Invité récemment à un festival d’animation en Espagne, John Musker s’est confié sur sa riche carrière et a présenté son nouveau court-métrage réalisé de manière indépendante. Avec son complice Ron Clements, ils nous ont offert de grands films animés Disney des années 1980 à 2010 : Basil, Détective Privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercule, La Planète au Trésor, La Princesse et la Grenouille sans oublier Vaiana, La Légende du Bout du Monde. John Musker a vécu les différents soubresauts de la firme depuis ces dernières décennies et est légitime pour donner son avis sur ce que la compagnie devient aujourd’hui.
John Musker n’est pas très fan des remakes
À ce jour, deux films co-réalisés par John Musker ont été réadaptés en prises de vue réelles (Aladdin, La Petite Sirène) et deux autres au moins sont en préparation (Hercule et Vaiana, La Légende du Bout du Monde). Cette abondance de réadaptations qui touche aussi bien Disney que tous les studios en général, déplaît plutôt à John Musker.
« Les studios se demandent toujours : ‘Comment réduire nos risques ? Ils aiment ce qu’on fait, non ? Alors on va le refaire et leur vendre sous une forme différente’. Ou alors ils se disent : ‘On doit pouvoir refaire le film encore mieux.’ »
John Musker a avoué qu’il n’est pas fan de la réadaptation de La Petite Sirène sortie il y a pile un an. Pour lui, son réalisateur Rob Marshall ne s’est pas assez focalisé sur la relation entre Ariel et Triton. Par ailleurs, Musker n’a pas été convaincu par l’aspect photoréaliste des animaux marins et amis d’Ariel, en particulier Sébastien.
« Sur La Petite Sirène, ils n’ont pas joué sur la relation entre le père et la fille, alors que c’était au cœur de notre film. Quant au crabe, il suffit de se rendre au zoo pour voir des animaux qui ont plus d’expressions. Je dis pareil pour ce qui se passe avec Le Roi Lion. Animer un animal, c’est l’une des choses fondamentales à propos de Disney, c’est l’attrait et c’est ce que l’animation fait de mieux. »
Malgré son avis tranché, John Musker espère que la réadaptation de Vaiana attendue en juillet 2026 sera à la hauteur et confirme que ni lui ni Ron Clements sont impliqués sur les remakes de leurs films. Il faut d’ailleurs préciser que le duo a définitivement tourné la page avec la firme aux grandes oreilles et collabore désormais avec Warner Bros. (ils travaillent tous les deux sur le projet Metal Men de DC).
Disney doit divertir avant de faire passer des messages
Parmi les reproches que l’on fait à Disney, c’est que les films récents ont tendance à sortir un peu du cadre du simple divertissement pour absolument surligner des références à notre société d’aujourd’hui à travers des messages inclusifs que certains trouvent par trop souvent appuyés inutilement. Plus globalement, la qualité globale des productions est désormais souvent remise en question par le public comme la critique. John Musker pense que Disney doit rester sur sa mission première, divertir le public avec de bonnes histoires.
« Les classiques Disney n’essayaient pas de porter un message avant tout. Il fallait inventer des personnages, une histoire et un monde d’abord, et je pense que c’est toujours l’enjeu. Il ne faut pas s’empêcher d’avoir des intentions, mais d’abord commencer par créer des personnages dont les spectateurs se sentiront proches et qui les captivera. Je pense qu’ils [Disney] doivent changer de cap et mettre le message au second plan, derrière le divertissement, une bonne histoire et des personnages attirants. »
Son analyse ne passe évidemment pas inaperçue mais elle fait déjà son bonhomme de chemin au sommet des instances de The Walt Disney Company puisque Bob Iger a lui-même reconnu publiquement (et ce, à deux reprises) que les récents films de la société se sont trop concentrés sur la délivrance de messages. L’année 2023 de Disney, son centenaire qui plus est, a été assez chaotique au box-office.
