C’est confirmé. Les cinéphiles français vont devoir s’habituer à un nouvel agenda mis en place par la réforme de la chronologie des médias. Après de nombreux temps de discussions entre le gouvernement, les exploitants de cinéma, les groupes de télévision et les représentants des grandes plateformes de streaming, un accord serait sur le point d’être signé aujourd’hui. La nouvelle chronologie des médias doit être signée ce jour et aura des répercussions sur la vitalité de Disney+ en France, qui restait jusque là le vilain petit canard de la division streaming de Disney à travers le monde. La diffusion des films sortis en salles pourrait intervenir après 17 mois sur Disney+ contre 36 actuellement.
Une nouvelle chronologie des médias se met en place en 2022
Rappelons que la chronologie des médias, exception culturelle française une fois encore, permet grâce à un habile mécanisme de distribuer les exclusivités des films selon ses médias de diffusion, de la salle à la télévision gratuite en passant par les supports vidéos physiques, le téléchargement numérique, la télévision payante et ou encore les plateformes de vidéos par abonnement. C’est aussi le moyen pour le Ministère de la Culture d’assurer une pérénisation du financement du cinéma en France grâce notamment à l’apport du groupe Canal+, qui bénéficie en contrepartie d’avantages en terme de fenêtre de diffusion. Ainsi, les médias qui participent moins à cet effort voient logiquement leur fenêtre se rallonger et ainsi de suite.
Mais voilà, alors que le monde a changé et que les modes de consommation du cinéma sont devenus très différents par rapport au moment où la chronologie des médias fut mise en place. Dès lors, ce système qui régit l’ordre de sortie des films selon les différents modes d’exploitation est devenu désuet par rapport aux usages que font les français de Netflix, Disney+, Amazon Prime Video, Apple TV+ ou encore Salto. Roselyne Bachelot a entamé de longues négociations avec tous les partenaires avec comme date butoir pour la mise en place final de cette mise à jour le 10 février 2022. Le nouvel accord devrait être signé aujourd’hui.
Nouvelle fenêtre de diffusion des films après leur sortie en salles pour Disney+ en 2022
D’après le site L’Opinion, voici les changements qui seront apportés et impacteront Disney+ et d’autres médias :
- Canal+ : pourra diffuser des films à partir de 6 mois après leur sortie en salle
- Netflix : 15 mois après la sortie en salle (pendant 7 mois)
- Disney+ et Amazon Prime Video : 17 mois après la sortie en salle
- Chaînes de télévision (TF1, France 2, Arte…) : 22 mois après diffusion au cinéma (exclusivité de la diffusion jusqu’au 36e mois puis « périodes de co-exclusivité » avec les plateformes où le consommateur aura le choix entre plateforme ou chaîne gratuite).
Certes Canal+ sort manifestement grand gagnant de ce changement mais la réduction de la fenêtre pour Disney+ n’est pas négligeable non plus même si Netflix aura droit à deux mois d’avance, étant un plus gros financeur du cinéma français (condition qui avait été mise sur la table des négociations pour permettre cet abaissement significatif). Pour autant, il semblerait que Disney ne soit pas d’accord avec ce nouvel accord et ne souhaite pas le signer (tout comme la Société des auteurs et compositeurs dramatiques). Il est dès lors important de rappeler que Disney fait planer depuis des mois le risque de réduire considérablement ses sorties en salles pour privilégier sa plateforme de streaming. On imagine mal Disney se priver totalement du cinéma, les revenus générés par les films Marvel notamment étant considérables. Mais supprimer certains de ses films phares au profit de sa plateforme de streaming en exclusivité mettrait à mal tout l’économie liée à la chronologie des médias, les diffuseurs se verraient ainsi privés de grosses recettes eux aussi.
L’article de L’Opinion ne précise pas non plus si la période de sortie des films en VOD et en DVD est ajustée de trois à quatre mois après la fin de la diffusion du film au cinéma à 45 jours, comme c’est le cas pour d’autres pays en réaction à la pandémie.

