Le week-end d’ouverture de TRON : Ares, la suite tant attendue de la franchise Disney lancée en 1982, n’a pas répondu aux attentes. Sorti dans plus de 4 000 salles en Amérique du Nord, le film réalisé par Joachim Rønning a récolté 33,5 millions de dollars sur le territoire domestique, selon les estimations publiées ce soir. Ce résultat, bien en deçà des projections initiales de 45 à 50 millions, place le long-métrage en tête du box-office nord-américain mais souligne les difficultés persistantes de Disney avec ses productions à gros budget. Avec un coût de production de 180 millions de dollars, hors marketing, TRON : Ares doit maintenant compter sur les marchés internationaux et les semaines à venir pour rentabiliser ses investissements.
Un lancement domestique en demi-teinte
Aux États-Unis et au Canada, TRON : Ares a engrangé 33,5 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture, dont 14,3 millions le vendredi seul. Ce chiffre, issu de 4 000 écrans, reflète une moyenne par salle modeste, autour de 8 375 dollars. Les sondages CinemaScore lui attribuent un B+, indiquant une réception correcte auprès du public sorti des salles, mais les analystes pointent un manque d’attrait au-delà du noyau dur masculin et jeune. David A. Gross, de Franchise Entertainment Research, note que « le film suivait bien les prévisions, mais l’intérêt a stagné dans les dix derniers jours, et l’ouverture a chuté ». Ce démarrage place le film derrière d’autres sorties sci-fi récentes, dans un contexte où le genre peine parfois à mobiliser massivement dès le lancement.
Des performances internationales mitigées
Sur les marchés étrangers, TRON : Ares a ajouté 27 millions de dollars, portant le total mondial à 60 millions pour ce premier week-end sur le globe. Ce résultat international, bien que respectable pour un film de de calibre, reste en deçà des espoirs pour une franchise connue pour son universalité narrative – des combats du bien contre le mal, accessibles à toutes les cultures, comme le souligne Gross. Le genre de la science-fiction performe traditionnellement bien à l’étranger, mais ici, l’élan semble freiné par une promotion tardive ou une concurrence accrue.
En France, où le film a démarré mercredi 8 octobre, les premières données indiquent 30 455 entrées pour la journée d’ouverture. Ce chiffre, avec une moyenne de 12 entrées par séance, le place en deuxième position derrière Gabby et la Maison Magique (lol), un film d’animation familial. Les données sur cinq jours (mercredi à dimanche) ne sont pas encore disponibles à l’heure de publication, mais ce lancement modeste – loin des 54 671 entrées du premier jour pour TRON : L’Héritage en 2011 – suggère un accueil tiède dans un marché clé pour Disney.
Comparaison avec les opus précédents de la franchise
Pour contextualiser, revenons aux films antérieurs. Le TRON original de 1982, réalisé par Steven Lisberger, avait ouvert à 4,76 millions de dollars aux États-Unis, pour un total domestique de 27 millions et mondial d’environ 33 millions – des chiffres modestes pour l’époque, sans ajustement pour l’inflation. Ce pionnier des effets numériques n’avait pas été un triomphe commercial immédiat, mais avait posé les bases d’un culte durable.
TRON : L’Héritage (2010), suite dirigée par Joseph Kosinski, avait fait mieux avec une ouverture de 44 millions de dollars en Amérique du Nord, un total domestique de 172 millions et mondial de 409,9 millions, contre un budget de 170 millions. Ce succès relatif, boosté par la 3D et la bande-son de Daft Punk, contrastait avec les espoirs placés en Ares. Avec un budget similaire (180 millions), le nouveau volet risque de ne pas répliquer cette performance, surtout si le bouche-à-oreille ne s’améliore pas.
Position dans l’écosystème des remakes live-action Disney
Disney mise souvent sur ses remakes live-action pour générer des revenus massifs, mais TRON : Ares – bien qu’une suite plutôt qu’un remake strict – s’inscrit dans une tendance inégale. Parmi les succès, Le Roi Lion (2019) avait ouvert à 191 millions de dollars aux États-Unis, pour un total mondial de 1,66 milliard. La Belle et la Bête (2017) suivait avec 174 millions d’ouverture domestique et 1,26 milliard mondial. Aladdin (2019) : 91 millions d’ouverture en Amérique du Nord, 1,05 milliard à l’échelle planétaire. Plus récemment, le remake de Lilo & Stitch (2025) a explosé avec 145,5 millions d’ouverture domestique et 341,7 millions mondial en week-end prolongé.
À l’opposé, des échecs comme Blanche Neige (2025) n’ont récolté que 43 millions à l’ouverture outre-Atlantique, soulignant les risques quand le public perçoit un manque d’innovation. TRON : Ares, avec son budget élevé et son démarrage sous les 40 millions, rejoint cette catégorie des déceptions, malgré un positionnement sci-fi qui rappelle Jungle Cruise (2021, ouverture à 35 millions aux USA, pour un total mondial de 220 millions) ou La Petite Sirène (2023, 95 millions pour son démarrage aux États-Unis, et un total cumulé de 569 millions dans le monde).
Le facteur Jared Leto : une filmographie aux résultats variables
Jared Leto, tête d’affiche de TRON : Ares, apporte une présence charismatique mais son historique au box-office est contrasté. Morbius (2022), où il jouait le vampire Marvel, avait ouvert à 39 millions de dollars outre-Atlantique pour un total domestique de 73,8 millions et mondial de 167 millions, contre un budget de 75 millions – un flop notoire malgré un culte ironique. Blade Runner 2049 (2017) : ouverture à 32 millions aux États-Unis, et un total de 92 millions là-bas et 259 millions dans le monde, pour un budget de 185 millions, un échec commercial malgré les éloges critiques.
D’autres titres comme House of Gucci(2021) : ouverture à 14 millions (week-end de Thanksgiving), pour un total de 53 millions aux États-Unis, et 153 millions dans le monde. Suicide Squad (2016) a performé avec 133 millions d’ouverture aux États-Unis et 746 millions dans le monde. Enfin, Dallas Buyers Club (2013), oscarisé pour Leto, reste modeste avec 27 millions outre-Atlantique et 55 millions dans le monde. TRON : Ares, avec son ouverture similaire à Blade Runner 2049, pourrait suivre une trajectoire comparable si les critiques (mixtes) ne boostent pas l’intérêt.
Ce démarrage souligne les défis de Disney en 2025, après des succès comme Lilo & Stitch mais des contre-performances ailleurs. L’avenir de TRON : Ares dépendra des semaines suivantes, mais pour l’instant, il illustre la volatilité du box-office post-pandémie.
