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Magic Camp – Critique du Film Disney+

Andy Duckerman, chauffeur à Las Vegas, était autrefois une légende des spectacles de magie et a brillé durant sa jeunesse à l’Institut de Magie, sorte de campus reculé accueillant chaque été des jeunes possédant des dons pour les arts de la prestigitation. Quand le directeur de cette école surnommée Magic Camp, demande à Andy de le rejoindre pour remplacer l’un de ses formateurs absents, notre ancien illusionniste professionnel, frusté et déprimé par la direction qu’a pris sa carrière, ne se doute pas un seul instant qu’il va devoir prendre en charge un groupe de jeunes magiciens tous novices et désireux de remporter le prix de fin de formation. Andy doit aussi faire face à son ancienne partenaire et rivale actuelle, Kristina Darkwood…

Bienvenue au Magic Camp

Magic Camp fait partie de ces films Disney commerciaux sans prétention, qui ont le don malgré tout de faire passer un bon moment à leurs téléspectateurs. Plus proche dans son format et son ton d’un Disney Channel Original Movie, cette comédie d’été disponible sur Disney+ depuis le 14 août 2020 et axée de façon évidente vers la jeunesse, réussit à divertir autour d’un thème, qui saura plaire, les spectacles de magie.

magic camp

Si le film pourra éventuellement souffrir de comparaisons évidentes avec des téléfilms comme Le Manoir de la Magie (2005) ou Upside-Down Magic (2020), les liens s’arrêteront là. L’histoire, bien que très simpliste, est suffisament consistante et crédible pour capter l’attention de son public jusqu’à la fin. Magic Camp est un projet qui remonte à 2016. Les Walt Disney Studios officialisent ce film en même temps qu’une partie de son casting. C’est Mark Waters qui est choisi pour le réaliser. On lui doit notamment Freaky Friday (2003), Lolita Malgré Moi (2004), Hanté par ses Ex (2009), M. Popper et ses Pingouins (2011) et Vampire Academy (2014). Le scénario du film a été conçu quant à lui par Micah Fitzerman-Blue, Noah Harpster, Matt Spicer, Max Winkler, Dan Gregor Doug MandDan Gregor et Doug Mand (une première mouture fut signée de Steve Martin). Tourné en 2017 au Disney’s Golden Oak Ranch en Californie (un des lieux de tournage appartenant à la compagnie aux grandes oreilles), il fut au départ destiné pour le cinéma. Disney table sur une sortie en salles pour avril 2018 avant finalement de le décaler en août de la même année, mais la sortie de Jean-Christophe et Winnie à la même période, contraint de Disney retirer le film de son agenda de sorties. Le projet est finalement abandonné pour une exploitation au cinéma et est conservé précieusement durant deux ans par les studios pour lui offrir une sortie directe sur sa plateforme de streaming. Des rumeurs laissent entendre un autre son de cloche, Disney n’aurait pas su quoi faire de ce film jugé trop mauvais en interne, et ayant subi de multiples remontages successifs.

Un projet resté dans les limbes durant deux ans

Magic Camp fait ainsi partie des rares comédies de ces dix dernières années au sein du label live-action de Disney, le studio espérant renouer avec ce genre si injustement délaissé. Le film a pour sujet principal la magie et pour le coup honore cet art scénique de la plus belle des façons en montrant à peu près toutes les grandes familles de tours, de l’apparition / disparition au mentalisme en passant par la lévitation, les tours de passe-passe, la prédiction , l’évasion ou la restauration. Le générique d’introduction est d’ailleurs une belle entrée en matière et revient en photos sur les grandes figures de l’histoire de la magie. Le film s’articule autour de deux personnages : Theo, un garçon qui a récemment perdu son père (ce dernier l’a inscrit à cette école juste avant sa mort) et Andy (Adam Devine), un ancien étudiant qui vit dans l’amertume d’avoir suivi un chemin qui ne lui a pas permis de continuer sa carrière de grand magicien à Vegas. Le parcours de ces deux personnages – qui sont souvent liés tout au long de l’histoire, une distribution de jeunes apprentis magiciens gravite tout autour.

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Vous pourrez d’ailleurs trouver des références à la saga Harry Potter puisque l’institut offre aux élèves la possibilité de rejoindre une maison (chacune représentée par une couleur de carte à jouer). L’intrigue ne sera pas sans vous rappeler aussi un brin de Rock Academy. Des enfants, un meneur adulte similaire au personnage joué par Jack Black dans Rock Academy etc. Sa rivalité avec sa collègue formatrice et magicienne à succès Christina Darkwood (Gillian Jacobs) ressurgit lors de ce camp d’études : chacun devant épauler sa propre équipe pour la mener au sommet d’une compétition finale pour remporter le chapeau et la baguette d’or. Un reproche que l’on fera à cette comédie est qu’elle a tendance à se prendre un peu trop au sérieux contrairement à des Disney Channel Original Movies dont les tons décalés sont souvent assumés. Néanmoins, des thèmes somme toute classique pour ce type de format comme l’acceptation de soi, la perte d’un proche ou la fraternité sont au centre du scénario et sont globalement très bien exploités. Le film ne fait pas rire pour autant, contrairement à ce qu’il laisse penser au départ. Mais il fait malgré tout son job : divertir.

Une comédie satisfaisante mais sans ambition

Outre Adam Devine, Gillian Jacobs et le jeune Nathaniel McIntyre, qui sont convaincants dans leur rôle respectif, le casting se compose également de Jeffrey Tambor dans le rôle du mentor et directeur de l’Institut de Magie. On comprendra dès lors beaucoup mieux pourquoi Disney a préféré faire le minimum syndical pour ce film, en lui offrant une fenêtre de sortie discrète sur Disney+, doublée d’une promotion infime, limitée à une bande-annonce et une affiche. Non seulement, le film ne valait pas la peine d’une exploitation cinématographique (et encore moins d’une promotion importante) mais l’acteur Jeffrey Tambor, absent de la bande-annonce et de l’affiche (nom et visage), est au cœur de deux polémiques depuis 2017, d’abord accusé d’harcèlement sexuel par deux actrices transgenres lors du tournage de la série Transparent d’Amazon (des faits vérifiés après enquête), puis d’agression verbale sur le tournage de la série Arrested Development. Ces controverses ont conduit Disney à l’écarter d’autres projets en commun avec lui comme Raiponce, La Série et Star Butterfly. Mais il était tout bonnement impossible de le supprimer du montage de Magic Camp puisqu’il occupe un certain temps d’écran et est indispensable au fil conducteur. Disney a donc essayé de préserver autant que faire se peut l’intégrité du film, son équipe créative et ses acteurs. Cela n’aurait pas été leur rendre service que de supprimer toutes les apparitions de l’acteur, pour affaiblir le scénario, ou carrément sacrifier ce film. Mais la décision d’annuler la sortie du film au cinéma, somme toute forcément déchirante pour le (jeune) casting (également composé de Cole Stand, Isabella Cramp, Izabella Alvarez, Bianca Grava, Hayden Crawford, Josie Totah…) qui se défend bien, sonne forcément différemment quand on connait ce contexte.

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Malgré cela, l’acteur Jeffrey Tambor figure bien au casting, alors que l’équipe de production aurait pu songer à carrément remanier le scénario pour le supprimer. Cela aurait entraîné des sessions de tournage additionnelles et pour un film de cet acabit avec un budget très modeste et des enjeux qui le sont tout autant, cela n’en valait pas la peine. Disney a préféré sauver le film sur Disney+.

adam devine

Malgré les controverses, la maison de Mickey préfère ce cas échéant faire confiance à son public, qui décidera du succès ou non de cette comédie. Finalement, Magic Camp ne marquera pas le retour de Disney à la grande comédie familiale mais, passé les polémiques de l’un de ses acteurs secondaires, qui entachent forcément un peu son existence, reste un divertissement convenable. Le film a toute sa place sur la plateforme Disney+ mais n’apportera clairement pas la qualité que nous sommes en droit de nous attendre du label Disney+ Original, comme beaucoup d’autres productions sous cette marque qui n’ont clairement pas réussi à percer depuis le lancement du streamer. La Belle et le Clochard, Stargirl ou Timmy Failure : Des Erreurs ont Été Commises sont tous “regardables” mais aussitôt oubliables. Seul Togo sort du lot !

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