Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire visant le cuisinier Jean Imbert pour « violences habituelles ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours, par conjoint ou concubin », au préjudice de deux victimes. Les faits retenus se situent entre décembre 2023 et novembre 2024. À l’issue d’une audition de près de trois heures devant le juge d’instruction, le chef a été placé sous le statut de témoin assisté. Le magistrat n’a pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé sa mise en examen.
Cette décision intervient après une garde à vue débutée lundi 3 août 2026. L’enquête préliminaire avait été ouverte à l’été 2025, à la suite de plusieurs plaintes et témoignages d’anciennes compagnes.
Les éléments retenus par le parquet
Selon le ministère public, six anciennes compagnes ont été entendues. Chacune a décrit des violences de natures diverses. Des retentissements psychologiques ont été évalués entre 25 et 30 jours. Plusieurs ont évoqué des éléments de contrôle coercitif : maîtrise des fréquentations, des sorties ou de l’apparence. Des proches ont fait état de traces de morsures, de bleus, de comportements humiliants ou d’enfermement dans une pièce.
Les faits rapportés par les quatre premières femmes apparaissent prescrits. L’information judiciaire se concentre donc sur les deux plaintes les plus récentes. Parmi les plaignantes précédemment identifiées figurent Lila Salet (plainte d’août 2025 pour des faits remontant à 2012-2013), Alexandra Rosenfeld (plainte au printemps 2026) et Kelly Santos, qui a décrit à Elle des morsures et des insultes.
Jean Imbert conteste la qualification pénale des faits. Ses avocates, Me Jacqueline Laffont et Me Julie Benedetti, ont indiqué qu’il s’était présenté à l’audition muni de nombreux documents et pièces destinés à étayer sa version. Le statut de témoin assisté signifie que des indices rendent sa participation vraisemblable, sans atteindre le seuil des indices graves ou concordants nécessaires à une mise en examen. Les investigations se poursuivent sous l’autorité du juge d’instruction.
Un nom toujours affiché à Disneyland Paris
Depuis le début de l’affaire, un point reste inchangé au sein du resort. Le restaurant La Forêt Secrète par Jean Imbert, ouvert le 7 mars 2025 au Disneyland Hotel, conserve le nom du chef dans son intitulé officiel. Les pages de réservation et la communication de Disneyland Paris continuent de l’associer explicitement à l’établissement. Comme nous l’avions relevé dès la fin août 2025, après l’annonce de son retrait temporaire de ses établissements, le resort n’avait émis aucun commentaire public. La table, située dans les étages supérieurs du Disneyland Hotel, a poursuivi son activité sans modification apparente de son identité.
Au printemps 2026, une offre d’emploi pour un nouveau chef de cuisine a été publiée sur le site Disney Careers. Le poste portait sur la création et l’exécution de menus autour des thèmes Disney, la gestion quotidienne de la cuisine et le maintien des standards. Malgré cette recherche, aucun changement de direction ni de dénomination n’a été officialisé. Le restaurant reste accessible sur réservation, du mercredi au dimanche soir, avec les mêmes formules (menu découverte à 140 €, dégustation à 200 €, menu enfant à 70 €).
Cette continuité contraste forcément avec la décision prise au Plaza Athénée au printemps 2026, où Jean Imbert avait été relevé de ses fonctions managériales et exécutives, tout en conservant un rôle de directeur artistique jusqu’à l’échéance de son contrat. À ce stade, Disneyland Paris n’a toujours pas communiqué sur d’éventuelles évolutions de la collaboration. La Forêt Secrète par Jean Imbert demeure, dans sa présentation publique, liée au chef qui en a conçu la carte inspirée des films Disney et Pixar.
L’information judiciaire est désormais entre les mains du juge d’instruction. Les investigations se poursuivent.
