The Walt Disney Company s’apprête à engager une nouvelle vague de suppressions d’emplois. Selon un rapport du Wall Street Journal publié ces derniers jours, jusqu’à 1 000 postes pourraient être éliminés dans les prochains mois. Cette annonce intervient alors que Josh D’Amaro, fraîchement nommé directeur général, prend ses fonctions et impulse une stratégie résolument centrée sur l’unification de l’entreprise.
Josh D’Amaro et la doctrine du « One Disney »
Dès le jour de son arrivée, Josh D’Amaro a adressé une lettre aux salariés dans laquelle il martèle une ambition claire : « Nous opérerons comme One Disney. » Cette formule, reprise dans le rapport du Wall Street Journal, n’est pas une simple déclaration d’intention. Elle traduit une volonté de consolider les structures, d’éliminer les doublons et de créer une organisation plus fluide, capable de répondre aux défis d’un marché du divertissement en pleine mutation. Pour l’heure, aucun détail précis sur le calendrier ou les services concernés n’a été communiqué officiellement, mais les premiers signaux sont déjà perceptibles.
La consolidation de l’« enterprise marketing » comme principal levier
L’un des principaux moteurs de cette réduction d’effectifs réside dans la récente refonte de la structure « enterprise marketing » de l’entreprise. Cette centralisation vise à rationaliser les équipes chargées des campagnes publicitaires, des partenariats et de la communication globale, autrefois dispersées entre les différentes divisions. En regroupant ces fonctions, Disney espère réaliser des économies substantielles tout en gagnant en cohérence. Le Wall Street Journal souligne que cette réorganisation constitue le facteur le plus déterminant des coupes à venir, même si d’autres mouvements de consolidation sont également en cours.

Parmi eux figure l’intégration progressive de Hulu au sein de Disney+. Cette opération, déjà engagée depuis plusieurs mois, s’inscrit dans la même logique d’unification des plateformes de streaming. En fusionnant les deux services, le groupe entend simplifier son offre, réduire les coûts opérationnels et présenter aux abonnés une expérience plus homogène. Là encore, ces synergies techniques et commerciales ont des répercussions directes sur les effectifs.
Une entreprise à deux vitesses
À la clôture de l’exercice fiscal 2025, Disney employait 231 000 personnes à travers le monde. Près de 80 % d’entre elles travaillent au sein de la division Experiences, qui regroupe les parcs à thème, les hôtels, les croisières, les produits dérivés et toutes les activités liées aux loisirs physiques. Ce chiffre illustre la dualité du groupe : d’un côté une activité très humaine et très présente sur le terrain, de l’autre des fonctions supports et créatives plus exposées aux restructurations numériques et organisationnelles. Les suppressions annoncées devraient donc toucher prioritairement les pôles marketing, communication et certaines équipes centrales, même si l’entreprise n’a pas encore détaillé la répartition géographique ou fonctionnelle des départs.
L’héritage des 8 000 suppressions sous Bob Iger
Ce n’est pas la première fois que Disney réduit la voilure. Au cours du second mandat de Bob Iger, qui s’est achevé le mois dernier après avoir débuté en 2022, plus de 8 000 postes avaient déjà été supprimés. Ces mesures antérieures avaient été présentées comme nécessaires pour redresser la rentabilité du groupe après la pandémie et face à la concurrence accrue du streaming. La nouvelle vague s’inscrit dans une continuité, même si le ton adopté par Josh D’Amaro se veut plus constructif et tourné vers l’avenir.
Disney n’est pas le seul acteur du divertissement à resserrer ses rangs. Ces dernières années, l’industrie tout entière a connu des compressions importantes, liées à la fois à la normalisation post-pandémie, à la hausse des coûts de production et à la saturation du marché du streaming. L’annonce des négociations avancées entre Paramount et Warner Bros. Discovery pour une possible fusion renforce encore cette impression d’un secteur en pleine recomposition. Si elle se concrétise, cette opération pourrait elle aussi entraîner de nouveaux licenciements à Hollywood, confirmant que la rationalisation des effectifs est devenue une constante stratégique pour les majors.
Dans ce contexte, The Walt Disney Company cherche à maintenir son leadership tout en adaptant son modèle. La transition vers un « One Disney » plus intégré et plus agile représente un pari ambitieux. Reste à savoir comment les équipes concernées vivront cette période de transition et quelle sera l’impact réel sur la créativité et la qualité des contenus qui ont fait la renommée du groupe. Pour l’instant, l’entreprise privilégie le silence radio sur les détails opérationnels, laissant le soin aux médias de tirer les premières conclusions. Bienvenue dans l’ère D’Amaro !

