En mars dernier, le président élu américain Donald Trump a intenté une action en diffamation contre ABC News (chaîne du groupe ABC Entertainment, filiale de Disney Entertainment) et le journaliste George Stephanopoulos. Le 14 décembre dernier, il a été annoncé que la chaîne d’information et le présentateur ont réglé le litige, acceptant de s’excuser et de payer 16 millions de dollars. Il est précisé qu’un million de la somme sera consacré aux frais juridiques de Trump.
ABC News paie 15 millions de dollars pour éviter un procès avec Donald Trump
The Wrap rapporte que Donald Trump a réglé son procès en diffamation contre ABC News et George Stephanopoulos. L’accord prévoit que la chaîne d’information et le présentateur s’excuseront publiquement auprès de Donald Trump, paieront un million de dollars de ses frais juridiques pour l’affaire et feront don de 15 millions de dollars à une fondation présidentielle. La décision a été prise par Bob Iger en personne (président de Disney).

Dans une déclaration partagée par ABC News et le journaliste, on peut lire : « ABC News et George Stephanopoulos regrettent les déclarations concernant le président Donald J. Trump faites lors d’une interview de George Stephanopoulos avec la représentante Nancy Mace sur ABC’s This Week le 10 mars 2024. »
Le président élu a déposé plainte en mars dernier après que George Stephanopoulos ait eu une conversation animée sur l’affaire de viol de Trump à Manhattan avec la membre du Congrès Nancy Mace. Cette dernière, qui a survécu à un viol, a soutenu Donald Trump comme candidat à la présidence, ce qui a incité George Stephanopoulos à se pencher sur l’affaire de Trump à Manhattan qui lui a été intentée par E. Jean Carroll.
Bien que Trump ait été reconnu coupable d’agression sexuelle et de diffamation par un jury, il ne s’agissait pas d’une affaire pénale, ce qui a incité Trump à intenter une action en justice. Lorsque la plainte a été déposée, Stephanopoulos n’a pas été préoccupé par le drame juridique, déclarant à Stephen Colbert : « Trump m’a poursuivi parce que j’ai utilisé le mot « viol », même si un juge a déclaré que c’était effectivement ce qui s’était passé. »
Le juge Lewis Kaplan, qui a statué en faveur d’E. Jean Carroll, a précisé que la décision s’appuyait sur la définition juridique limitée du viol dans l’État de New York.
Ancien conseiller de Bill Clinton et journaliste politique chevronné, George Stephanopoulos est un intervieweur très efficace et un pilier de la chaîne ABC News. Il a s’est entretenu avec Barack Obama, Benyamin Nétanyahou ou Vladimir Poutine et a été choisi, en juillet, pour un entretien avec le président Joe Biden.
Selon certaines sources, George Stephanopoulos a été pris au dépourvu, ignorant que Disney allait reculer de manière aussi publique jusqu’à quelques heures avant que la nouvelle ne soit annoncée. En tant que PDG, Bob Iger a longtemps été un défenseur du journaliste. Lorsque George Stephanopoulos a commencé à évoquer l’idée en 2020 qu’il pourrait quitter ABC alors que son contrat de quatre ans était sur le point d’expirer, le patron de Disney a directement contribué à orienter les négociations pour le garder dans l’équipe – en offrant au présentateur un nouveau contrat lucratif qui lui a également permis de produire des documentaires pour Hulu.
Son nouveau contrat se terminera début 2025 et on ignore actuellement s’il sera reconduit une nouvelle fois. Le journaliste est rémunéré 18 millions de dollars par an mais l’émission Good Morning America, qu’il co-présente, n’est plus la vache à lait publicitaire qu’elle était autrefois. De plus, compte-tenu de la récente tournure des événements, cela pourrait avoir des conséquences sur son avenir sur la chaîne. A côté de ça, la décision de Trump de poursuivre un grand média réputé comme ABC News et le règlement à l’amiable offrent un aperçu de ce que l’avenir pourrait réserver aux journalistes lors de son second mandat. Il est d’ailleurs étonnant que Disney ait cédée si tôt avant même d’entamer des poursuites judiciaires mais l’image de la chaîne était en jeu, d’autant plus qu’elle était incarnée ici par un éminent journaliste.
La transaction faite hors tribunal règle donc cette histoire et met fin aux poursuites en diffamation lancées par le président élu américain.
