Cette année et pour la quatorzième édition du Festival Lumière, Tim Burton fut l’invité d’honneur de ce grand événement culturel. Il était présent à partir de ce jeudi 20 octobre 2022 pour recevoir le lendemain le prix honorifique Lumière et assister à différents évènements jusqu’à la cérémonie de clôture le dimanche 23 octobre. Disneyphile était convié pour l’occasion à cette édition 2022 du Festival Lumière.
Tim Burton, invité d’honneur au festival Lumière
Le festival Lumière est un festival lyonnais célébrant le patrimoine du septième art. Organisé par l’Institut Lumière depuis 2009, il récompense chaque saison depuis quatorze ans un cinéaste pour l’intégralité de sa carrière. Tim Burton succède ainsi cette année à Jane Campion primée l’année dernière. Le Festival nommé d’après les frères Lumières à qui l’on doit certain des premiers films du cinéma, permet chaque année au réalisateur primé de tourner un remake de La Sortie De L’Usine Lumière à Lyon, célèbre film de Louis Lumière réalisé en 1885. Tim Burton comme ces prédécesseurs honorés au festival, s’est prêté avec enthousiasme à cet exercice symbolique du festival.
Standing ovation pour l'arrivée du Maestro Tim Burton dans l'amphithéâtre du centre de congrès de Lyon pour la cérémonie de remise de son prix Lumière. #Lumière2022 @FestLumiere pic.twitter.com/dHv6uTVYGW
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Une rétrospective de sa filmographie tout au long du festival
Du samedi 15 au dimanche 23 octobre, le festival Lumière a permis à toute la filmographie du réalisateur Tim Burton de retourner sur grand écran dans les différentes salles des cinémas partenaires du festival et ce grâce à de nombreuses séances étalées sur toute la semaine. La rétrospective du réalisateur brossait un panorama particulièrement complet de sa filmographie du court-métrage Vincent sorti en 1982 à son dernier long-métrage Dumbo (2019) en passant par le célèbre film (dont il ne fut pas le réalisateur mais le scénariste et producteur), L’Étrange Noël de Monsieur Jack (1993). Ce dernier film a par ailleurs fait l’objet d’une séance spéciale dans la grande salle de la Halle Tony Garnier lors d’une projection familiale.
#TimBurton reçoit officiellement le Prix Lumière 2022 à Lyon ! #Lumière2022 @FestLumiere pic.twitter.com/2LYWNviAc2
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Quatre autres films ont également fait l’objet d’une séance particulière : Beetlejuice (1988), Ed Wood (1994), Mars Attacks ! (1996) et Sleepy Hollow : La Légende du Cavalier Sans Tête (1999) projetés à la suite lors de la Nuit Tim Burton le samedi 22 octobre à partir de 21h. Le réalisateur a surpris les spectateurs en se rendant à la Halle Tony Garnier où se déroulait l’événement pour remercier son public et introduire ces quatre œuvres de sa filmographie. Tim Burton nous a également fait l’honneur de sa présence lors de deux séances de ses films : Batman à l’Institut Lumière le jeudi 20 octobre et Big Eyes le lendemain à l’UGC Cité Confluence.
Remise du 14e prix Lumière lors d’une cérémonie riche en émotion
Vendredi 21 octobre à 19h30 débutait la cérémonie de la remise du prix Lumière à Tim Burton qui vit le réalisateur soulever deux heures plus tard son prix devant une standing ovation du public. Durant cette cérémonie à l’Amphithéâtre 3000 de Lyon, Tim Burton a été honoré par différents artistes tels que la chanteuse Imany venue interpréter « Day-O », chanson d’une scène culte de Beetlejuice ou encore l’actrice Alice Taglioni qui a interprété au piano la musique thème des (Les) Noces Funèbres. Irène Jacob, présidente de l’Institut Lumière a également livré un discours très touchant à destination du réalisateur : « Votre cinéma nous aide à surmonter nos peurs et à accepter notre condition humaine. Ce sont des bouffées de cinéma libératrices ». À l’issue de toutes ces interventions, Monica Bellucci a remis le 14e prix Lumière à Tim Burton qui a déclaré, ému : « Je n’ai jamais ressenti autant d’amour que ce soir ! C’est un honneur d’être dans la ville natale du cinéma. Je n’ai jamais vécu ça. Je suis sans voix ! C’est l’une des plus belles choses qui me soit arrivée ! ». Les spectateurs ont ensuite pu assister à une projection exceptionnelle de Dark Shadows (2012) présenté par son propre réalisateur.
Masterclass et conférence de presse
Quelques heures avant la remise du prix Lumière, Tim Burton s’est prêté à l’exercice d’une Masterclass au théâtre des Célestins, durant laquelle il est revenu sur son enfance, son expérience à Hollywood ou avec les acteurs avec lesquels il a travaillé à plusieurs reprises et les thèmes prédominants de son cinéma. Le lendemain, à l’Institut Lumière, c’est face aux journalistes que Tim Burton a répondu avec enthousiasme aux différentes questions qui lui furent posées. Il a abordé durant cette conférence de presse son attrait pour le cinéma d’horreur et de monstres qu’il nourrissait depuis très jeune. Il a ainsi exprimé combien ce cinéma était son refuge enfant précisant que c’est ce qu’il essaie de recréer avec les univers de ses propres films maintenant. Il a également expliqué avec un sourire que son cinéma est une « forme de thérapie très cher ». Il a ensuite évoqué ces dernières années marquées par la pandémie de la COVID-19, qui l’a empêché de tourner d’autres films (son dernier date de 2019 avec Dumbo). Répondant notamment à une question sur une future collaboration avec Johnny Depp, il a précisé que rien n’est prévu pour le moment, le réalisateur préfèrant partir d’une idée plutôt que d’un casting. Il attend ainsi cette prochaine idée de film.
Pour revenir sur ses productions en cours, le cinéaste a réalisé une série sur le personnage emblématique de La Famille Adams : Mercredi. Il raconte ainsi avoir toujours été attiré par ce personnage dans lequel il se retrouve lui-même jeune : dans ce rapport aux parents, à l’école, à l’autorité. La manière dont Mercredi vit ses rapports est assez similaire à ce que Tim Burton a lui-même expérimenté dans son enfance. Le cinéaste est revenu également sur son expérience avec les studios Disney. Il explique ainsi avoir commencé chez Disney, avoir été engagé et viré de nombreuses fois. Sa dernière collaboration avec les studios concerne Dumbo et le réalisateur explique qu’il s’agit là de son dernier film avec la firme aux grandes oreilles. A l’issue de ce tournage, le réalisateur a ressenti, comme Dumbo, ce besoin de s’échapper d’une cage. Par ailleurs, quand on l’a questionné sur le cinéma indépendant, Tim Burton a expliqué que, à l’instar de Disney, les grandes majors « ne font plus que des Pixar, Marvel et Star Wars ». Toutefois, le cinéaste reste convaincu que même au sein de ces studios, il reste encore une marge de manœuvre possible, même si c’est difficile (on notera la manière dont le réalisateur avait lui-même réussi à imposer aux studios son Frankenweenie en 2012). Son interprète français lui a d’ailleurs demandé s’il se voyait tourner un film Marvel et le réalisateur s’est exclamé : « Non ils n’ont pas besoin de pas moi ! Et puis j’ai déjà du mal avec un univers, alors le multivers… ».
La question très attendue sur sa vision du cinéma et ses espoirs concernant ce secteur en crise depuis la pandémie n’a également pas tardé, et à cela, il a répondu que le festival Lumière et la réception du public lui donnaient beaucoup d’espoir. Il a ajouté que pour lui, tous les cadres des studios devraient venir ici pour se reconnecter avec ce pourquoi ils font du cinéma. Concernant ensuite son retour à l’animation, le réalisateur a expliqué qu’il apprécierait d’y revenir. L’animation et notamment celle en volume (« stop motion ») sont véritablement sa passion, mais il n’envisage pas le cinéma d’après un média mais d’après une idée. Le choix de la forme intervient ensuite. Enfin, une journaliste lyonnaise lui a posé la fameuse question locale « Que pensez-vous de la ville de Lyon, aurez-vous envie d’y revenir ? » et le réalisateur s’est empressé de lui répondre combien il a adoré la ville dans laquelle il trouve de vraies ondes créatrices. Il a ajouté, non sans malice, souhaiter revenir, mais quand on ne trouvera plus des affiches avec sa tête à tous les coins de rue.
Cérémonie de clôture et clap de fin du festival Lumière
Dimanche 23 octobre, à la Halle Tony Garnier et en écho à la cérémonie d’ouverture huit jours plus tôt, Thierry Frémaux, directeur du festival, est venu conclure cette semaine de projections et d’évènements en compagnie de Tim Burton venu saluer une dernière fois son fervent public français qui semble l’avoir tant marqué. Son émotion était encore palpable alors qu’il promettait de revenir à Lyon et au festival une seconde fois.
"J'ai vécu un rêve éveillé et je vous remercie beaucoup. […] Vous êtes tous la raison pour laquelle je fais des films." #TimBurton, #Lumière2022 pic.twitter.com/TOjCsQ2Ezi
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Médiateur de ses propres films, le réalisateur est resté sur scène le temps de présenter le merveilleux et poétique Edward aux Mains d’Argent (l’un de ses films préférés), dont l’unique projection durant cette cérémonie s’est faite devant une salle complète. Le réalisateur s’est ensuite éclipsé, après avoir signé des dizaines autographes et serré plusieurs mains de fans en émoi, lui témoignant une dernière fois l’amour que les français lui portent.
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