Le réalisateur Jon Turteltaub a annoncé vendredi 21 août 2026, à Philadelphie, qu’un troisième filmBenjamin Gates est (toujours) en préparation. Nicolas Cage doit y reprendre le rôle de Benjamin Gates. L’information n’est pas venue d’un communiqué officiel de Disney : Turteltaub l’a dite lui-même, en public, lors d’un enregistrement du podcast National Treasure Hunt.
Il a précisé que l’assistance était « les premières personnes à qui [il] disai[t] cela à voix haute », et qu’ils « méritaient l’info ». Puis il a tout de suite recadré l’annonce : c’est « enfin réel », mais « réel à Hollywood », c’est-à-dire révocable. « Si Nic se fait écraser par un bus, il n’y a pas de Benjamin Gates 3. Si c’est moi, il y en aura probablement un. Bienvenue à Hollywood. »
Ce que le réalisateur a réellement dit — et ce qu’il n’a pas dit
Trois éléments tiennent, d’après les comptes rendus du Philadelphia Inquirer et d’Entertainment Weekly.
Premier : un scénario existe, et Turteltaub affirme que Disney et lui l’aiment. Deuxième : Cage doit reprendre son rôle. Troisième : « dans la mesure du possible, tout le monde est de retour ». La formule englobe le trio historique — Gates, l’archiviste Abigail Chase (Diane Kruger) et Riley Poole (Justin Bartha) — sans contractualiser chacun des seconds rôles. Turteltaub n’a pas confirmé de dates, de budget, de lieux de tournage, ni de présence de Philadelphie à l’écran. Il n’a pas non plus dévoilé l’intrigue.
EW a indiqué avoir contacté les représentants de Disney et de Cage. Au moment des premiers articles, ce n’était donc pas une confirmation studio officielle, mais la parole du metteur en scène historique, en public. La distinction compte : Hollywood a déjà « presque » fait ce film plusieurs fois.
Deux films, un cliffhanger, puis le silence
Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (National Treasure) sort aux États-Unis le 19 novembre 2004, en France le 22 décembre. Produit par Jerry Bruckheimer, écrit notamment par Jim Kouf et le couple Wibberley, le film suit un historien-cryptologue convaincu qu’une carte court au dos de la Déclaration d’indépendance. Budget annoncé autour de 100 millions de dollars ; recettes mondiales de l’ordre de 347 millions. Accueil critique mitigé, public au rendez-vous.
Benjamin Gates et le Livre des Secrets (National Treasure : Book of Secrets) suit en décembre 2007. Même réalisateur, même producteur, Cage, Kruger, Bartha, Jon Voight ; Helen Mirren, Ed Harris et Bruce Greenwood les rejoignent. Budget d’environ 130 millions, près de 459 millions de recettes mondiales — le plus gros chiffre de la série. Le film se referme sur la fameuse « page 47 » d’un livre présidentiel secret, jamais lue à l’écran. Dix-neuf ans plus tard, ce blanc reste le totem des fans.
Dès 2008, Turteltaub parlait d’un troisième film à prendre sans précipitation. En 2013, il disait que le studio, Bruckheimer et les acteurs étaient d’accord sur le principe mais que le scénario était en souffrance. En 2020, Chris Bremner (Bad Boys for Life) est annoncé sur une nouvelle version. Bruckheimer évoque aussi, la même année, une série Disney+. Cage, sur Reddit en 2022, juge alors prioritaire le basculement télé et doute de son propre retour. La série Trésors Perdus : Le Secret de Moctezuma (2022) se passe dans le même univers, avec une distribution plus jeune ; Harvey Keitel et Justin Bartha y font des apparitions. Elle n’a pas de saison 2.
En 2024, Cage coupe court auprès de Screen Rant : « Il n’y a pas de Benjamin Gates 3. Si vous cherchez un trésor, ne regardez pas du côté de Disney. » Bruckheimer, lui, continue alors de parler d’un script en cours, parfois avec Ted Elliott (Pirates des Caraïbes) cité comme plume. En 2025-2026, le producteur répète que le dossier « avance » et que l’intention reste sur Cage et Turteltaub. L’annonce de Philadelphie s’inscrit dans cette longue ligne brisée : elle la durcit, elle ne l’invente pas.
Pourquoi ça a pris presque vingt ans
Turteltaub a donné, sur place, une explication rarement aussi frontale. Le délai tiendrait en partie au climat politique américain. Il a cité l’étonnement d’un responsable républicain — Kevin McCarthy, selon le reportage de l’Inquirer — devant un film « patriotique » signé, à ses yeux, par des démocrates. Il a aussi parlé d’une polarisation nourrie par Internet, où tout se lit en clé partisane. Pour le troisième volet, a-t-il dit, il faudra « être très prudent » sans « avoir le droit d’ignorer » cette tension, et l’intégrer « sans froisser ». Ce n’est pas un synopsis. C’est un diagnostic de fabrication.
D’autres facteurs, documentés ailleurs, s’ajoutent : Disney n’a jamais transformé la marque en machine de parc et de merchandising comparable à Marvel ou Star Wars ; un cadre du studio l’avait dit dès 2008. Cage a aussi évoqué, dans les années 2020, une période où « le téléphone a cessé de sonner » après des échecs commerciaux. La nostalgie des années 2000, elle, est redevenue un argument de plateau : suites et remakes affluent. Cela n’écrit pas un film. Cela peut débloquer un feu vert.
Une chasse au trésor qui a toujours eu besoin de Philadelphie
Le premier Benjamin Gates a tourné des scènes devenues icônes dans la ville — Independence Hall, les rues du centre. Le week-end d’août 2026 s’en est nourri : projection gratuite du premier film sur l’Independence Mall, visite complète des lieux de tournage, séance du Livre des Secrets. Turteltaub n’a pas promis d’y revenir caméra au poing. Il a simplement choisi cet endroit, et ce public, pour sortir le projet du statut de plaisanterie de convention.
Un réalisateur qui dit « c’est en train d’arriver », un script que le studio « aime », un interprète principal toujours partant : voilà le socle du 21 août. Il manque encore le communiqué Disney, le calendrier, le plateau, et surtout le premier jour de tournage. Turteltaub l’a formulé lui-même, avec l’humour un peu cruel du métier : à Hollywood, un bus suffit.
Jusque-là, Benjamin Gates 3 n’est ni un canular ni un film. C’est un projet dont le metteur en scène assume enfin, en public, qu’il n’est plus seulement un souhait. La page 47 peut attendre un peu. Elle attend depuis 2007.

