Pixar a révélé ce 2 février 2026 le casting vocal français de son prochain long-métrage d’animation original, Jumpers (titre original : Hoppers). Ce film, prévu en salles en mars, met en scène Mabel, une jeune passionnée d’animaux, qui met la main sur une technologie révolutionnaire permettant de transférer la conscience humaine dans des corps de robots-animaux ultra-réalistes. Ce qui commence comme une expérience innocente dégénère rapidement quand un humain se retrouve piégé dans le corps d’un castor robotisé, forcé de naviguer dans un monde animal hiérarchisé et plein de surprises. La version française mise sur des personnalités populaires pour incarner les personnages principaux. Artus, Mallory Wanecque, Melha Bedia et Alison Wheeler prêteront leurs voix au Roi Georges, à Mabel, à Ellen et à Diane, respectivement.
Les voix qui donnent vie aux personnages
Le paysage de l’animation Pixar s’enrichit avec Jumpers, un film original attendu en salles le 6 mars 2026, qui explore les thèmes de la communication interespèces et de la protection de l’environnement. L’histoire suit Mabel, une jeune passionnée d’animaux dont l’esprit est transféré dans un castor robotique ultra-réaliste, lui permettant d’infiltrer le monde animal pour déjouer un projet destructeur. Si le casting américain, avec des voix comme celles de Piper Curda et Bobby Moynihan, a déjà attisé la curiosité, c’est la version française qui suscite des débats. Annoncée par Disney France, elle réunit Artus, Mallory Wanecque, Melha Bedia et Alison Wheeler pour incarner le Roi Georges, Mabel, Ellen et Diane. Un choix qui, tout en promettant du buzz, relance la question de la place des célébrités dans le doublage…

Artus, 36 ans, humoriste révélé dans l’émission On N’Demande Qu’À en Rire et cinéaste propulsé par le succès phénoménal de Un P’tit Truc en Plus (2024, plus de 10 millions d’entrées), prête sa voix au Roi Georges, un castor royal charismatique et leader des mammifères aquatiques. Il fut aussi à l’affiche de la série Le Bureau des Légendes sur Canal+. Apparu dans des dizaines de films, il tiendra ce mois-ci le premier rôle du dernier long-métrage de Christophe Barratier, Les Enfants de la Résistance.

Mallory Wanecque, 19 ans, double Mabel, l’héroïne humaine qui « saute » dans un corps de castor robotique. Nommée à deux reprises en tant que Meilleure Révélation Féminine aux César, cette jeune actrice a été vue dans Les Pires (2022), L’Amour Ouf (2024) et prochainement Hors la Loi.

Melha Bedia, 35 ans, incarne Ellen, une ourse affamée et attachante du « Pond Crew ». Sœur de Ramzy Bedia, elle s’est illustrée dans des sketches sur Canal+ et des films comme Pattaya, La Dream Team (2016), Forte (2020) ou encore La Très Très Grande Classe (2022).

Alison Wheeler, 39 ans, donne vie à Diane, une autre figure du monde animal, rusée et dynamique. Chroniqueuse mordante dans Quotidien sur TMC ou sur France Inter, elle mène aussi une carrière au cinéma et on a pu la voir dans Going to Brazil (2016), Loue-Moi ! (2017), Gaston Lagaffe (2018) ou encore Avignon (2025).
Le casting est complété par Frédérique Tirmont (la Reine des Insectes), Jean-Christophe Dollé (Titus, le Roi des Insectes), Annie Le Youdec (Professeure Sam), Guillaume Lebon (Michel), Virginie Emane (la Reine des Poissons), Alex Fondja (Connor), Esthèle Dumand (Nisha), Juliette Croizat (les Reines des Reptiles), Xavier Couleau (le Roi des Oiseaux), Vincent Touré (le Roi des Amphibiens), Françoise Vallon (Grand-mère Tanaka), Théo Dusoulié (Tom le lézard) et Eilias Changuel (le Maire Jerry).
Pour l’occasion, Disney France a dévoilé la bande-annonce officielle de Jumpers avec le casting vocal français officiel.
Le star system face à l’expertise vocale
Le phénomène des « star talents » dans l’animation n’est pas neuf. Pixar et Disney ont souvent parié sur des noms célèbres pour amplifier la visibilité. Pensons à Dany Boon pour Olaf, Jamel Debbouze pour Timon, Franck Dubosc pour Marin, Amanda Lear pour Edna Mode, Omar Sy pour Joe Gardner, Muriel Robin pour Tok, José Garcia pour Mushu et Bruno, Charles Aznavour pour Carl Fredricksen, David Halliday pour Jim Hawkins, Pierre Niney pour Peur et Fourchette, Géraldine Nakache pour Sisu, Rayane Bensetti pour Simba, Jonathan Cohen pour Spamley, Francis Lalanne pour Quasimodo, Liane Foly pour Mama Odie, Anthony Kavanagh pour Ray et Maui, Mouss Diouf pour Cobra Bubbles, Camille Cottin pour 22, Adèle Exarchopoulos pour Flam et Ennui, Jean Reno et Tahar Rahim pour Mufasa, Bérénice Bejo pour Mérida, Vincent Lacoste pour Flack, Isabelle Adjani pour Mère Gothel, Guillaume Canet pour Flash McQueen, Ramzy Bedia pour Vendelune, François Civil pour Buzz l’Éclair, Kyan Khojandi pour Baymax, Tomer Sisley pour Mo Morrison, Thomas Solivérès pour Ian Lightfoot, Patrick Timsit pour Philoctète, François-Xavier Demaison pour Ralph la Casse et Osvaldo, Pio Marmaï pour Barley Lightfoot, Richard Anconina pour Volt, Gilles Lellouche pour Colère, Louane pour Violette Parr, Gérard Lanvin pour Bob Parr, Kad Merad pour Truc, David Douillet pour Goliath, Anny Cordy pour Nanaka… Pourtant, cela interroge la reconnaissance des acteurs de doublage professionnels, ces artisans invisibles qui excellent dans la synchronisation, l’adaptation et l’intonation.
En France, le doublage est un fleuron, avec des talents comme Barbara Tissier, Emmanuel Curtil, Maïk Darah, Dorothée Pousseo, Bernard Alane, Jean-Philippe Puymartin, Brigitte Lecordier, Céline Monsarrat, Bruno Choël, Donald Reignoux, Alexis Tomassian, Maeva Méline, Camille Timmerman, Richard Darbois – pour ne citer qu’eux – qui assurent une fluidité exemplaire. Choisir des célébrités extérieures au milieu relève comme toujours de la stratégie marketing pure, mais cela – et nous continuerons de la marteller à chaque fois qu’une annonce similaire sera faite – dévalorise un savoir-faire unique, où la voix doit coller au mouvement des lèvres et à la culture locale sans distraire.
Universal Pictures France, modèle alternatif
En contrepoint, Universal Pictures France et sa branche Illumination montrent qu’un doublage de haut vol est viable sans vedettes. Dans Super Mario Bros. le Film (2023), des pros comme Pierre Tessier (Mario) ont brillé, menant à 7 millions d’entrées sans buzz people. Cette approche met l’accent sur des voix expertes et récurrentes, préservant la cohérence artistique tout en maîtrisant les budgets – les cachets stars pouvant alourdir la facture.
Jumpers cristallise un équilibre fragile entre commerce et artisanat dans l’animation française. Si Artus et consorts élargissent l’audience, ils pourraient occulter les vrais maîtres de la voix. L’exemple d’Universal plaide pour un retour à l’essentiel : le talent brut et la technicité.
