Dans un contexte économique mondial marqué par des incertitudes persistantes, des fluctuations monétaires et une concurrence accrue dans le secteur du divertissement, The Walt Disney Company a dévoilé ce jeudi 13 novembre ses résultats pour le quatrième trimestre (Q4) et l’année fiscale complète 2025 lors d’un appel aux investisseurs animé par Bob Iger, son PDG, et Hugh Johnston, son directeur financier récemment conforté dans ses fonctions. Ces chiffres, issus du rapport officiel des résultats fiscaux, révèlent un bilan mitigé : un bénéfice par action ajusté surpassant les attentes à 1,11 dollar (contre 1,05 dollar anticipé), mais un chiffre d’affaires trimestriel légèrement en deçà des prévisions à 22,5 milliards de dollars (contre 22,75 milliards attendus). Sur l’année entière, les revenus ont progressé de 3 %, atteignant 94,4 milliards de dollars contre 91,4 milliards en 2024.
Au-delà de ces métriques globales, cet appel a été l’occasion pour Iger de esquisser une ambition stratégique audacieuse : repositionner Disney+ non plus comme une simple plateforme de vidéo à la demande, mais comme un « portail vers tout l’univers Disney« , intégrant intelligence artificielle, contenu généré par les utilisateurs, éléments de gaming et opportunités commerciales croisées. Cette vision, ancrée dans les réalités opérationnelles de l’entreprise, pourrait marquer un tournant dans l’industrie du streaming, où la concurrence fait rage entre géants comme Netflix, Amazon Prime Video et les nouveaux entrants.
Disséquons ces performances division par division…
Une croissance modérée dans un environnement complexe
Pour le quatrième trimestre fiscal 2025, The Walt Disney Company a annoncé un bénéfice par action (EPS) ajusté de 1,11 dollar, un résultat qui dépasse les prévisions consensuelles des analystes fixées à 1,05 dollar. Cet EPS ajusté, qui exclut certains éléments non récurrents comme les amortissements et les restructurations, reflète une maîtrise accrue des coûts opérationnels, une optimisation des marges dans les segments clés et une contribution accrue des revenus récurrents comme les abonnements streaming et les licences. En revanche, le chiffre d’affaires trimestriel s’est établi à 22,5 milliards de dollars, manquant de justesse les 22,75 milliards attendus par le marché. Cette légère déception peut être attribuée à des facteurs externes tels que des fluctuations monétaires internationales et une concurrence accrue dans le secteur du divertissement, mais aussi à des investissements stratégiques en cours qui pèsent temporairement sur les revenus immédiats, comme les dépenses en contenu et en technologie IA.

Sur l’ensemble de l’année fiscale 2025, les revenus globaux de Disney ont enregistré une progression de 3 %, passant de 91,4 milliards de dollars en 2024 à 94,4 milliards de dollars. Cette croissance, bien que modeste comparée aux années de boom post-pandémie, démontre une résilience remarquable, avec des hausses notables dans les segments :
- Entertainment (hausse de 3 % à 42,5 milliards),
- Experiences (hausse de 6 % à 36,2 milliards),
- compensant une stabilité dans Sports (stable à 17,7 milliards).
Le bénéfice avant impôts a bondi de 59 % à 12,0 milliards de dollars, tandis que le bénéfice d’exploitation total des segments a augmenté de 12 % à 17,6 milliards. Le « cash flow » (flux de trésorerie) opérationnel a progressé de 30 % à 18,1 milliards, et le « free cash flow » de 18 % à 10,1 milliards, illustrant une génération de liquidités solide malgré des investissements capitaux de 9 milliards (en hausse). Bob Iger, lors de l’appel, a insisté sur la diversité des sources de revenus de l’entreprise, qu’il qualifie de « flywheel » – un cercle vertueux où les succès dans un domaine alimentent les autres.

Pour illustrer ce mécanisme, Iger a pris l’exemple emblématique de Lilo & Stitch : ce remake en prises de vues réelles n’a pas seulement été le film hollywoodien le plus rentable au box-office mondial en 2025, mais il a également généré 14,3 millions de vues sur Disney+ en seulement cinq jours, marquant le deuxième meilleur lancement pour un film live-action sur la plateforme. Au-delà du streaming, ce succès s’est traduit par une explosion des ventes de produits dérivés centrés sur le personnage de Stitch, avec un chiffre d’affaires dépassant les 4 milliards de dollars pour cette licence seule. Cela a contribué à une hausse de 14 % des revenus d’exploitation du segment Consumer Products par rapport au trimestre correspondant de l’année précédente, atteignant 583 millions de dollars au T4. Iger a posé une question provocante aux investisseurs : « Wall Street finira-t-elle un jour par reconnaître que Disney est un générateur de cash à travers une multitude de businesses interconnectés ? » Cette interrogation souligne un décalage perçu entre la valorisation boursière de l’entreprise et sa capacité réelle à monétiser son écosystème intégré, avec un EPS dilué annuel de 6,85 dollars (en hausse de 152 % par rapport à 2024).
Disney Experiences : parc, croisières et marchandise en pleine expansion
La branche Disney Experiences, qui regroupe les parcs à thèmes, les établissements hôteliers, les croisières, les expériences immersives et les produits de consommation (marchandise), continue d’être un moteur de croissance fiable pour l’entreprise, représentant près de 38 % des revenus annuels. Au quatrième trimestre, les revenus de cette division ont augmenté de 6 % pour s’établir à 8,8 milliards de dollars (contre 8,2 milliards en T4 2024), tandis que les revenus d’exploitation ont progressé de 13 % à 1,9 milliard de dollars. Sur l’année entière, les revenus ont crû de 6 % à 36,2 milliards, et les revenus d’exploitation ont atteint un record de 10,0 milliards, en hausse de 8 % (723 millions supplémentaires). Cette performance solide s’appuie sur une demande touristique soutenue, des investissements en nouvelles attractions et une stratégie de tarification dynamique qui permet de maximiser les marges sans aliéner les visiteurs.
En décomposant par sous-segments, les parcs et expériences domestiques – principalement Walt Disney World Resort en Floride et Disneyland Resort en Californie – ont vu leurs revenus grimper de 6 % à 5,9 milliards de dollars au T4, avec des revenus d’exploitation en hausse de 9 % à 920 millions. Cette croissance est attribuable à une affluence record lors d’événements saisonniers comme Halloween Time, ainsi qu’à l’impact positif de nouvelles expériences. Hugh Johnston a noté que les réservations pour le premier trimestre 2026 sont en hausse de 3 %, signalant une confiance dans la poursuite de cette tendance. Il a également abordé la concurrence locale, notamment l’ouverture d’Epic Universe par Universal en Floride, en indiquant que les prévisions internes intègrent déjà cet impact, qui semble affecter davantage les autres acteurs du marché que Disney World lui-même. Les parcs américains bénéficient en outre d’une intégration croissante avec les autres divisions, comme les promotions liées à des films ou séries Disney+ qui incitent les abonnés à visiter les parcs, boostant ainsi les dépenses par visiteur.

Du côté international, les parcs et expériences ont enregistré une croissance encore plus marquée, avec une augmentation de 10 % des revenus à 1,7 milliard de dollars au T4, et une hausse de 25 % des revenus d’exploitation à 375 millions. Cette dynamique est portée par une reprise vigoureuse en Asie et en Europe. Selon le rapport officiel, cette croissance est « principalement due à l’augmentation à Disneyland Paris, résultant d’une croissance en volume (hausse de la fréquentation), d’une augmentation des dépenses par visiteur et de nouvelles offres pour les clients ». Disneyland Paris émerge ainsi comme la destination Disney internationale la plus florissante pour ce T4, avec une performance record impliquée par ces facteurs : une affluence accrue ces derniers mois et des dépenses moyennes par visiteur en hausse (touchant les restaurants, les séjours ou encore la marchandise), et l’introduction de nouveautés qui fidélisent les familles européennes. En comparaison, bien que Shanghai Disney Resort et Hong Kong Disneyland Resort contribuent aussi à cet essor de cette sub-division, ils ne sont pas spécifiquement mis en avant dans le rapport pour des croissances individuelles, soulignant le rôle pivot de Paris dans la performance internationale.
Un focus particulier mérite d’être accordé à Disney Cruise Line, intégré dans les expériences domestiques mais avec une portée globale. Johnston a qualifié ce business de « très attractif », avec des marges élevées, mais soutenues par des taux d’occupation stables malgré l’ajout de nouveaux navires à la flotte (comme le Disney Treasure). Au T4, la croissance des revenus d’exploitation domestiques est en partie due à « l’augmentation pour Disney Cruise Line résultant d’une hausse des jours de croisière pour passagers », compensant des coûts plus élevés liés à l’expansion de la flotte. Cette division croisières domine son marché, avec des itinéraires thématiques intégrant des éléments de franchises Disney, Pixar ou Marvel, créant une expérience immersive qui fidélise les familles. Sur l’année, les scores de satisfaction client y sont les plus élevés de l’entreprise, permettant une tarification premium et une demande forte pour les nouvelles croisières thématiques.
Enfin, le sous-segment Consumer Products (marchandise) a vu ses revenus augmenter de 3 % à 1,2 milliard de dollars au T4, avec des revenus d’exploitation en hausse de 14 % à 583 millions. Cette performance est tirée par « une hausse des revenus de licences », notamment grâce à des succès comme Stitch (dépassant 4 milliards en ventes globales) et d’autres franchises. Le secteur de la marchandise bénéficie du fameux « flywheel » dont parle Iger, où les hits cinématographiques ou streaming boostent les ventes de jouets, vêtements et accessoires.
Au total, Disney Experiences illustre parfaitement le modèle économique de Disney : des investissements à long terme en capital (environ 9 milliards annuels, incluant des expansions comme le Disney Adventure et Destiny pour les croisières) qui génèrent des revenus récurrents et des synergies avec les contenus médiatiques, avec une guidance pour 2026 prévoyant une croissance élevée des revenus d’exploitation, pondérée vers la seconde moitié de l’année, malgré 160 millions de dépenses avant l’ouverture du nouvel exercice.
Streaming et médias : abonnés en hausse et succès télévisuels
Le pôle streaming, cœur de la transformation numérique de Disney et représentant le segment Direct-to-Consumer (DTC) au sein de la branche Entertainment, a affiché une vitalité encourageante. Disney+ et Hulu combinés atteignent désormais 196 millions d’abonnés au T4 (en hausse de 12,4 millions par rapport au T3 2025), avec Disney+ seul à 132 millions (dont 131,6 millions pour la plateforme pure – excluant les variantes comme feu Disney+ Hotstar – et un gain net de 3,8 millions). Aux États-Unis, Disney+ compte 59,3 millions d’abonnés (hausse de 3 % par rapport au T3), et dans le reste du monde 72,4 millions (hausse de 4 %). Hulu totalise 64,1 millions d’abonnés, dont 59,7 millions pour SVOD Only (hausse de 17 %) et 4,4 millions pour Live TV + SVOD (hausse de 2 %). Les revenus DTC au T4 s’établissent à 6,2 milliards (hausse de 8 %, net d’un impact négatif de 2 points de pourcentage dû à l’inclusion de Disney+ Hotstar en 2024), avec un bénéfice d’exploitation de 352 millions (hausse de 99 millions). Sur l’année, les revenus DTC grimpent de 8 % à 24,6 milliards, et le bénéfice d’exploitation bondit de plus de 100 % à 1,3 milliard.
L’ARPU (revenu moyen par abonné payant) pour Disney+ est globalement de 8,04 dollars au T4 (hausse de 2 % par rapport au T3), avec un chiffre stable sur le sol américain de 8,09 dollars (hausse des revenus publicitaires compensant des mixes d’abonnés) et une hausse de 4 % à 8,00 dollars à l’international (de 7,67 dollars, grâce à des effets de change et une meilleure segmentation). Pour Hulu, l’ARPU SVOD Only baisse de 2 % à 12,20 dollars, et Live TV + SVOD à 100,02 dollars (légère baisse). Disney a toutefois annoncé que ces métriques d’abonnés ne seront plus publiées de manière détaillée à l’avenir, sauf modification.
Sur le plan des contenus, Iger a mis en avant plusieurs succès :
- Alien : Earth a réalisé le plus grand lancement de série FX sur Disney+ et Hulu,
- High Potential est devenue la série originale broadcast numéro un toutes plateformes confondues,
- Tempest constitue le hit global coréen du moment démontrant la portée internationale de la plateforme.
Dans le domaine télévisuel traditionnel, inclus dans Linear Networks (revenus T4 à 2,1 milliards, baisse de 16 % ; bénéfice d’exploitation à 391 millions, baisse de 21 %), la saison 34 de Dancing with the Stars sur ABC a réalisé un exploit historique : c’est la seule émission automnale à avoir augmenté son audience totale sur six semaines consécutives après sa première, une première depuis le début des mesures électroniques Nielsen en 1991. Cela souligne la puissance persistante des chaînes linéaires comme ABC dans un paysage dominé par le streaming, particulièrement pour les contenus live qui favorisent l’engagement communautaire. Les réseaux domestiques ont souffert d’une baisse des revenus publicitaires due à une diminution de l’audience et un impact négatif de 40 millions sur la publicité politique, tandis que les internationaux ont été affectés par la transaction Star India (perte de 84 millions de contribution en 2024). Sur l’année, Linear Networks voient leurs revenus baisser de 12 % à 9,4 milliards, et le bénéfice de 14 % à 2,0 milliards.

Le programme à venir est tout aussi prometteur, avec des séries comme la saison 2 de Paradise, la suite de La Vie Secrète des Épouses Mormones, la saison 2 de Percy Jackson et les Olympiens (seul original pur Disney+ dans la liste, impacté par l’intégration Hulu qui réduit le nombre d’originaux exclusifs), American Idol et le reboot de Scrubs (entre autres). Iger s’attend à une forte performance de Percy Jackson, boostée par des algorithmes de recommandation améliorés qui personnalisent l’expérience utilisateur. Ces éléments renforcent la position de Disney dans les médias, où les chaînes comme ABC et FX servent de tremplin pour le streaming, avec une guidance pour 2026 prévoyant une croissance du bénéfice d’exploitation Entertainment, malgré un impact négatif de 400 millions au T1 sur le secteur cinématographique.
ESPN et les négociations
ESPN, le réseau sportif phare de Disney inclus dans le segment Sports, continue de briller malgré des défis dans la distribution. Les revenus Sports au T4 augmentent de 2 % à 4,0 milliards (stabilisation sur l’année à 17,7 milliards), avec un bénéfice d’exploitation à 911 millions (baisse de 18 millions au T4, mais hausse de 20 % à 2,9 milliards sur l’année). ESPN domestique voit ses revenus grimper de 2 % à 3,6 milliards, avec une publicité en hausse de 8 %, mais un bénéfice en baisse de 3 % dû à des coûts marketing et de production plus élevés, partiellement compensés par des hausses en affiliate et subscription. ESPN international progresse de 10 % en revenus à 401 millions, avec un bénéfice en hausse de 75 % grâce à des taux effectifs plus élevés, malgré une baisse des abonnés.
Johnston a rapporté que 80 % des nouveaux abonnés à l’offre DTC d’ESPN optent pour le bundle trio incluant Disney+ et Hulu, malgré des problèmes initiaux d’authentification et de confusion consommateur. Cette adhésion élevée valide la stratégie de « bundling », qui maximise la valeur perçue pour l’utilisateur tout en augmentant les revenus croisés. Les négociations en cours avec YouTube TV ont été un point chaud de l’appel. Johnston a affirmé une position ferme, avec des hedges intégrés aux prévisions financières en cas de prolongation des discussions. Bob Iger a révélé que l’offre proposée à YouTube est « égale ou meilleure » que celles acceptées par d’autres grands distributeurs, et qu’il n’y a pas d’intention de « briser de nouveaux terrains » en termes de tarification. Il a cité des compliments de YouTube et Alphabet, reconnaissant Disney comme leur principal fournisseur de valeur. L’implication de Sundar Pichai, PDG de Google, escalade les enjeux, transformant ces négociations en un bras de fer entre un géant du divertissement et un titan de la tech. Ce conflit pourrait influencer la stratégie de distribution de Disney, particulièrement pour ESPN qui dépend de partenariats avec des plateformes comme YouTube TV.
Succès cinématographiques et acquisitions stratégiques
Disney excelle dans le cinéma, inclus dans Content Sales/Licensing and Other (revenus T4 à 1,9 milliard, baisse de 26 % ; perte d’exploitation de 52 millions au T4, mais hausse de 20 % à 392 millions sur l’année). Predator : Badlands a marqué le meilleur démarrage en près de 40 ans pour la franchise, validant l’acquisition transformative de 21st Century Fox en 2019. Iger s’est réjoui de la revitalisation de propriétés comme Predator, Alien, La Planète des Singes, AVATAR et Les Simpson, qui montrent non seulement des signes de vie mais un potentiel de croissance réel. Pour clore 2025 en beauté, Zootopie 2 et Avatar : De Feu et de Cendres sont attendus comme des blockbusters majeurs, capitalisant sur des audiences fidèles.

L’année 2026 s’annonce comme un millésime exceptionnel, avec un slate incluant Le Diable s’Habille en Prada 2, The Mandalorian & Grogu, Toy Story 5, le remake de Vaiana, La Légende du Bout du Monde et Avengers : Doomsday. Iger a noté un parallèle avec 2019 – son année de retraite présumée – où un lineup similaire (Star Wars, Avengers, Toy Story, La Reine des Neiges) avait pulvérisé les records. La Reine des Neiges III, initialement prévu pour 2026, a été décalé, mais le focus reste sur les franchises établies pour minimiser les risques.
Une annonce clé : l’acquisition des droits de la série de livres Impossibles Créatures, acclamée et vue par Disney comme une future franchise excitante.
Pas d’appétit pour les grandes acquisitions, mais une ouverture aux partenariats
Interrogé sur les fusions-acquisitions (M&A), Johnston a été clair : Disney se sent à l’aise avec son portfolio actuel, forgé par le rachat de Fox, Marvel, Lucasfilm et Pixar. Face à des rumeurs autour du rachat de Warner Bros. Discovery, il a indiqué que l’entreprise observerait sans s’impliquer, préférant des investissements minoritaires comme celui dans Epic Games ou WEBTOON. Cela évite les risques réglementaires et financiers des méga-deals, tout en permettant des synergies ciblées, avec un accent sur la génération de 19 milliards de cash opérationnel en 2026 et 7 milliards de rachats d’actions (doublés).
En revanche, Iger est enthousiaste pour de nouvelles collaborations avec des concurrents. Des discussions sont en cours pour associer Disney+ à d’autres plateformes, potentiellement Apple TV, Amazon Prime, Netflix, Spotify ou Paramount+. Ces partenariats pourraient élargir la base d’abonnés et optimiser les coûts marketing, dans un marché où les bundles deviennent la norme pour contrer la fatigue des abonnements, avec un dividende par action de 1,50 dollar annoncé.
Disney+ comme portail universel
Le point culminant de l’appel a été la vision détaillée de Disney+ comme « portail pour tout Disney« . Iger a expliqué comment l’IA pourrait transformer la plateforme en un hub interactif, permettant aux utilisateurs de créer et consommer du contenu short-form généré par eux-mêmes. « L’IA nous permettra d’offrir une expérience beaucoup plus engageante, incluant la capacité pour les utilisateurs de créer du contenu généré par les utilisateurs, et de consommer du contenu généré par d’autres, principalement sous forme courte », a-t-il déclaré. Des conversations « intéressantes et productives » avec des compagnies IA visent à protéger les propriétés intellectuelles et les moteurs créatifs de Disney tout en exploitant ces technologies pour booster l’engagement.
Le partenariat avec Epic Games (Fortnite, Unreal Engine) ouvre la voie à des fonctionnalités gaming intégrées sur Disney+, bien que la majorité reste sur les plateformes d’Epic. Iger voit un « énorme potentiel » pour des mini-jeux, défis communautaires ou expériences virtuelles liées aux parcs. Cela positionne Disney face à des rivaux comme Netflix, qui investit massivement dans le gaming.
Au-delà, l’IA servira à l’efficacité opérationnelle, la collecte de data et de nouvelles outils sur les plateformes DTC. Disney+ évolue déjà avec une simplification de l’expérience utilisateur, une promotion unifiée post-intégration Hulu, plus de live content, une interface revue, une personnalisation accrue, des algorithmes améliorés et l’expansion globale de Disney+ Perks. Iger a teasé des opportunités en commerce (e-shop intégré), engagement pour les parcs, hôtels et croisières, transformant Disney+ en un écosystème collant qui retient les utilisateurs plus longtemps, avec un investissement contenu de 19 milliards en 2026.
Cette stratégie, longtemps esquissée, gagne en momentum et pourrait incarner le « flywheel » Disney : des contenus qui alimentent le commerce, le tourisme et vice-versa, avec l’IA comme catalyseur.
Défis et perspectives pour Disney
En conclusion, les résultats 2025 confirment la solidité de Disney, avec une croissance équilibrée et des succès créatifs qui valident sa stratégie. Cependant, des questions persistent : l’impact des litiges IA comme MidJourney ou le désengagement de Sora d’OpenAI ? La succession d’Iger, promise pour début 2026 ? La séparation des dépenses sports/entertainment pour plus de transparence ? L’évolution des relations avec YouTube post-conflit ? Une guidance actualisée sur les investissements dans Disney Experiences ? Une promotion accrue du partenariat Epic Games pour monétiser le gaming ? L’ajout potentiel de chaînes linéaires sur Disney+ ? Des alliances renforcées avec IMAX ou Dolby pour le cinéma premium ?
Ces interrogations ne diminuent pas les atouts de Disney : un portfolio IP inégalé, une diversification sectorielle et une vision innovante pour l’ère IA. À l’horizon 2026, l’entreprise semble bien positionnée pour capitaliser sur ses forces, dans un paysage médiatique en perpétuelle mutation.







