Sorti en salles le 18 juin 2025, Elio, le dernier film d’animation original de Pixar, réalisé par Domee Shi, Madeline Sharafian et Adrian Molina, a enregistré un démarrage catastrophique au box-office France. Avec seulement 167 517 entrées sur sa première semaine d’exploitation (du 18 au 24 juin), le film se classe quatrième au box-office hexagonal, loin derrière Dragons (371 833 entrées supplémentaires, total de 1 084 745), Lilo & Stitch (204 639 entrées supplémentaires, total de 4 109 759) et même 28 Ans Plus Tard (179 703 entrées), un film interdit aux moins de 16 ans. Ce résultat marque le pire démarrage en sept jours de l’histoire de Pixar en France, confirmant ses difficultés lors de sa sortie mercredi dernier et plus globalement une tendance inquiétante observée à l’échelle mondiale.
Un lancement désastreux pour Elio au box-office France
Alors que le film bénéficie d’atouts considérables (son émotion palpable, son visuel, sa morale, son ambiance…), il n’aura pas réussi à attirer les foules. Ce n’est pas tant le film qui est en cause mais bel et bien les pitoyables méthodes de promotion de la filiale Disney France qui démontre une fois encore qu’elle ne sait plus vendre ses films d’animation à leur juste valeur.

Comparaison avec les démarrages des films Pixar en France
Pour mieux contextualiser cet échec, voici un classement décroissant des démarrages sur sept jours des films Pixar en France, basé sur les chiffres fournis :
| Film | Entrées (7 jours) |
|---|---|
| Le Monde de Nemo | 2 056 621 |
| Ratatouille | 1 951 074 |
| Vice-Versa 2 | 1 933 523 |
| Les Indestructibles 2 | 1 840 492 |
| Toy Story 4 | 1 505 679 |
| Les Indestructibles | 1 349 086 |
| Là-Haut | 1 301 980 |
| Toy Story 3 | 1 276 905 |
| Cars 2 | 1 047 200 |
| Le Monde de Dory | 1 003 479 |
| Rebelle | 955 285 |
| Cars 3 | 950 353 |
| COCO | 948 846 |
| Toy Story 2 | 926 962 |
| WALL•E | 925 900 |
| Vice-Versa | 787 437 |
| Monstres & Cie | 777 943 |
| 1001 Pattes (A Bug’s Life) | 654 270 |
| Monstres Academy | 587 446 |
| En Avant | 515 381 |
| Le Voyage d’Arlo | 497 602 |
| Toy Story | 496 820 |
| Buzz l’Éclair | 482 715 |
| Cars – Quatre Roues | 438 793 |
| Élémentaire | 426 818 |
| Elio | 167 517 |
Elio se retrouve ainsi à la dernière place, avec un score nettement inférieur à celui d’Élémentaire (426 818 entrées), qui détenait jusqu’alors le record du pire démarrage.
Un échec également outre-atlantique
Le désastre ne se limite pas à la France. Aux États-Unis, Elio a généré seulement 21 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation, avec un total mondial de 35 millions de dollars (dont 14 millions à l’international). Ce résultat fait d »Elio le pire démarrage mondial de l’histoire de Pixar, surpassant le précédent record d’Élémentaire (44,5 millions de dollars). Avec un budget de production estimé à 150 millions de dollars (hors frais marketing), ces chiffres sont alarmants pour le studio.
Plusieurs facteurs expliquent ce revers. Tout d’abord, la concurrence féroce a joué un rôle clé. Elio est sorti en même temps que des blockbusters familiaux comme les remakes en prises de vues réelles de Dragons et Lilo & Stitch, qui capitalisent sur la nostalgie et des franchises établies. Ces films, bénéficiant d’une forte reconnaissance, ont monopolisé l’attention du public familial. De plus, 28 Ans Plus Tard, avec son démarrage solide (30 millions de dollars aux États-Unis), a capté une partie du public adulte, réduisant encore l’audience potentielle d’Elio.
Ensuite, la communication autour d’Elio est purement et simplement désastreuse. Que ce soit en France ou ailleurs, Disney n’a pas réussi à le vendre correctement et mettre en avant son émotion et sa magie, préférant souligner son côté enfantin et gagesque, alors qu’il s’agit d’un vrai film de science-fiction doublé d’une histoire émouvante. Contrairement à Vice-Versa 2 ou Lilo & Stitch, le film n’a pas bénéficié d’une campagne marketing agressive, probablement en raison des bouleversements internes chez Pixar (restructurations, changement de réalisateurs) et des choix stratégiques de Disney, qui semble privilégier les suites aux projets originaux. Les grèves hollywoodiennes de 2023 et le report de la sortie initiale (prévue pour mars 2024) ont également perturbé la promotion.
Enfin, le genre de la science-fiction, bien que présent dans Elio avec son univers intergalactique, n’est pas le terrain de prédilection de Pixar. Buzz l’Éclair a également peiné à séduire, contrairement à WALL•E. Disney aurait dû s’inscrire dans la continuité de ce dernier pour asseoir la légitimité d’Elio. Ils ont d’ailleurs beaucoup de points en commun.
Les chances de rebond
Malgré ce démarrage catastrophique, Elio pourrait-il rebondir, à l’image d’Élémentaire ? Ce dernier, avec un premier week-end mondial de 44,5 millions de dollars, avait finalement atteint 496,4 millions de dollars grâce à un excellent bouche-à-oreille et des critiques positives (73 % sur Rotten Tomatoes). Elio bénéficie également de bonnes critiques (82 % sur Rotten Tomatoes) et d’un public conquis par son esthétique colorée et son histoire touchante d’un garçon propulsé dans le Communiverse.
Les vacances d’été et la Fête du Cinéma (dès le 29 juin 2025) pourraient offrir une fenêtre de rattrapage, surtout si le bouche-à-oreille s’amplifie. Cependant, la concurrence reste rude, avec des films comme Les Schtroumpfs – Le Film prévus pour juillet. De plus, Elio n’a pas encore été distribué dans des marchés clés comme la Chine, le Japon et l’Espagne, ce qui pourrait booster ses recettes.
Une leçon pour Pixar ?
Cet échec soulève des questions sur la stratégie de Pixar et de Disney. Le public semble préférer les suites (Vice-Versa 2 : 1,69 milliard de dollars) aux histoires originales, ce qui pourrait pousser le studio à se concentrer sur des franchises établies comme Toy Story 5 ou Les Indestructibles 3. Pour Elio, un sursaut reste possible, mais il faudra un effort marketing renforcé et un engouement exceptionnel pour inverser la tendance.
Un conseil : soutenez ce film ! Ce n’est pas une pépite mais il est très réussi et mérite d’être vu en salles.
Source : CBO
