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Démarrage contrasté au box-office pour Springsteen : Deliver Me From Nowhere

Le biopic musical Springsteen : Deliver Me From Nowhere, réalisé par Scott Cooper et porté par Jeremy Allen White dans le rôle de Bruce Springsteen, a fait ses débuts en salles ce week-end d’octobre 2025. Centré sur la genèse de l’album mythique Nebraska en 1982, ce film explore les tourments intérieurs d’un artiste au seuil de la gloire mondiale, confronté à ses démons personnels et aux pressions de l’industrie. Produit par Disney et 20th Century Studios pour un budget de 55 millions de dollars, il s’inscrit dans la vague récente des biopics musicaux, à l’image d’Un Parfait Inconnu sur Bob Dylan ou Bob Marley : One Love. Mais son lancement commercial, marqué par une concurrence inattendue et des attentes modérées, révèle une réception contrastée.

Les premiers accords aux États-Unis : un écho atténué

Aux États-Unis, Springsteen : Deliver Me From Nowhere a ouvert ses portes le 24 octobre 2025 dans 3 460 salles, générant au box-office 9,1 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture. Ce chiffre le place en quatrième position du classement domestique, derrière l’anime Chainsaw Man – Le Film : L’Arc de Reze (17,2 millions), le drame romantique Regretting You (12,8 millions) et la suite d’horreur Black Phone 2 (13 millions, en deuxième semaine). Ces résultats se situent au bas des projections initiales, qui tablaient sur une fourchette de 8 à 12 millions de dollars, avec certains analystes espérant jusqu’à 15-25 millions en fonction de l’attrait pour les fans de Springsteen.

Le film a démarré avec 850 000 dollars de recettes lors des avant-premières du jeudi soir, suivis de 3,5 millions le vendredi (incluant ces previews). Cette entrée modeste s’explique en partie par une concurrence éclectique : Chainsaw Man, adaptation d’un manga populaire, a surpris avec un public majoritairement masculin (75 %) et jeune (50 % de moins de 25 ans), obtenant un « A » au CinemaScore. À l’opposé, Springsteen attire une audience plus mature – plus de 60 % des spectateurs ont 45 ans et plus –, reflétant le profil des admirateurs du Boss, aujourd’hui âgé de 76 ans et toujours actif en promotion du film.

Critiquement, le long-métrage affiche un score de 61 % sur Rotten Tomatoes, qualifié de « frais » mais mitigé, et un « B+ » au CinemaScore, indiquant une appréciation du public supérieure à celle des critiques. Comparé à d’autres biopics récents, il sous-performe : Un Parfait Inconnu (avec Timothée Chalamet en vedette) avait ouvert à 11,6 millions pour finir à 75 millions domestiques et 140 millions mondiaux, boosté par les Oscars. Bob Marley : One Love (2024) avait quant à lui démarré à 28,6 millions. Avec un budget substantiel, Deliver Me From Nowhere devra miser sur un bouche-à-oreille solide pour se maintenir, surtout face à une baisse de 20 % du box-office global ce week-end par rapport à 2024.

En France : une mélodie encore discrète

Sorti le 22 octobre 2025 en France, Springsteen : Deliver Me From Nowhere a enregistré 9 375 entrées sur 292 copies pour son jour d’ouverture, un mercredi traditionnellement fort pour les sorties hexagonales. Ce chiffre marque un démarrage discret mais aligné sur les attentes pour un biopic musical introspectif, loin des blockbusters familiaux ou des comédies locales qui dominent souvent le marché. À titre de comparaison, les premières séances parisiennes (un indicateur clé des avant-midi et après-midi dans la capitale) ont attiré 455 spectateurs sur 15 copies, plaçant le film en milieu de tableau pour les nouveautés du jour.

Bruce Springsteen bénéficie d’une popularité durable en France, où ses concerts attirent des foules massives, et le film a été promu via des événements européens, incluant une première à Londres les 15 et 16 octobre. Le contexte local joue un rôle : le marché français, influencé par des sorties concurrentes comme des productions nationales ou internationales (telles que Chainsaw Man, qui a ouvert dans 40 marchés dont la France avec un total international de 10 millions, bien que ce chiffre concerne principalement d’autres territoires), pourrait diluer l’impact. Les biopics musicaux y ont un historique variable – Rocketman (sur Elton John) avait cumulé environ 2,5 millions d’entrées en 2019, tandis que Bohemian Rhapsody explosait à plus de 4 millions. Des critiques soulignant l’approche introspective du film, moins spectaculaire que d’autres du genre, suggèrent un accueil tiède initial, mais les données du week-end complet (du 22 au 28 octobre) seront cruciales pour évaluer sa tenue. En termes de recettes, avec un prix moyen du billet autour de 7,50 euros, ce jour d’ouverture représenterait environ 70 000 euros, un montant modeste qui devra être complété par une progression sur les jours suivants.

Résonances dans le reste du monde : des notes éparpillées

Au-delà des États-Unis et de la France, le film a ouvert dans une quarantaine de marchés internationaux, générant 7 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture. Ces territoires incluent le Royaume-Uni, l’Australie, le Brésil et le Mexique, où Springsteen conserve une base de fans loyaux grâce à ses tournées mondiales.

Comparativement, d’autres biopics ont mieux performé à l’international : Elvis (2022) cumulait près de 300 millions mondiaux, dont une large part hors États-Unis. Pour Deliver Me From Nowhere, l’approche narrative – focalisée sur une période sombre et introspective de la carrière de Springsteen – pourrait limiter son appel universel, contrairement à des films plus festifs. Des promotions ciblées, comme la présence de Springsteen en Europe pour son coffret Nebraska, pourraient booster les chiffres dans les semaines à venir. En Asie ou en Amérique latine, où la musique rock américaine a un écho variable, le film affronte une concurrence locale accrue, contribuant à un démarrage modéré.

Un chœur global

À l’échelle mondiale, Springsteen : Deliver Me From Nowhere totalise 16,1 millions de dollars pour son week-end d’ouverture, combinant les 9,1 millions domestiques et les 7 millions internationaux. Ce bilan se situe en deçà des attentes, qui visaient 16 à 22 millions globaux, et bien loin des succès du genre comme Rocketman (200 millions mondiaux) ou Bohemian Rhapsody (près d’un milliard). Le film, distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures et classé PG-13, doit maintenant naviguer un calendrier chargé : les fêtes approchent avec des blockbusters comme Wicked : For Good, Zootopie 2 ou Avatar : De Feu et de Cendres, risquant de l’éclipser.

Les analystes soulignent des facteurs structurels : un box-office domestique annuel en hausse de 4 % par rapport à 2024, mais 20 % en dessous des niveaux pré-pandémie, et une affluence en berne jusqu’aux vacances. Pour rebondir, le film compte sur l’Oscar buzz – Jeremy Allen White est déjà salué pour son incarnation tourmentée – et un legs durable via les plateformes de streaming. Mais avec un budget de 55 millions, où les salles gardent environ la moitié des recettes, la rentabilité passera par une longévité en salles, potentiellement jusqu’à 100-140 millions mondiaux si le public suit.

En somme, ce démarrage reflète les défis d’un biopic atypique : authentique et introspectif, il peine à capturer l’euphorie des hits musicaux, mais pourrait trouver son public au fil du temps. Springsteen, l’homme et l’artiste, a toujours su transformer les épreuves en triomphes – reste à voir si son film en fera autant.

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