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Bob Iger persuadé que Disney et Apple auraient pu fusionner

À l’ère des méga fusions de groupes médias (Disney et la Fox, WarnerMedia et AT&T…), Apple et Disney auraient pu être l’une d’entre elles. C’est en tout cas ce que Bob Iger, président-directeur général de The Walt Disney Company, pense ce qu’il aurait pu se produire si Steve Jobs était toujours en vie. Vanity Fair a publié un extrait du livre autobiographique intitulé The Ride of A Lifetime: Lessons Learned from 15 Years as CEO of the Walt Disney Company, qui revient sur la carrière du PDG, ses multiples expériences et rencontres dont Steve Jobs.

Robert Iger et Steve Jobs, partenaires et amis

Concernant cette fusion potentielle, Robert Iger écrit ceci : « si Steve était encore en vie, nous aurions combiné nos sociétés ou, du moins, discuté de la possibilité très sérieusement ». La relation d’estime entre les deux hommes a débuté en 2005, après que Iger soit devenu patron de Disney. La société distribuait des films Pixar depuis une décennie, mais nous arrivions à un point de non retour puisque Steve Jobs était sérieusement brouillé avec l’ex-PDG de Disney Michael Eisner. Quand Iger a succédé à Eisner, l’une de ses premières tâches fut de raviver les relations tendues entre les deux sociétés.

Bob Iger et Steve Jobs
Bob Iger et Steve Jobs (2006)
Crédit : John G Mabanglo / EPA/ Shutterstock

Dans son livre, Robert Iger décrit la dissolution de ce partenariat comme « un coup dur, tant du point de vue financier que du point de vue des relations publiques ». Il ajoute que à l’époque, « l’animosité de Jobs envers Disney était trop enracinée ». Mais il a réussi à créer une relation particulière avec Steve Jobs, à un moment clef puisqu’on commencait à repenser la manière de consommer l’audiovisuel et qu’à peu près au même moment, Steve Jobs commençait à développer l’iPod. Leur premier partenariat, c’est aussi, il faut le rappeler, la diffusion de contenu ABC sur iTunes, comme la série Lost : Les Disparus. A partir de là, un lien s’est créé et un partenariat commercial indéfectible entre les deux hommes.

Pixar, l’accord historique

« La facilité et la rapidité avec lesquelles nous avons conclu l’accord, conjuguées au fait qu’il témoigne d’une admiration pour Apple et ses produits, ont ébloui l’esprit de Steve », a écrit Iger« Il m’a dit qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un dans l’industrie du divertissement qui soit disposé à essayer quelque chose qui pourrait perturber le modèle commercial de sa propre entreprise. » L’accord télévisé a conduit à « l’idée radicale » d’Iger de racheter Pixar. Jobs était motivé. En 2006, Disney fait l’acquisition du studio pour 7,4 milliards de dollars, dans le but de revigorer la division animation de Disney. Jobs a rejoint le conseil d’administration de Disney après l’acquisition et en devient le principal actionnaire. Iger a écrit que « chaque fois que je voulais faire quelque chose de grand, j’en discutais avec lui », y compris l’achat pour 4 milliards de dollars de Marvel par Disney en 2009.

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Ed Catmull, Steve Jobs et John Lasseter

Iger rappelle également ce moment poignant. Juste après que Jobs lui ait annoncé son cancer, Iger lui a fait l’aveu du deal entre Pixar et Disney. Jobs lui a alors rétorqué qu’il pouvait encore faire machine arrière mais Iger a refusé. « Peu importe ce qu’il m’a dit, peu importe à quel point il était résolu à lutter contre le cancer, nous craignions ce qui l’attendait », a écrit Iger. Steve Jobs est décédé en octobre 2011 après une bataille contre le cancer du pancréas. Il avait 56 ans. Le PDG de Disney revient dans son livre sur un échange qu’il a eu avec la femme de Jobs, Laurene Powell Jobs après l’enterrement. « Nous étions là avec la tombe de Steve derrière nous, et Laurene, qui venait d’enterrer son mari, m’a offert un cadeau auquel j’ai pensé presque tous les jours depuis. ‘Je lui [Steve] ai demandé si nous pouvions te faire confiance’ a avoué Laurene à Bob, ce à quoi Steve lui a répondu ‘ J’aime cet homme’ Le sentiment était mutuel » a confié Iger.

La fin des relations entre Apple et Disney

Mais l’histoire d’amour entre Bob et Apple s’est terminée la semaine dernière exactement. Bob Iger a démissionné de son poste au conseil d’administration d’Apple après y avoir siégé depuis 2011, un mois après la mort de Jobs. Un conflit d’intérêt se serait créé forcément puisque Apple lance sa propre plateforme Apple+ TV et que Bob Iger dirige Disney, qui lance elle-même sa propre plateforme de streaming. Le livre de Bob Iger paraît le 23 novembre 2019.

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En 2013, Steve Jobs est sacré Disney Legend à titre posthume

Une fusion entre Apple et Disney aurait-elle été vraiment réalisable ?

Ca n’est pas nécessairement parce que Bob Iger pense que cette fusion aurait été possible que dans les faits, tout se serait déroulé aussi simplement. Il n’y a d’ailleurs qu’à revoir tout le cheminement et les défis qui se sont imposés à Disney avant d’acquérir la Fox, prise entre la maison de Mickey et Comcast. Il faut tout d’abord bien comprendre qu’une fusion entre les deux géants que sont Disney et Apple aurait nécessité l’approbation de la majorité des actionnaires des deux sociétés tout comme celle de leur conseil d’administration respectif, sans parler des autorisations réglementaires que Disney ne connait que trop bien depuis le rachat de la Fox.

Bob Iger
Bob Iger

Dans la situation présente, Apple aurait pu phagocyter Disney. En 2017, des analystes de la banque d’investissement RBC Capital Markets ont expliqué comment cela aurait été faisable. Parmi les premiers avantages directs : la création d’un concurrent principal à Netflix puisque le contenu de Disney aurait été immédiatement injecté dans tous les supports de diffusion créés par Apple. L’iPhone aurait été le premier marqueur fort de Disney dans l’industrie du divertissement. Côté risques, cela sous-entendait potentiellement le fait que Apple prenne de la distance sur ses missions et sa stratégie commerciale, en ayant des conflits potentiels avec d’autres médias partenaires. Même si ce rachat aurait confirmé la suprématie de Apple dans son domaine, d’un autre côté, son image de marque n’aurait pas forcément été diminuée mais plutôt changée. D’ailleurs, Apple a su finalement se diversifier tout seul les années qui ont suivi la mort de Steve Jobs.

Apple n’est plus dans la cour des grands

Depuis, Apple aurait rencontré fin 2015 les équipes de WarnerMedia en vue d’une potentielle acquisition avant que le géant AT&T ne débarque sur le plateau de jeu. À ce jour, la plus grosse transaction de fusion et acquisition du géant de la technologie de Cupertino a été l’acquisition pour 3 milliards de dollars en 2014 de Beats Electronics, de Dr. Dre and Jimmy Iovine, fabricant de casques et d’enceintes et de plateforme diffusion de musique en continu. Au delà des préoccupations commerciales, la fusion entre Apple et Disney n’aurait pas été tout simplement l’aveu d’une profonde affection, peut-être unique, dans l’industrie de la technologie et du divertissement ? Iger ne souhaitait-il pas simplement que Jobs et lui puissent construire quelque chose de plus grand – et de plus étonnant – dans les industries des médias et de la technologie, comme jamais auparavant ?

apple
Apple

C’est en tout cas sur cette idée folle que nous concluons cet article. Le lien personnel fort qui unit les deux amis et partenaires commerciaux semble indéniable. « Notre relation était bien plus qu’une relation commerciale. Nous avons énormément apprécié la compagnie de de l’un et l’autre, et nous avons estimé que nous pouvions tout nous dire, que notre amitié était suffisamment forte pour ne jamais être menacée par la candeur », écrit Iger à propos de Jobs. Mais nous ne saurons jamais si cela aurait été suffisant pour unir leurs deux sociétés.

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