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Vaiana 2 – Critique du Film Disney

Huit ans après le premier volet brillamment orchestré par les cinéastes légendaires John Musker et Ron Clements, l’intrépide exploratrice a fait son retour dans la suite de ses aventures dans les îles du Pacifique. Cela fait maintenant trois années que Vaiana, aidée par le demi-dieu Maui, a rendu son cœur à Te Fiti. Elle a maintenant 19 ans et a très envie d’explorer encore davantage l’océan et faire de nouvelles rencontres enrichissantes. Si cette critique de Vaiana 2 ne comporte aucun divulgâchis majeur sur le film, elle s’appuie forcément sur certains éléments de l’intrigue déjà révélés par Disney. Le voyage peut commencer…

Vaiana 2 est-elle une odyssée mémorable comme le premier film ?

Les enjeux n’ont jamais été aussi élevés pour une suite d’un film d’animation Walt Disney, peut-être plus encore que pour La Reine des Neiges II, qui avait déjà gagné d’avance la partie avant sa sortie. Il s’agit ici pour Disney de confirmer la popularité de son héroïne phare qui n’en finit plus d’attirer les fans sur Disney+ ou dans les parcs à thème. Il est aussi primordial pour Disney que la machine à cash se remette à fonctionner après des années lugubres, des fours au box-office et un détachement du public. Pixar a réussi ce même pari grâce à Vice-Versa 2 cette année 2024. Au tour de Disney d’entrer dans la piste et de renouer avec son public grâce à Vaiana 2.

En décembre 2020, lors du Disney Investor Day, la directrice créative des Walt Disney Animation Studios, Jennifer Lee, a annoncé qu’une série musicale intitulée Moana, basée sur le film de 2016 du même nom, était en développement et devrait sortir sur Disney+ en 2023. En février 2024, le PDG de Disney, Bob Iger, a annoncé que la série avait été retravaillée en une suite cinématographique, Vaiana 2. À la sortie de la première bande-annonce en mai 2024, Jason Hand et Dana Ledoux Miller ont été confirmés comme co-réalisateurs aux côtés de David Derrick Jr., tandis que Christina Chen et Yvett Merino ont été annoncées pour remplacer Osnat Shurer en tant que productrices. L’animation a été réalisée au studio satellite de Vancouver des Walt Disney Animation Studios dès le début du développement de la série, tandis que la préproduction et le storyboard ont eu lieu au studio historique de Burbank.

Après avoir sauvé sa maison de la ruine, l’exploratrice a une nouvelle mission : renouer avec différents peuples dispersés à travers l’océan par une divinité en colère contre l’humanité. Le postulat scénaristique de départ est déjà très fragile puisque cette mission fédératrice portée par Vaiana lui tombe dessus un peu par hasard au détour d’une escapade sur une île voisine. Et le film tient uniquement par la volonté pure et simple de l’exploratrice, qui, intriguée par une céramique avec des décorations reproduisant une île mystérieuse, une constellation et un groupe de personnes, en déduit (appuyée par une vision céleste et l’esprit de Tautai Vasa, dernier grand navigateur de Motunui) qu’il est nécessaire de retrouver cette île répondant au nom de Motufetù.

Vaiana a aujourd’hui 19 ans. Elle paraît un plus matûre que dans l’épisode précédent, c’est indéniable, et l’interprétation qu’en fait Auliʻi Cravalho dans la version originale le montre avec brio. Cet aspect péche un peu plus du côté de la version française avec le timbre cristallin de Cerise Calixte qui nous ramène à chaque écoute au premier film, même si la comédienne ne démérite pas dans les moments d’émotion. Si le film nous rappelle qu’il s’agit bel et bien avant tout d’une histoire centrée sur Vaiana et sa quête de l’inconnu, il ne parvient pas vraiment – sauf peut-être dans le climax – à faire évoluer le personnage tant que ça, puisque notre héroïne – qui réaffirme par ailleurs, brisant presque le quatrième mur, qu’elle n’est pas une princesse – subit davantage les événements et ne mène pas vraiment sa propre quête, celle de son destin. Les événements se succèdent, tels des épreuves herculanesques, sans que Vaiana ne tire vraiment son épingle du jeu et sans non plus la faire grandir. L’héroïne du début du film ressemble exactement à celle de la fin et c’est encore plus peinant de se dire que Vaiana ne change pas d’un iota depuis la fin du dernier film, si ce n’est qu’elle a grandi et a plus d’assurance. Mais c’est bien trop peu pour lui offrir un voyage différent du précédent, si bien qu’on en vient à comparer constamment le second film au premier. C’est d’autant plus frustrant quand on sait que Disney avait réussi à faire considérablement évoluer Elsa et Anna dans le second volet de leurs aventures… Mais voilà, le personnage reste malgré tout profondément attachant pour ce qu’il représente de courage, de témérité, de sincérité et d’amour pour son prochain. C’est sans aucun doute ce qui lui permet de garder une popularité sans égal vis-à-vis du public et cela ressent dans la salle de cinéma.

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Dans cette suite, Vaiana part aussi trop précipitamment dans sa quête pour qu’on y croit. Le montage du premier acte est atrocement hâché et précipite directement l’histoire dans une sorte de malédiction de cette fameuse île cachée par le dieu Nalo, à briser coûte que coûte. On nous explique même que la survie de son peuple est en jeu alors que jusque là, tout semblait aller très bien pour lui. C’est du moins ce qu’on nous narre dans la première chanson d’ouverture, qui permet de comprendre que le peuple Motunui est désormais prospère et n’a surtout pas besoin d’une malédiction. Mais ce peuple laisse manifestement carte blanche à Vaiana, qui porte désormais le titre de Tautai, souveraine sur terre et sur mer, un statut conféré par son père, le chef Tui (Temuera Morrison en version originale et Jean-Luc Guizonne en version française), qui n’avait pas été donné à un navigateur depuis un siècle.

De retour à Motunui ou pas…

C’est donc ainsi que démarre un peu brusquement une nouvelle expédition pleine de fougue, tout comme était lancé le premier film en 2016, peu ou prou. À ceci près que Vaiana va suivre le conseil de sa mère Sina (Nicole Scherzinger en version originale et Mareva Galanter en version française) et former un équipage à emmener avec elle. Elle demande ainsi de l’aide à Loto, Kele et Moni.

Loto est décrite comme une jeune fille d’à peine 16 ans, brillante et curieuse de nature. Elle étudie et conçoit de nouvelles embarcations avec ingéniosité. Grâce à elle, la pirogue de Vaiana et ses amis, va pouvoir voguer durant des kilomètres et affronter différents défis. C’est Rose Matafeo qui lui prête sa voix dans la version originale tandis que Melissa Berard se charge de la version française. Ce personnage est étonnamment très touchant et a une réelle utilité tout au long de l’histoire, si bien qu’on finit par s’y attacher.

Kele est une personne âgée qui passe le plus clair de son temps à labourer dans les champs, en attendant d’être à la retraite. Il a toujours une bonne raison de se plaindre et il fait partie de ces valeurs ajoutées à l’ensemble de personnages secondaires, qui apporte du relief et de la drôlerie  (il n’aime pas la mer) tout au long du voyage, tout en permettant à l’équipage de se nourrir. Sa voix originale est assurée par Dave Fane tandis que Bruno Marcil lui offre sa voix française.

On trouvera également Moni dans les nouveaux personnages secondaires. Lui aussi accompagne Vaiana dans son périple. Il est une sorte de gardien de la mémoire ancestrale du village de Motunui et relate sur les tapas (des fresques en tissu) les principaux événements qui ont marqué son peuple. Outre ses talents d’historien et de conteur, il est aussi un grand admirateur de Maui, ce qui, sans le rendre bêta, lui ajoute une couche psychologique supplémentaire, celui d’adorateur inconditionnel – une sorte de fan Disney version Maui. Et ses interventions sont pour la plupart très drôles elles aussi, sans pour autant le rendre caricatural. Hualālai Chung le double en version originale et Benoît Cauden en est la voix française.

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Ces trois nouveaux personnages, hérités du projet de série télévisée pour Disney+ intitulé Vaiana, devaient, vous vous en doutez, être bien plus approfondis que cela initialement. On aurait pu penser que leurs interventions allaient tous simplement être réduites à peau de chagrin mais finalement, leurs apparitions sont plutôt bien dosées tant d’une point de vue qualitatif (chacun a un rôle à jour et le fait de manière sérieuse quant cela s’y prête) que quantitatif (ces personnages ont tous une personnalité suffisamment accrocheuse et développée pour qu’on puisse s’y identifier). C’est probablement la bonne surprise du film !

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L’équipage est complété évidemment par Maui, seconde figure phare de la franchise animée. Toujours doublé par Dwayne Johnson en version américaine et Anthony Kavanagh en version française, le demi-dieu du vent et de la mer, « idole des hommes », a toujours son hamerçon magique qui lui permet de se métamorphoser en la créature de son choix. Dans cette suite, le personnage est toujours aussi courageux et narcissique et sa relation avec Vaiana est pour le moment toujours aussi floue, entre admiration, affection ou indifférence voire jalousie par moments. Certes, cela permet au personnage d’offrir un peu de subtilité bienvenue dans un scénario très plat, mais cela le rend toujours plus illisible aux yeux du public, et ce, jusqu’à la fin du film.

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N’oublions pas le coq maladroit et totalement barré Hei Hei de retour dans ce film, même si ses gloussements frénétiques (signés Alan Tudyk) ont beaucoup moins d’impact gagesque ici quand d’autres personnages se chargent de faire rire, à commencer par l’équipage. L’irrésistible cochon Pua accompagne sa maîtresse désormais dans ses périples. Les deux animaux assurent malgré tout des moments plus légers et disneyens dans l’aventure, qu’on octroie bien souvent aux « sidekicks ».

Des méchants au potentiel gâché

Dans Vaiana 2 interviennent non plus un mais deux méchants cette fois-ci. Tout d’abord, Vaiana, Maui et leur équipage croisent sur leur chemin une demi-déesse, Matangi (Awhimai Fraser en version originale et Ana Ka en version française) qui – à l’instar d’un Hadès dans Hercule – est prisonnière elle aussi d’un monde, entourée de chauve-souris qui sont ses seules amies, et sait groover quand cela est nécessaire avec la chanson « Invente ta Route » (« Get Lost »), qui aborde le thème de la confiance en soi à un moment du film où cela n’a pas forcément lieu d’être. Plutôt charismatique, espiègle et interessée par Vaiana, ce personnage s’avère malheureusement totalement inutile, n’étant exploité qu’avec parcimonie pour que cela ne serve finalement jamais véritablement l’histoire. Un pur et simple gâchis !

L’autre méchant de Vaiana 2 est donc le dieu Nalo, responsable des tempêtes océaniques et en profonde jalousie et aversion contre l’être humain. C’est pour cela qu’il a décidé de maudir l’île de Motufetù et l’a cachée dans une terrible tempête, privant ainsi les peuples océaniques de connexions entre eux. Là encore, si la légende peut paraître crédible telle qu’elle est relatée tout au long du film, elle retombe vite à plat et manque cruellement de substance mythologique pour la rendre intéressante. Cela se confirme d’ailleurs dans le dernier acte du film, où Nalo est réduit à l’état de force de la nature sans aucun autre perspective. On ne comprendra jamais vraiment pourquoi il voue une haine contre les hommes et s’il est finalement vaincu, ce que cela impliquerait. On parle d’une divinité qui contrôle la météo !

Parmi les autres personnages du film, on retrouve avec plaisir les pirates en noix de coco, les Kakamora. Et là c’est une belle surprise, puisque leur culture est ici plus approfondie, les rendant terriblement attachants. Pourquoi interviennent-ils à nouveau dans l’histoire ? Cela tombe encore comme un cheveu sur la soupe, la faute sûrement à un montage grossier mais ce peuple s’avère bien plus intéressant dans l’histoire, notamment grâce au fils de leur chef, Kotu, loyal envers sa tribu et prêt à tout pour les protéger.

Citons également Simea (Khaleesi Lambert-Tsuda en version originale et Charlie Dassin en version française), la petite sœur de Vaiana, personnage inédit ici. Née juste après les événements du premier film, elle rêve elle aussi d’être une grande exploratrice comme sa sœur qu’elle adore. Elle vole la vedette à tous les autres personnages à chacune de ses interventions ! Enfin, grand-mère Tala (Rachel House en version originale et Christine Delaroche en version française) est de retour dans certaines scènes clef.

Vaiana 2 garde comme leitmotiv d’honorer les cultures qu’il entend adapter sur grand écran. Et cette suite le fait peut-être de manière encore plus approfondie et respectueuse que le premier opus. On sent que tout est montré de manière la plus fidèle possible et que le monde qui nous est présenté a quelque-chose de très authentique et palpable, que ce soit dans la manière dont vivent les habitants de Motunui, dans certains rites ancestraux montrés à l’écran, dans les découvertes que fait Vaiana ou ses connexions à ses ancêtres ou sa famille ou dans certaines séquences musicales chantées en samoan ou en tokelauan. C’est profondément émouvant et cette richesse est simplement belle à regarder, rappelant à tout un chacun qu’il est important de préserver sa mémoire et son folklore.

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Une suite merveilleusement conventionnelle

Si beaucoup de nouveaux ingrédients ont été réunis pour offrir une histoire différente de la précédente, force est de constater que le scénario tourne en rond et roule des mécaniques, les mêmes utilisées en 2016. Car, plus que de s’appuyer sur le monde qu’elle a déjà exploré, la suite ressemble à un remake au coup par coup. Vaiana quitte Motunui, rencontre quelques alliés et méchants, se remet légèrement en question, puis affronte une puissante entité naturelle dans une confrontation finale. Et si le scénariste Jared Bush est de retour, les équipes de réalisation et de composition originales ne le sont pas, ce qui donne lieu à plus ou moins la même chose mais sans la fraîcheur du premier film.

Après avoir retrouvé le demi-dieu métamorphe Maui, Vaiana met les voiles vers l’île antique de Motufetù, accompagnée de ses compatriotes insulaires. Parmi les innombrables directions que Jared Bush et les réalisateurs David G. Derrick Jr., Jason Hand et Dana Ledoux Miller auraient pu prendre pour cette nouvelle aventure, ils ont choisi la solution pure et simple de facilité, celle de reproduire le scénario original avec seulement de légères variations de l’histoire. C’est d’autant plus grisant quand on sait que Vaiana 2 avait été pensé au départ comme une série bien plus longue. Au final, le découpage et le remodelage des épisodes paraît atroce au visionnage. On ressent clairement qu’on passe d’un épisode à un autre. Tout manque de liant et de spontanéité. Tout s’enchaîne et rien ne s’enchaîne car on sait déjà où va nous mener le film.

Il n’y a pas non plus beaucoup de changement visuel par rapport à ce que les réalisateurs John Musker et Ron Clements et les animateurs de Vaiana, La Légende du Bout du Monde ont accompli avec des effets aquatiques et des panoramas photoréalistes. On ne peut que se féliciter de retrouver un spectacle digne de ce nom dans des séquences d’action plus intenses, en particulier celle où le groupe affronte une tempête furieuse. On est toujours autant ébahis devant les eaux turquoises, la modélisation de la nature luxuriante, la représentation des civilisations. La beauté des décors nous rappelle à quel point Disney maîtrise son sujet artistique mais cela s’arrête là.

Car il n’y a aucune prise de risque formelle en ce qui concerne la conception des personnages ou le style d’animation. Mêmes les traditionnels passages en animation traditionnelle sonnent faux, ne faisant que rappeler que Vaiana, La Légende du Bout du Monde le faisait mieux à une époque où la 2D était réellement en voie de disparition. On pourra malgré tout évoquer une scène d’orage du premier acte un segment marquant se lançant très brièvement dans des images évocatrices et oniriques tandis que Vaiana découvre une vision sombre de l’avenir de sa civilisation. Mais c’est la seule parenthèse réellement audacieuse qui nous est offerte en 1h40.

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Plombé par un scénario creux qui ne fait pas de vagues, Vaiana 2 a une deuxième épine dans le pied à assumer. Sa direction musicale, une collection de chansons sans éclat, sans l’étincelle du « (Le) Bleu Lumière » (« How Far I’ll Go »), « Pour les Hommes » (« You’re Welcome »), « L’Explorateur » (« We Know the Way ») ou de n’importe laquelle des autres chansons créées par Lin-Manuel Miranda, Opetaia Foa’i et Mark Mancina en 2016. Même le morceau principal, « Aller Plus Loin » (« Beyond »), semble décevant de par ses paroles purement calquées sur « Le Bleu Lumière » (« How Far I’ll Go ») et sa mélodie passe-partout. Lin-Manuel Miranda a peut-être atteint un point de surexposition ces dernières années, mais son talent (rappelons qu’il est également responsable de « Ne Parlons pas de Bruno » (« We Don’t Talk About Bruno » d‘Encanto, qui a atteint le sommet des charts) est cruellement absent ici.

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Les mélodies oubliables de Vaiana 2 imaginées par Abigail Barlow et Emily Bear sont encore pires, car le film tente désespérément de rappeler les gloires musicales passées de la franchise à travers des dialogues : les personnages se demandent sans cesse jusqu’où ils iront ; à un moment donné, Maui lâche un ironique « Pour les Hommes » ou Vaiana reprend son célèbre « Je suis Vaiana » dans sa chanson principale comme un fan service qui ne dit pas son nom. Notons en revanche le joli travail réalisé sur les parties orchestrales du film par Mark Mancina et Opetaia Foaʻi, dans la continuité du premier.

Rien n’est plus rageant que de se faire constamment rappeler que Vaiana 2 est avant tout présenté comme une suite du premier film mais aussi indéniablement la préparation d’un suivant, sans jamais s’émanciper et trouver sa propre identité. La déception est donc immense car la nostalgie écrase le film et ne lui permet pas de prendre son véritable chemin ! Le film puise aussi allègrement dans des formules déjà exécutées par le passé par Disney comme Hercule (la scène musicale de Maui, « Je Vais Avoir un Chee-Hoo ? » qui évoque forcément celle de Philoctète ; le jeu de Matangi ou la dernière étape du voyage de Vaiana) ou Pirates des Caraïbes : Jusqu’au Bout du Monde (dans une scène d’action du film).

Initialement envisagé comme une série Disney+ Original avant d’être retravaillé et redirigé vers les salles de cinéma, Vaiana 2 porte les stigmates d’une conception mutilée. Son amalgame de scènes sans lien entre elles, de personnages sous-exploités et d’une absence de vision claire est particulièrement évident chez la pseudo-méchante Matangi, dont l’introduction et le renvoi rapide sont une occasion gâchée de fournir à Vaiana et à son équipe une antagoniste mémorable. Les scénaristes nous suggèrent que Matangi a une histoire avec Maui, et elle a droit à un numéro musical animé par ses chauves-souris farfelues qui lui servent de danseurs de secours volants. Mais aussi soudainement que Matangi arrive, elle disparaît, pour ne plus jamais être revue. Étant donné la façon dont Vaiana 2 nous prépare aux futures suites, peut-être la reverrons-nous un jour. En attendant, elle symbolise à elle seule le gâchis le plus total dont a été victime le projet, suite à la malencontreuse décision de Bob Iger de vouloir faire d’une série un film pour renflouer les caisses et redorer le blason du studio historique de la société.

Vers d’autres horizons…

Sachant qu’une réadaptation en prises de vues réelles de Vaiana, La Légende du Bout du Monde (avec Dwayne Johnson reprenant son rôle en chair et en os) est prévue dans moins de deux ans, l’incapacité de Vaiana 2 à raconter une histoire entièrement nouvelle avec ces personnages et ce cadre témoigne d’une maladie qui afflige beaucoup de studios comme Disney : une allergie, voire un dédain, pour l’originalité. Même si quelques scènes permettent à Vaiana 2 de limiter la casse complète, cette suite ne tient toujours pas la route.

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On aurait souhaité apprécier davantage Vaiana 2, suite vendue de manière très ambitieuse par la firme aux grandes oreilles, mais force est de constater que le Disney de Noël 2024 souffre de plusieurs défauts et ne permet pas de nous porter suffisamment vers d’autres horizons. Reste alors comme lots de consolations la beauté luxuriante des paysages, le capital sympathie des personnages, la saveur authentique qui se dégage de cette production créée avec passion et respect pour les cultures océaniques et la dose d’humour qui permet malgré tout de passer un agréable moment en famille.

Mais voilà, on en attendait bien plus avec Vaiana 2 ! La déception est double puisque ce film, même s’il n’est pas catastrophique, sort après les bides Avalonia : L’Étrange Voyage et Wish : Asha et la Bonne Étoile – qui n’auront pas su s’imposer – et parce qu’il est évidemment censé ouvrir la voie à une franchise toute aussi lucrative et créative que la saga La Reine des Neiges. Si le succès commercial sera probablement au rendez-vous avec Vaiana 2, les studios d’animation Walt Disney prouvent une fois encore qu’ils ont perdu depuis quelques temps maintenant toute leur audace créative, au mieux, en se contentant de facilités, au pire, en gâchant des univers au potentiel ô combien immense.



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