« [Walt] Disney était un rêveur et un homme d’action… tandis que nous autres parlions de l’avenir, lui, il l’a construit. Ce qu’il nous a enseigné à Disneyland sur l’aménagement des rues, les déplacements des foules, le confort, l’humanité, etc., influencera les constructeurs, les architectes et les urbanistes du siècle prochain. » déclarait Ray Bradbury. Après des années de planification, d’études et de travaux, le tout premier parc à thème de Walt Disney, Disneyland, ouvrit ses portes à 14h30 le dimanche 17 juillet 1955 à Anaheim, en Californie.
Les équipes de télévision, Art Linkletter, Ronald Reagan, Bob Cummings, les Mouseketeers, Thurl Ravenscroft, le gouverneur de Californie Goodwin J. Knight et plus de 28 000 visiteurs assistèrent à l’ouverture du rêve de Walt. Six mille invitations à l’inauguration avaient été envoyées aux employés du studio, aux ouvriers du bâtiment, à la presse et aux responsables des sponsors de l’entreprise. Diffusée sur ABC à 16h30, ce fut la plus grande retransmission en direct à ce jour. Quatre-vingt-dix millions de téléspectateurs ont suivi la couverture de l’inauguration du royaume le plus fabuleux du monde, diffusée entre 19h30 et 21h le soir-même.
Les mots
Le 17 juillet 1955, Walt Disney a lu les mots inspirants sur une plaque lors de l’inauguration officielle du parc Disneyland à Anaheim en Californie :
« À tous ceux qui viennent en ce lieu heureux — Bienvenue —
Disneyland est votre monde.
Ici, l’âge ravive les doux souvenirs du passé… et ici, vous pouvez savourer les défis et les promesses de l’avenir.
Disneyland est dédié aux idéaux, aux rêves et aux réalités qui ont façonné l’Amérique… avec l’espoir qu’il sera une source de joie et d’inspiration pour le monde entier. »
6h00 : L’aube d’un rêve
Alors que le soleil effleure l’horizon, les portes de Disneyland frémissent d’anticipation. Les équipes s’activent dans l’ombre, finalisant les derniers détails. Walt Disney, le cœur battant de ce projet, parcourt le parc, son regard brillant d’un mélange d’excitation et de nervosité. Les attractions, encore vierges de rires, attendent leurs premiers visiteurs. Main Street, U.S.A., scintille sous la lumière matinale, ses vitrines impeccables prêtes à raconter des histoires.
8h00 : Les premières âmes arrivent
Les grilles s’ouvrent, et une foule impatiente s’élance. Près de 28 154 visiteurs, bien plus que les 15 000 invités attendus, affluent vers ce monde nouveau. Les billets, vendus à un dollar pour les adultes et 50 cents pour les enfants, sont des sésames pour l’aventure. Des familles, des curieux, des célébrités comme Frank Sinatra et Sammy Davis Jr. se pressent, émerveillés par l’entrée ornée du Sleeping Beauty Castle – l’emblème du parc, bien que celui-ci ne soit pas encore pleinement achevé.
10h00 : Une cérémonie mémorable
À 10 heures, la cérémonie d’ouverture, retransmise en direct sur la chaîne ABC, débute sous un soleil éclatant. Walt Disney, entouré de dignitaires comme le gouverneur de Californie Goodwin Knight, prononce un discours empreint de cœur : « À tous ceux qui viennent dans ce lieu heureux, bienvenue. Disneyland est votre pays. » La parade inaugurale s’élance, avec des fanfares et des chars colorés, tandis que des colombes blanches s’envolent, symboles de paix et d’espoir. Art Linkletter, Bob Cummings et Ronald Reagan animent l’événement, capturant l’attention de 90 millions de téléspectateurs à travers les États-Unis.
12h00 : Les premières aventures
Le parc s’anime. Cinq Lands, 26 attractions (18 officiellement). À Adventureland, la Jungle Cruise emmène les visiteurs dans une expédition exotique, malgré quelques problèmes techniques : les bateaux, encore capricieux, s’enlisent parfois. À Frontierland, le Mark Twain Riverboat vogue fièrement sur les Rivers of America, transportant 500 passagers par heure. À Fantasyland, les enfants s’émerveillent devant le King Arthur Carrousel et la Mad Tea Party, tandis que Tomorrowland dévoile ses visions futuristes avec la Rocket to the Moon bien qu’elle n’ouvrira pas avant le 22 juillet du mois.
14h00 : Les défis du « Black Sunday »
Surnommé « Black Sunday » par les équipes, ce jour n’est pas sans heurts. La chaleur écrasante de juillet fait fondre l’asphalte fraîchement coulé sur Main Street, piégeant les talons des dames. Les fontaines à eau, en grève, laissent les visiteurs assoiffés, et les restaurants, débordés, peinent à servir. Les attractions, encore en rodage, connaissent des pannes : Dumbo Flying Elephants n’ouvrira pas avant le 16 août finalement et le Casey Jr. Circus Train toussote, mais l’enthousiasme des visiteurs reste intact. La journée fut également plombée par des embouteillages et même une fuite de gaz à Fantasyland ! Pendant l’événement, Walt Disney ignorait tout de ce qui se passait. Son attention était captivée par la diffusion en direct de Dateline Disneyland. Ce n’est que le lendemain qu’il apprit ce qui s’était passé grâce à la presse.
16h00 : La magie opère
Malgré les imprévus, la magie de Disneyland triomphe. Les enfants rient aux éclats sur les tasses tournantes de la Mad Tea Party. À Fantasyland, Peter Pan’s Flight transporte les visiteurs au-dessus d’un Londres étoilé, tandis que Snow White’s Adventures offre des frissons délicieux. Les files d’attente s’allongent, mais les sourires s’élargissent. Walt, observant la foule, murmure à son frère Roy : « Ça fonctionne. »
18h00 : Une parade éclatante
En fin d’après-midi, la première grande parade défile sur Main Street, U.S.A. Les chars de la Grand Opening Parade, ornés de personnages Disney, captivent les spectateurs. Mickey Mouse, Minnie et leurs amis saluent la foule, tandis que les fanfares jouent des mélodies entraînantes. Les visiteurs, épuisés mais enchantés, prennent des photos, gravant ces instants dans leurs mémoires. Les Mouseketeers ont été présentés au public pour la première fois lors du concert. Les 24 membres ont participé à la parade inaugurale et ont été mis en vedette avec leur propre numéro musical.
20h00 : La nuit tombe, la magie persiste
Alors que le crépuscule enveloppe le parc, les lumières s’allument, transformant Disneyland en un tableau féerique. Le Sleeping Beauty Castle brille, bien que sa construction ne soit pas encore terminée. Les visiteurs, encore nombreux, explorent les boutiques de Main Street, emportant des souvenirs : chapeaux de Davy Crockett, ballons colorés, et rêves à foison.
22h00 : Une promesse pour l’avenir
À l’heure de la fermeture, Disneyland a déjà marqué l’histoire. Malgré les défis logistiques, les pannes et la surpopulation, le parc a accueilli plus de 28 000 âmes, chacune repartant avec un morceau de magie. Walt Disney, épuisé mais comblé, sait que ce n’est que le début. Disneyland, né d’un rêve, est désormais une réalité, un lieu où les générations futures viendront écrire leurs propres souvenirs.
Et ainsi, sous les étoiles d’Anaheim, le 17 juillet 1955 s’achève, laissant derrière lui un héritage intemporel. Disneyland, tel un phare dans la nuit, continuera d’illuminer les cœurs, d’heure en heure, de jour en jour, pour des décennies à venir. Le parc a officiellement ouvert au grand public le lendemain, 18 juillet. À 2 heures du matin, les gens faisaient déjà la queue devant les portes du parc. Le premier à acheter un billet et à entrer dans le parc fut David MacPherson. Il obtint le billet d’entrée numéro deux, Roy O. Disney ayant pré-acheté le billet numéro un.
Walt et son équipe ont immédiatement pris les mesures nécessaires pour faire face aux problèmes de faible capacité des attractions, de circulation dense, d’embouteillages et de lenteur de la restauration. La presse a été invitée à revenir pour une deuxième journée privée afin de découvrir le véritable Disneyland.
Attractions, restaurants et boutiques le jour-J
« Je pense que ce que je souhaite avant tout, c’est que Disneyland soit un endroit heureux, un endroit où adultes et enfants peuvent découvrir ensemble les merveilles de la vie, de l’aventure, et se sentir mieux grâce à cela. » – Walt Disney
Le 17 juillet 1955, Disneyland s’ouvre comme une tapisserie vivante, tissée de cinq Lands distincts, chacun accessible depuis le hub central, une place circulaire autour du château d’Aurore. Main Street, U.S.A., sert de portail d’entrée, accueillant les visiteurs dans une ambiance chaleureuse avant de les guider vers les quatre autres royaumes : Adventureland, Frontierland, Fantasyland et Tomorrowland. Cette structure en étoile, appelée le « hub-and-spoke », permet aux visiteurs de s’orienter intuitivement, chaque chemin menant à une nouvelle aventure. Les visiteurs, émerveillés, abordent le parc en flânant d’un Land à l’autre, attirés par les couleurs, les sons et les promesses d’histoires uniques.
« Main Street, U.S.A., c’est l’Amérique du début du siècle – le carrefour d’une époque. Les lampadaires à gaz et les lampes électriques, la voiture hippomobile et l’automobile. Main Street est la ville natale de chacun… le cœur de l’Amérique. » – Walt Disney
Main Street, U.S.A. est une ode à l’Amérique du début du XXe siècle, inspirée de la ville d’enfance de Walt Disney, Marceline dans le Missouri. Ses bâtiments victoriens aux façades pastel, ses vitrines débordantes de détails et ses réverbères à gaz évoquent une nostalgie douce-amère. Les boutiques vendent des bonbons, des chapeaux de Davy Crockett et des souvenirs, tandis que le parfum du pop-corn flotte dans l’air. Le Disneyland Railroad, une locomotive à vapeur, encercle le parc, offrant une première vue d’ensemble. Les visiteurs entrent par Main Street, immédiatement enveloppés par une musique entraînante et l’éclat des vitrines. C’est un passage obligé, un sas entre le monde réel et la magie. En 1955, malgré l’asphalte fondant sous la chaleur, les familles s’attardent, prennent des photos devant le château et s’imprègnent de l’atmosphère, hésitant entre explorer immédiatement ou savourer cette première impression.
TOWN SQUARE
City Hall
Fire Department
Plaza Pavilion Restaurant
MAIN STREET USA
Bank of America
Camera Center
Carnation Ice Cream Parlor
Coca-Cola Refreshment Corner
Emporium
Horse-Drawn Fire Wagon
Horse-Drawn Street Cars
Horse-Drawn Surreys
Main Street Cinema
Main Street Penny Arcade
Ruggles China and Glass House
Story Book Shop
Intimate Apparel Shop
Santa Fe / Disneyland Railroad (avec deux trains : #1 C.K. Holliday & #2 E.P. Ripley)
« Voici l’aventure, le romantisme, le mystère. Des rivières tropicales coulant silencieusement vers l’inconnu, la splendeur incroyable des fleurs exotiques, les sons étranges de la jungle, avec des yeux toujours attentifs… c’est Adventureland. » – Walt Disney
Adventureland transporte les visiteurs dans un monde de jungles luxuriantes et de contrées lointaines. Inspiré des films d’aventure et des récits coloniaux, ce Land mêle des influences africaines, polynésiennes et asiatiques. La Jungle Cruise, attraction phare, emmène les explorateurs sur des rivières bordées de végétation dense, d’animatroniques d’animaux et d’humour des skippers, malgré quelques problèmes techniques le jour de l’ouverture. Les aventuriers audacieux s’engagent dans les sentiers ombragés d’Adventureland, attirés par les tambours lointains et les cris d’animaux. En 1955, les visiteurs, curieux de découvrir des terres « exotiques », se pressent pour embarquer sur la Jungle Cruise, riant des anecdotes des skippers tout en admirant les décors immersifs, même lorsque les bateaux s’enlisent.
ADVENTURELAND
Jungle Cruise (avec deux bateaux : le Ganges Gal et le Congo Queen)
Red Wagon Inn
« Ici, nous découvrons l’histoire du passé de notre pays… le drame coloré de l’Amérique frontalière à l’époque passionnante du chariot couvert et de la diligence, l’avènement du chemin de fer et du romantique bateau fluvial. Frontierland est un hommage à la foi, au courage et à l’ingéniosité des pionniers qui ont ouvert la voie à travers l’Amérique. » – Walt Disney
Frontierland célèbre l’Ouest américain, avec ses paysages sauvages et ses légendes de pionniers. Les Rivers of America dominent le Land, bordées par le majestueux Mark Twain Riverboat, capable de transporter 500 passagers par heure. Des tipis, des forts en bois et des références à Davy Crockett capturent l’imaginaire de la frontière. Les visiteurs peuvent également explorer des sentiers ou assister à des spectacles de saloon. Les familles et les amateurs d’histoire s’aventurent ici, fascinés par l’ambiance de saloon et les vues panoramiques depuis le bateau. En 1955, le Mark Twain Riverboat est une attraction prisée, offrant une pause paisible après l’agitation de l’ouverture. Les enfants, coiffés de chapeaux de trappeur, s’imaginent en héros de l’Ouest, courant le long des rives.
FRONTIERLAND
Chicken Plantation Restaurant
Davy Crockett Frontier Museum
Frontier Trading Post
Golden Horseshoe Revue at Slue Foot Sue’s Golden Horseshoe Saloon
Mark Twain Steamboat
Mule Pack
Miniature Horse Corral
Stage Coaches & Wagons
The Indian Village
« Voici le monde de l’imagination, des espoirs et des rêves. Dans ce pays d’enchantement intemporel, l’âge de la chevalerie, de la magie et de l’imaginaire renaît, et les contes de fées deviennent réalité. Fantasyland est dédié aux jeunes d’esprit, à ceux qui croient qu’en faisant un vœu sur une étoile, leurs rêves se réalisent. » – Walt Disney
Niché derrière le Sleeping Beauty Castle, encore inachevé en 1955, Fantasyland est le cœur de la magie Disney. Ce Land donne vie aux contes de fées avec des attractions comme Peter Pan’s Flight, où les visiteurs survolent Londres, Snow White’s Adventures, et le King Arthur Carrousel, tournoyant sous un dais coloré. La Mad Tea Party, avec ses tasses virevoltantes, ajoute une touche d’espièglerie. Les familles, en particulier les enfants, affluent vers Fantasyland, attirées par la silhouette du château. En 1955, les rires éclatent alors que les tasses tournent et que les visiteurs s’envolent avec Peter Pan. Malgré les pannes occasionnelles, l’enthousiasme des jeunes visiteurs transforme chaque attraction en un moment inoubliable.
FANTASYLAND
Canal Boats of the World
King Arthur Carrousel
Mad Tea Party
Merlin’s Magic Shop
Mr. Toad’s Wild Ride
Peter Pan’s Flight
Snow White’s Adventures
« Tomorrowland… un aperçu d’un monde d’idées merveilleuses, symbole des réalisations humaines… un pas vers l’avenir, porteur de promesses constructives. Demain offre de nouvelles frontières à la science, à l’aventure et aux idéaux… le défi de l’espace et l’espoir d’un monde pacifique et unifié. » – Walt Disney
Tomorrowland incarne la vision optimiste de Walt Disney pour le futur, mêlant science et imagination. En 1955, ce Land est encore en construction, mais des attractions comme Rocket to the Moon, simulant un voyage spatial, captivent les esprits. Les décors futuristes, avec des fusées argentées et des structures modernes, contrastent avec la nostalgie des autres Lands. Les curieux et les rêveurs de science-fiction se dirigent vers Tomorrowland, fascinés par ses promesses d’exploration spatiale. En 1955, malgré les attractions limitées, le Land attire les foules, offrant une vision audacieuse d’un avenir accessible. Les visiteurs, émerveillés, contemplent les fusées en rêvant d’étoiles.
TOMORROWLAND
Tomorrowland Autopia
Circarama, U. S. A. (film : A Tour of the West)
Monsanto Hall of Chemistry
The World Beneath Us
Space Station X-1
The Hall of Aluminum Fame
Art Corner
Space Bar
Yacht Club
Ils ont fait l’ouverture
Bob Penfield, 18 ans, pilotait le carrousel ce jour-là. Il était censé piloter Peter Pan’s Flight, mais l’attraction tombait sans cesse en panne. « Le jour de l’ouverture, je me souviens d’avoir été King Arthur Carrousel quand ils ont abaissé le pont-levis pour la première fois et que tous les enfants ont traversé en courant. » Penfield est devenu le Cast Member le plus ancien de l’histoire de Disneyland !
Charlie Ridgway, journaliste au Los Angeles Mirror-News, couvrait l’ouverture de Disneyland par cette chaude journée de juillet. Il a ensuite travaillé pour Disney comme attaché de presse avant de s’installer à Orlando, en Floride, pour diriger le service des relations publiques de Disney pendant trente ans.
Ron Dominguez, membre du personnel, travaillait comme guichetier à l’entrée principale de Disneyland. « J’étais guichetier. Le jour de l’ouverture était chargé. On avait prévu d’inviter les gens à des heures différentes pour répartir les arrivées. Mais ça n’a pas marché. Tout le monde voulait venir tôt pour admirer les étoiles. » Il a passé toute sa carrière au parc, devenant finalement un cadre supérieur (entre 1971 et 1994). Ironiquement, il a grandi dans l’une des orangeraies d’Anaheim, rachetées plus tard par Disney pour son parc à thèmes. La maison familiale des Dominguez était située juste à l’entrée de Pirates of the Caribbean !
Bonnie Williams, 9 ans, était l’une des invitées du jour de l’ouverture, car le groupe de jeunes de son église était invité. Elle a été parmi les premiers enfants à franchir le pont-levis pour entrer dans Fantasyland et faire un tour sur les attractions de Disneyland ! « Je me souviens avoir vu Walt », raconte-t-elle. « Il ressemblait à un géant. Je lui ai dit : “Je t’ai vu à la télé !” La journée a été magique. Je me suis sentie comme une vraie princesse. »
Le jeune Robb Fischle fut l’un des premiers enfants à courir dans le Sleeping Beauty Castle. Il fut également l’un des premiers à découvrir Mr. Toad Wild Ride. À partir de 1972, il travailla à Disneyland et est aujourd’hui agent de sécurité du parc !
Tom Nabbe, un jeune garçon de 12 ans aux cheveux roux, a également visité Disneyland. Tom et sa mère se tenaient devant l’entrée du parc pour demander des autographes aux stars hollywoodiennes de passage. Ils ont aperçu l’artiste Danny Thomas sortir et la mère de Tom lui a demandé un autographe. Au moment de signer, il lui a demandé : « Êtes-vous déjà allée au parc ? » Apprenant qu’elle n’y était pas allée, Thomas lui a offert deux entrées gratuites supplémentaires ! Tom et sa mère sont devenus les invités de Danny Thomas ! Deux jours plus tard, Tom a décroché un emploi de « vendeur de journaux », colportant le Disneyland News sur Main Street. En 1956, Nabbe est devenu le premier Tom Sawyer du parc et, en 1971, il est devenu directeur du monorail de Walt Disney World Resort !
Harrison « Buzz » Price, consultant chez Disney, qui avait choisi quelques années plus tôt la ville agricole d’Anaheim, alors endormie, pour accueillir Disneyland, était présent le jour de l’ouverture. « J’étais sur le pont qui menait au Sleeping Beauty Castle, et il y avait foule. On ne pouvait pas bouger et l’asphalte était collant. J’ai baissé les yeux et j’ai vu Frank Sinatra, qui jurait. »
L’acteur Fess Parker, connu en 1955 sous le nom de Davy Crockett à la télévision, a mené le défilé du jour d’ouverture, habillé comme le célèbre pionnier et monté sur un cheval ! « Il y avait tellement de monde que je ne pouvais pas voir le parc ! » a-t-il expliqué plus tard.
Jack Lindquist, futur président de Disneyland, était présent le jour de l’ouverture… mais en tant qu’invité. Il travaillait pour une agence de publicité et l’un de ses clients, Kelvinator (une entreprise d’électroménager), l’avait invité. « C’était bondé, il faisait 40 °C, je crois. Je ne sais pas, mais il faisait très chaud. Mais la circulation n’était pas un problème, ils avaient un excellent système de gestion de la circulation. La circulation arrivait directement sur le parking, puis tout s’est arrêté. Il y avait des tickets indiquant l’entrée à 13h. Or, ceux qui avaient des tickets indiquant 8h, 9h, 10h ne sortaient pas. Ils ajoutaient juste des entrées, et personne ne sortait. »
Imaginez qu’Harriett Burns, la première femme jamais embauchée par Walt Disney à un poste créatif plutôt que administratif, était également présente le 17 juillet. « Oh, le stress ! Oh mon Dieu ! On nous a tous assigné des places différentes… chacun au studio. Ils ne voulaient pas que tout le monde soit au même endroit. Ils pensaient qu’on serait espacés et qu’on « accueillerait » les invités dans des zones différentes. Mais c’était tellement stressant. Ils avaient des faux billets, il y avait une foule de gens et on sentait une température de 43 degrés. L’asphalte fondait, toutes les femmes portaient des talons et les miens s’enfonçaient dans l’asphalte. C’était une journée caniculaire. »
Firehouse Five Plus Two, un groupe de jazz Dixieland composé d’employés des studios Disney et dirigé par l’animateur Ward Kimball, s’est produit à la caserne des pompiers de Main Street pour la cérémonie d’ouverture. Le groupe, composé de Harper Goff, Danny Alguire, Clarke Mallery, Monte Mountjoy, Ed Penner et Frank Thomas, a ensuite joué lors de l’inauguration de Frontierland. « Walt nous a dit de flâner dans le parc et de jouer partout où il y avait du monde. Nous étions le premier groupe mobile à Disneyland ! » – Ward Kimball
Le jeune Martin Gushwa a également visité le parc lors de cette journée historique. « J’étais l’un des enfants qui ont traversé le pont en courant, puis le château, le jour de l’ouverture du parc », se souvient Marty avec joie. Après le lycée et pendant ses études, il a travaillé dans les restaurants du Disneyland Hotel. « Après avoir fondé une famille avec ma femme, nous avons commencé à acheter des pass annuels et à emmener les filles au parc tous les dimanches après la messe. Ma fille aînée a ensuite travaillé aux Disney Kids Clubs et a également travaillé pour un contrat sur l’un des navires de croisière Disney. Il y a quelques années, nous avons acheté le coffret DVD de l’ouverture du parc. Je jure que je peux me retrouver dans le groupe d’enfants sur le pont.
Homer Holland, Cast Member d’origine s’est souvenu : « Le jour de l’ouverture ? C’était merveilleux ! Je chargeais des bateaux de Jungle Cruise et le fil du micro de Bob Cummings n’arrêtait pas de s’enrouler autour de mon cou ! J’étais censé travailler sur le Mark Twain, mais ils n’avaient pas mon uniforme le jour de l’ouverture. Eh bien, le Mark Twain avait trop d’opérateurs et la Jungle n’en avait pas assez, alors je suis allé sur cette attraction pendant un an. Il n’y avait pas de micros sur les bateaux à l’époque et on criait à s’enrouer avec un mégaphone. Je n’aimais pas faire de discours, alors ils m’ont envoyé dans les stands de tir pendant dix ans. J’ai fait payer Walt Disney pour le stand de tir. Oui. Bien sûr. C’est la règle… pas différent pour lui comme pour les autres ! Walt voulait que tout soit parfait. Il avait l’esprit ouvert et demandait conseil aux opérateurs en leur disant : ‘Comment pouvez-vous vous améliorer ?’ Il adorait les enfants. »
Sharon Baird, ancienne membre du The Mickey Mouse Club s’est remémorée cette journée : « Le jour de l’ouverture de Disneyland, nous (les Mouseketters) étions dans l’appartement privé de Walt Disney, au-dessus de la caserne des pompiers de Main Street, lorsque les portes du parc se sont ouvertes pour la première fois. J’étais debout à côté de lui, à la fenêtre, à regarder les visiteurs affluer. Quand j’ai levé les yeux vers lui, il avait les mains derrière le dos, un sourire jusqu’aux oreilles. J’ai vu une boule dans sa gorge et une larme couler sur sa joue. Il avait réalisé son rêve. Je n’avais que douze ans à l’époque, donc cela ne signifiait pas grand-chose pour moi. Mais au fil des ans, cette image de lui devint de plus en plus attachante. »
Parmi les célébrités qui ont visité Disneyland ce jour-là figuraient Frank Sinatra, Jerry Lewis, Sammy Davis Jr., Danny Thomas, Debbie Reynolds et Eddie Fisher.
« Disneyland continuera de se développer, de s’agrandir et d’ajouter de nouvelles choses… de nouvelles façons de s’amuser, d’apprendre et de partager les nombreuses aventures passionnantes que l’on peut vivre ici en famille et entre amis. » – Walt Disney






















