Ce week-end, Elio, le dernier film d’animation de Pixar, a enregistré l’ouverture la plus faible de l’histoire du studio au box-office américain, avec seulement 21 millions de dollars récoltés. Réalisé par Adrian Molina, Domee Shi et Madeline Sharafian, ce film, qui promettait une aventure intergalactique touchante, n’a pas su trouver son public face à une concurrence écrasante, dominée par le remake en prises de vues réelles de Dragons et le thriller 28 Ans Plus Tard. Ce démarrage d’Elio confirme les signaux alarmants observés lors de sa sortie en France mercredi dernier, où les entrées ont été particulièrement décevantes.
Démarrage catastrophique pour Elio, signant un triste record pour Pixar
Aux États-Unis, Elio a généré 9 millions de dollars dès son premier jour, incluant les avant-premières, dans 3 750 salles. Ce résultat est bien en deçà des projections initiales, qui tablaient sur une ouverture entre 25 et 30 millions de dollars. À l’international, le film n’a pas performé davantage, cumulant 14 millions de dollars sur 51 marchés pour un week-end de lancement de cinq jours. Au total, Elio affiche un box-office mondial de 35 millions de dollars, un score alarmant pour une production au budget estimé à 150 millions de dollars, hors frais de marketing. En France, où le film est sorti mercredi, les chiffres d’entrées sont restés faibles, confirmant une réception tiède similaire à celle observée outre-Atlantique.

Ce démarrage marque un record historique pour Pixar, mais dans le mauvais sens du terme. Elio surpasse le précédent plus bas du studio, détenu par Élémentaire en 2023, qui s’était offert un démarrage à 29,6 millions de dollars aux États-Unis. Ce revers est d’autant plus surprenant que Pixar sort d’un triomphe retentissant avec Vice-Versa 2, qui a cumulé 1,69 milliard de dollars dans le monde, devenant le deuxième plus gros succès animé de tous les temps. Elio, qui suit les aventures d’un jeune garçon transporté dans un univers cosmique où il est pris pour l’ambassadeur de la Terre, avait pourtant des atouts : des critiques positives outre-Atlantique (85 % sur Rotten Tomatoes), un score d’audience de 90 % et une note A au CinemaScore. Mais ces éléments n’ont pas suffi à attirer les foules.
Une concurrence écrasante
La concurrence a joué un rôle clé dans cet échec. Le remake de Dragons conserve la première place dans sa deuxième semaine, ajoutant 37 millions de dollars à son box-office américain, pour un total de 160,5 millions aux États-Unis et 358,2 millions dans le monde. De son côté, 28 Ans Plus Tard a attiré les spectateurs avec son ambiance post-apocalyptique, captant une large part du public adulte. Cette saturation du marché, combinée à un calendrier chargé en sorties familiales, a clairement pénalisé Elio.
Ce démarrage calamiteux soulève des questions sur la stratégie de Pixar dans un marché de l’animation toujours plus concurrentiel. Alors que Disney et ses filiales dominent souvent le box-office, Elio semble avoir souffert d’un manque de visibilité et d’un positionnement difficile face à des blockbusters bien installés. Les prochaines semaines seront cruciales pour voir si le film peut rebondir grâce au bouche-à-oreille (comme ce fut le cas pour Élémentaire il y a deux ans) ou s’il continuera de s’enfoncer dans l’oubli. Pour l’instant, ce lancement marque un tournant sombre pour Pixar, qui devra redoubler d’efforts pour reconquérir le cœur des spectateurs.
Pixar peine à trouver sa place dans un monde où les films d’animation originaux n’atteignent plus les sommets qu’ils ont connus autrefois. Le ralentissement a commencé plusieurs années avant la pandémie de COVID-19 ; depuis COCO en 2017, aucun film d’animation original d’un studio hollywoodien n’a dépassé les 40 millions de dollars aux États-Unis pour sa première semaine. Seules les suites et autres spin-offs résistent. Il n’y a ainsi plus de doutes, le public n’a plus envie de découvrir des films originaux chez Pixar pour le moment. Ainsi, outre Les Indestructibles 3, Toy Story 5 et COCO 2, il y a fort à parier pour que des films comme Le Monde de Nemo 3, Vice-Versa 3, Cars 4 ou encore Toy Story 6 finissent par émerger dans la décennie à venir.
De son côté, le remake de Lilo & Stitch demeure une force incontournable pour sa cinquième semaine d’exploitation, dépassant les 900 millions de dollars dans le monde. Le blockbuster a chuté de seulement 38 % en Amérique du Nord, se classant quatrième avec 9,7 millions de dollars. Ce film record affiche 386,7 millions de dollars de recettes nord-américaines et 523,6 millions de dollars à l’étranger, pour un total mondial de 901,3 millions de dollars (à l’étranger, il a même dépassé Elio pour le week-end avec 19,7 millions de dollars).
