Le jeudi 2 février 2023, Disneyphile a eu le privilège d’assister à la conférence de presse de Titanic à l’occasion de sa ressortie au cinéma le 8 février en 4K, 3D et HFR, pour ses 25 ans d’existence. Durant 30 minutes, le réalisateur James Cameron et le producteur Jon Landau sont revenus sur la conception d’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma.
L’histoire de la création de ce monument
Cette conférence était davantage une masterclass entre le cinéaste et le producteur qui sont collaborateurs depuis 30 ans (d’ailleurs la femme de Jon Landau a été figurante dans le film). La première question que voulait savoir Jon Landau était comment est venue l’idée à James Cameron de réaliser un tel film ?
« J’ai été fasciné par le Titanic dès le moment où j’ai commencé à travailler avec les personnes de la Woods Hole Oceanographic Institution qui faisaient de la robotique et avec qui j’ai fait Abyss. Ensuite, ces robots étaient devenus célèbres pour la découverte et l’exploration initiale du Titanic par Robert Ballard. »
C’est en étant inspiré par l’histoire du naufrage du paquebot, que James Cameron imagine son projet. Faire un film historique tout en y injectant une histoire d’amour dramatique. En le présentant aux dirigeants de la 20th Century Fox (devenue aujourd’hui 20th Century Studios), James Cameron le pitche comme ceci :
« C’est Roméo et Juliette sur le Titanic »
Le scénario s’est écrit très rapidement et afin de coller au plus près de la réalité, James Cameron a fait appel à Don Lynch, historien qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’imposant paquebot au destin tragique et Ken Marschall, peintre qui a conçu un livre de peintures qui a servi de base au film. Don Lynch et Ken Marschall sont d’ailleurs crédités en tant que consultants du film.
Le choix des acteurs
James Cameron ne s’en cache pas, il voulait que Titanic plaise à un large public surtout féminin car ce sont des femmes qui allaient fondre littéralement sur l’histoire de Jack et Rose pour ensuite s’intéresser à celle du Titanic. Pour trouver les deux rôles principaux, il fallait deux jeunes acteurs qui auraient cette alchimie parfaite.
James Cameron savait que Leonardo Di Caprio serait parfait pour Jack Dawson et avait déjà flairé le potentiel de l’acteur qu’il deviendrait aujourd’hui mais au tout début, Leonardo n’était pas intéressé par le film en particulier son rôle qu’il ne trouvait pas assez stimulant pour lui. ‘
« Il cherchait des défis. Il avait joué Gilbert Grape, qui avait manifestement des problèmes de développement d’une manière ou d’une autre. Et il a joué un toxicomane dans Basketball Diaries. En fait, il voulait avoir quelque chose contre quoi enrager. […] J’ai dû le convaincre que jouer Jack qui n’a pas de problème évident au début est en fait celui qui est le plus mature émotionnellement et adulte des deux personnes. »
À l’inverse pour la belle Rose DeWitt, James Cameron a auditionné plusieurs comédiennes dont Kate Winslet. Malgré sa pugnacité pour ce rôle, James Cameron était hésitant de le confier à l’actrice anglaise.
« Kate a exprimé beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme pour le personnage. Elle croyait qu’elle pouvait le faire. Je n’étais pas convaincu. Et en fait, j’étais un peu nerveux à l’idée qu’elle ait joué dans tant de drames d’époque avant cela […]. La dernière chose que je voulais, c’était que Kate soit corsetée dans un film où l’une des scènes les plus mémorables est qu’elle soit mise dans un corset, ce qui était évidemment un symbole visuel d’elle étant limitée par la société et par sa famille et toutes ces choses. Donc, je ne voulais presque même pas la voir au début. Mais je l’ai rencontrée. Elle était spectaculaire.
Déterminée pour avoir ce rôle, Kate Winslet enverra un bouquet de roses rouges à James Cameron avec cette note qui convaincra définitivement le cinéaste.
« Je suis votre Rose. »
Lorsque Leonardo Di Caprio et Kate Winslet se rencontrent lors d’une répétition, la magie opère instantanément. Il faut dire que les deux acteurs avaient seulement un an d’écart au moment de la production du film (Kate Winslet avait 20 ans, Leonardo Di Caprio, 19 ans) et commençaient alors une ascension fulgurante.
Je voyais l’alchimie entre les deux. Quand nous avions fini de répéter, Kate n’arrêtait pas de dire : ‘C’est lui [Leo] le gars’
Titanic, 25 ans après
Titanic est peut-être le dernier film du cinéma moderne avec une production digne d’un péplum de l’Âge d’Or d’Hollywood avec autant de décors physiques. S’il ce serait fait aujourd’hui avec la technologie actuelle, James Cameron assure que l’histoire serait la même sur le fond mais peut-être pas sur la forme.
« Je suis sûr que je le raconterais toujours comme une histoire d’amour. Je suis sûr que je me concentrerais toujours sur les émotions. En ce qui concerne la façon dont nous l’avons fait, tout est différent maintenant. Nous aurions utilisé beaucoup plus de CGI. Nous aurions construit beaucoup moins de décors parce que nous savons comment le faire maintenant. Nous savons comment le rendre. Notre approche serait donc très différente. »
25 ans plus tard, les thèmes de Titanic sont toujours aussi actuels selon son réalisateur comme le conflit entre la lutte des classes et la crise climatique.
« Vous pouvez voir qu’il y a une forte disparité entre les pauvres et les riches. Eh bien, nous sommes maintenant confrontés à une autre crise appelée changement climatique. Vous savez, nous avons été avertis à ce sujet pendant des années, nous le voyons venir directement sur nous, nous ne pouvons pas faire tourner le navire. C’est exactement comme l’iceberg effrayant. Nous allons nous y jeter de front et deviner qui va souffrir le pire ? Les pauvres. Pas les pays riches qui l’ont causé. Ce sont les riches gens du Titanic, leur impatience de se rendre à New York, et le capitaine et le propriétaire de la compagnie de navires à vapeur qui ont compris cela et répondu à leur riche clientèle qui ont causé le naufrage en premier lieu. »
Titanic a été un phénomène cinématographique encore plus important que les films Avatar et les films de super-héros aujourd’hui (des gens campaient littéralement dans le froid pour faire la queue et avoir une place). James Cameron sait que ce film tient toujours une place particulière dans le cœur du public.
« Il y a une nostalgie pour beaucoup de gens, ils se souviennent où ils étaient quand ils l’ont vu au cinéma, où ils en étaient dans leur vie et leurs relations ou s’ils étaient, vous savez, un enfant naïf ou s’ils étaient déjà adultes, ou toutes ces choses. Titanic nous relie à des moments dans le temps parce qu’il a une sorte d’intemporalité lui-même »
Multi-rediffusé à la télévision, les plus jeunes n’ont pas encore expérimenté le film au cinéma. Cette ressortie permet justement de (re)vivre ce chef-d’œuvre dans les conditions d’origines. Grand défenseur des salles de cinéma, James Cameron confirme 25 ans après, que Titanic est surtout un film transgénérationnel qui se vit en salles avant tout.
« Je pense que l’une des choses que j’ai entendues au fil des ans, c’est que les gens veulent le partager avec leurs amis, ils veulent partager le Titanic avec leurs parents, avec leurs enfants. C’est quelque chose qui devrait être partagé encore et encore sur grand écran […]. C’est un phénomène qui dépasse presque tout. Vous savez, vous pouvez peut-être revenir à E.T. et Star Wars et peut-être jusqu’à Autant en Emporte le Vent pour obtenir quelque chose au même niveau, mais pourquoi ? Vous savez, les gens se sont grattés la tête pour savoir pourquoi. Eh bien numéro un, répéter le visionnement. Les gens sortaient du cinéma et commençaient à faire leurs plans pour savoir à qui ils allaient demander d’aller le voir. Parce que les gens disaient, je viens de vivre une expérience que je ne peux même pas vraiment définir. »
Titanic fait partie de ces films qui dureront dans le temps et séduiront toujours autant. Découvrez ci-dessous la bande-annonce de la ressortie en salles de Titanic pour ses 25 ans, le 8 février prochain.
