Le premier film Vaiana : La Légende du Bout du Monde (2016) demeure l’un des Disney les plus accomplis de la décennie 2010. Au-delà d’une aventure mythologique centrée sur une quête spirituelle et didactique dépourvue d’artifices, le film impressionnait par sa splendeur technique, notamment dans le rendu du sable et de l’eau, une prouesse pour l’époque qui explique en grande partie son statut de l’un des longs-métrages les plus revisionnés en streaming depuis son arrivée au catalogue Disney+.
La bande-annonce finale de Vaiana laisse présager le pire
Devenu une valeur sûre aux côtés de La Reine des Neiges, Vaiana a logiquement donné naissance à une suite cinématographique (Vaiana 2) et à ce remake en prises de vues réelles, dont la sortie est prévue le 8 juillet 2026 en France. Si le premier teaser avait déjà laissé perplexe et la première bande-annonce nous laissait présager le pire, la bande-annonce finale achève de convaincre les plus sceptiques… de leur déception.

La bande-annonce met en lumière plusieurs séquences emblématiques, notamment des extraits des chansons phares telles que « You’re Welcome » et « We Know the Way », et offre un nouvel aperçu du crabe géant Tamatoa en version réelle. On retrouve donc Catherine Laga’aia dans le rôle-titre de Vaiana, ainsi que Dwayne Johnson, qui reprend son rôle du demi-dieu Maui, déjà incarné dans le film d’animation.
Une quête épique au service des siens
Le récit suit Vaiana, qui répond à l’appel de l’Océan et quitte pour la première fois le récif de son île de Motunui. Accompagnée du légendaire Maui, elle entreprend un voyage périlleux afin de restaurer la prospérité de son peuple. Cette nouvelle version s’appuie sur les chansons originales de Lin-Manuel Miranda, Opetaia Foa’i et Mark Mancina, avec une partition originale composée par ce dernier.

La réalisation est confiée à Thomas Kail, metteur en scène récompensé aux Tony Awards pour Hamilton. Dwayne Johnson assure également la production aux côtés de Dany Garcia, Beau Flynn, Hiram Garcia et Lin-Manuel Miranda. Parmi les producteurs exécutifs figurent Thomas Kail, Scott Sheldon, Charles Newirth et Auliʻi Cravalho, qui prêtait sa voix à Vaiana dans le film d’animation.
Le film bénéficie d’un casting majoritairement originaire de Nouvelle-Zélande et des îles du Pacifique. On retrouve notamment :
- John Tui (originaire d’Auckland) dans le rôle du père de Moana, le chef Tui ;
- Frankie Adams (actrice samoane-néo-zélandaise) en tant que Sina, la mère de Moana ;
- Rena Owen (originaire de la baie des Îles) qui interprète la vénérée Gramma Tala.
Un Maui qui peine à convaincre
Le plus frappant dans cette bande-annonce reste sans doute la vision de Dwayne Johnson en Maui. Lui qui prêtait sa voix au personnage dans l’original apparaît ici affublé d’une perruque et d’une tenue qui peinent à convaincre. Le résultat s’avère plus dérangeant encore que ses prothèses dans Smashing Machine et Black Adam. On est loin de la force brute et charismatique du demi-dieu animé.

Le film semble souffrir du syndrome classique des remakes live-action trop fidèles : des plans parfois calqués sur l’original, sans parvenir à masquer une certaine dissonance esthétique. Les mascottes animales conservent un design identique qui jure avec le photoréalisme, la physique de certaines scènes burlesques manque cruellement de naturel, et l’ensemble respire trop souvent les arrière-plans numériques et les fonds verts.
Où sont passées les couleurs de l’original ?
Mais c’est surtout la direction artistique qui interroge. Où sont les couleurs chatoyantes, vibrantes et solaires du film d’animation ? L’univers de Vaiana parvenait à être photoréaliste tout en conservant une poésie visuelle éclatante. Alors qu’on aurait pu légitimement penser que sa réadaptation prendrait tout son sens en étant tournée dans des décors réls avec une photographie soignée et des éclairages naturels, ici, beaucoup de séquences bouclées en studio paraissent grisâtres et ternes, y compris lors de l’attaque des Kakamora au crépuscule ou les virées maritimes de l’héroïne. La mise en scène, souvent composée de champs-contrechamps statiques, accentue cette impression de platitude.

Même si le film peut encore réserver des surprises, on a l’impression d’avoir finalement déjà tout vu en l’espace de deux minutes car Disney a pour volonté marketing de tout montrer de manière presque obsessionnelle, histoire de rassurer son public déjà conquis. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’avoir déjà l’impression de l’avoir vu… en nettement mieux il y a dix ans. Au mieux, on peut espérer le même statut mitigé que celui de Dragons, qui reprenait parfois son modèle à la réplique avec un charme supplémentaire. Mais avec Dwayne Johnson en perruque et ses multiples scènes d’action aux visuels tous plus criards et artificiels les uns que les autres, la barre semble placée plus haut.

Disney, qui nous avait habitués à des films techniquement éblouissants (les remakes du (Le) Livre de la Jungle et du (Le) Roi Lion, Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit, Le Manoir Hanté, TRON : Ares, Rogue One : A Star Wars Story, Avatar : La Voie de l’Eau ou La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume), semble ici en deçà de son savoir-faire habituel. Les scènes mettant en scène Maui figurent parmi les plus problématiques visuellement que le studio ait produites ces vingt dernières années. Mais c’est toute l’ambiance globale qui pêche, submergée d’effets numériques plus ou moins réussis. Les personnages humains évoluent dans cet environnement qui manque cruellement de réalisme et c’est très problématique.
VF :
VOST :
