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(Disney)

Richard Orlinski visé par une enquête pour blanchiment en bande organisée et abus de biens sociaux

Richard Orlinski, sculpteur contemporain parmi les plus vendus au monde, fait l’objet depuis le début de l’année d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Europe 1 a révélé l’information. Les faits visés sont le blanchiment en bande organisée et l’abus de biens sociaux. Le dossier a été confié à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Une perquisition a eu lieu en juillet. Près d’un million d’euros a été saisi.

L’artiste n’est ni mis en examen ni condamné à ce stade. Ses avocats contestent l’ensemble des accusations et demandent un classement sans suite.




Des jardins de l’Élysée au bureau des enquêteurs

Le public connaît surtout Richard Orlinski par ses animaux laqués, très présents dans l’espace médiatique, ses participations à certaines émissions comme Les Grosses Têtes ou encore ses projets en tant que DJ. Le soir de la première victoire d’Emmanuel Macron, en 2017, il était derrière les platines. Il s’est ensuite affiché à plusieurs reprises auprès du couple présidentiel. Certaines de ses pièces ont été exposées dans les jardins du palais de l’Élysée, dont un grand loup rose offert par l’artiste.

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(Enesco)

Ce voisinage politique n’a, en revanche, rien à voir avec l’enquête en cours à priori. Il explique seulement pourquoi le nom circule hors des cercles de l’art contemporain.

Comment le nom d’Orlinski est apparu dans un dossier de blanchiment

Selon la station Europe 1, les enquêteurs n’étaient pas partis de l’artiste. Ils démantelaient la structure financière d’une organisation criminelle. En travaillant sur un blanchisseur de ce réseau — un homme présenté comme appartenant à l’entourage d’Orlinski, ils ont relevé des allers-retours qu’ils jugent suspects entre les sociétés du sculpteur et celles de cet intermédiaire. Ce dernier aurait blanchi près de 185 millions d’euros via de nombreuses sociétés éphémères.

Une source proche du dossier, citée par Europe 1, précise la suite. Sur six années de comptes, 5,5 millions d’euros auraient été « transférés directement ou indirectement des sociétés de l’artiste vers celles du blanchisseur ». Dans l’autre sens, Richard Orlinski aurait racheté à ce même homme, « à vil prix » selon cette source, une société civile immobilière. La SCI détiendrait plusieurs biens dans le 16e arrondissement de Paris, à Vincennes et à Saint-Mandé (Val-de-Marne). L’artiste aurait aussi reçu, toujours selon cette source, « en complément des espèces pour financer son train de vie ». Il conteste ce point.

La perquisition de juillet

En juillet, les enquêteurs ont perquisitionné les sièges de six sociétés ainsi que le domicile parisien de l’artiste. Ils ont saisi des documents comptables, des justificatifs, 25 000 euros en espèces et douze montres de luxe estimées à 880 000 euros. Le total annoncé par Europe 1 approche le million d’euros.

Deux dossiers plus anciens, jamais allés jusqu’à une mise en examen

Ce n’est en revanche pas la première fois que la justice financière s’intéresse à Richard Orlinski. En 2019, le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête fiscale sur ses sociétés et son patrimoine immobilier, après les accusations d’un ancien collaborateur. En 2024, une autre enquête du PNF portait sur des soupçons de corruption et de favoritisme. Les enquêteurs regardaient alors les statuettes — certaines évaluées à plusieurs milliers d’euros — offertes à Christian Estrosi, alors maire Horizons de Nice, et la manière dont la ville et la métropole avaient accueilli les œuvres. Dans ces deux procédures, l’artiste n’a jamais été mis en examen.

La réponse des avocats

Robin Binsard et Carole Olivia Montenot, conseils de Richard Orlinski, ont déclaré à Europe 1 que la nouvelle enquête « porte sur des accusations calomnieuses et totalement infondées, qui sont très vivement contestées ». Ils ajoutent : « L’ensemble des flux financiers est justifié et régulier, l’acquisition du bien a été faite au prix du marché, l’usage des œuvres d’art est conforme à l’intérêt social, et la somme d’argent en numéraire provient de retraits justifiés. »

Ils soulignent qu’il s’agit de « la troisième fois en cinq ans » que leur client est mis en cause « sur la base d’informations inexactes et tronquées », qu’il n’a « jamais été mis en examen, et encore moins condamné », qu’il a « fourni l’ensemble des explications et justificatifs » et qu’il attend « sereinement le classement sans suite ».


Les liens de l’artiste avec Disney

L’actualité judiciaire n’efface pas l’autre face publique d’Orlinski, très visible du côté de Disney. Pour les 25 ans de Disneyland Paris, il avait proposé une sculpture de Mickey apprenti sorcier dans différente tailles. En 2019, à l’occasion du Festival du Roi Lion et de la Jungle, le resort vendait sa figurine de Simba (17 cm, édition limitée, 59,99 €), fabriquée dans ses ateliers français. D’autres pièces ont suivi, dont un Iron Man dans le registre Marvel.

La collaboration s’est ensuite élargie vers Disney Consumer Products, en France et en Europe, via Enesco. La collection « Disney by Richard Orlinski » reprend le vocabulaire à facettes de l’artiste sur Mickey (chrome bleu), Minnie (chrome rose), Stitch (chrome bleu), Bambi (chrome bronze) ou Winnie (chrome or), à des tarifs de l’ordre de 70 à 80 euros.

L’enquête préliminaire se poursuit. À ce stade, il n’y a ni mise en examen, ni jugement.

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