémas Français en réaction à la décision de Disney France d’annuler la sortie au cinéma d’Avalonia, l’étrange voyage.

« Les salles de cinémas protestent avec la plus grande vigueur contre la volonté de Disney de priver les Français de son film d’animation de Noël.

La FNCF demande à Disney de revenir sur ce choix et l’invite à participer aux réunions que le CNC organisera dans le cadre de la clause de rendez-vous prévue par l’accord sur la chronologie des médias.

Alors que les spectateurs du monde entier vont aller au cinéma en famille cette fin d’année pour voir le film d’animation Avalonia, l’Étrange Voyage, Disney vient d’annoncer qu’il allait en priver les spectateurs français, et porter atteinte gravement à l’économie des salles de cinéma et du secteur tout entier.

Cette décision a très précisément pour but, comme l’explique Disney dans Les Echos de ce jour, de peser sur la négociation sur la chronologie des médias, en particulier sur la relation entre la major et les chaînes en clair 22 mois après la sortie du film.

Pourtant Disney peut se féliciter du succès du dernier Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi qui atteint les 3 millions d’entrées en France, et ne remet pas en cause les sorties des prochains films annoncés en salle comme Buzz l’Éclair le 22 juin, ou Thor : Love and Thunder le 13 juillet.

Pour résoudre un problème de relation avec les chaînes gratuites se posant 2 ans après la sortie du film en salle, les salles de cinéma sont instrumentalisées par cette décision, totalement inacceptable, et terriblement injuste.

C’est un choix perdant pour tout le monde : pour les spectateurs, pour les salles de cinéma, pour les autres diffuseurs du film comme Canal+, et les chaînes en clair, et in fine pour Disney qui se prive en France, premier pays du cinéma en Europe, de recettes considérables et d’une exposition sans égale pour ce film.

Personne ne pourrait comprendre que la major, qui a construit son image sur le cinéma familial et les salles de cinéma, ne prive de ce film le public français des salles de cinéma, sur une question qui ne les concerne pas elles-mêmes.

La FNCF s’élève avec la plus grande fermeté contre cette décision. Elle demande à Disney de revenir sur ce choix et l’invite à participer aux réunions que le CNC organisera dans le cadre de la clause de rendez-vous prévu par l’accord du 24 janvier 2022. Elle en appelle aux pouvoirs publics pour permettre une résolution rapide de ce problème majeur pour notre secteur en menant une conciliation entre les parties prenantes, et en évitant que les spectateurs et les salles de cinémas soient les victimes collatérales de ces différends. »

Source : FNCF



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