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(Disney)

Michael Eisner fustige la direction de Disney pour la suspension de Jimmy Kimmel

Michael Eisner, ancien PDG de Disney de 1984 à 2005, n’a pas mâché ses mots face à la décision de suspendre indéfiniment Jimmy Kimmel Live !. Dans une rare publication sur X, il dénonce ce qu’il perçoit comme une soumission à des pressions politiques, interrogeant le leadership actuel de l’entreprise. Cette critique survient alors que des dissensions émergent en interne et que des négociations pour un retour de l’animateur se poursuivent.

Une voix du passé qui résonne fort

Se décrivant comme un « ex-CEO » de Disney, Eisner a exprimé sa déception profonde quant à la gestion de l’affaire. « Je trouve Jimmy Kimmel très talentueux et drôle », a-t-il écrit, avant de poser une question rhétorique cinglante : « Où est passé tout le leadership ? » Il qualifie la suspension d’« exemple supplémentaire d’intimidation incontrôlée », survenue juste après les menaces agressives mais vides du président de la FCC, l’organisation indépendante du gouvernement américain en charge de la régulation des communications. Avec un sarcasme mordant, Eisner ajoute : « Peut-être que la Constitution aurait dû dire : ‘Le Congrès ne fera aucune loi abrégeant la liberté d’expression ou de la presse, sauf dans l’intérêt politique ou financier personnel.' »

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(Disney)

Bien qu’il ne nomme pas explicitement Bob Iger, l’actuel PDG, ni Dana Walden, responsable de Disney Entertainment – qui auraient conjointement pris la décision le 17 septembre face aux menaces de la FCC et à la révolte d’un propriétaire d’affiliés, le message d’Eisner ne laisse guère de doute sur ses cibles. Ce tweet, publié le 20 septembre, marque une intervention inhabituelle de l’ancien dirigeant, connu pour sa discrétion depuis son départ.

Les racines d’une controverse amplifiée par la politique

La suspension fait suite aux remarques de Kimmel lors de l’émission du 15 septembre, où il a critiqué les réactions à l’assassinat de Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA. Ces propos ont provoqué l’ire de la droite et de l’administration Trump, menant à des avertissements de la FCC et à la décision de Nexstar de ne plus diffuser l’émission sur ses 32 affiliés ABC. Disney a alors annoncé une « préemption indéfinie », laissant le personnel en suspens.

Donald Trump, qui a récemment obtenu 15 millions de dollars de Disney pour clore un procès jugé faible concernant des commentaires de George Stephanopoulos, s’est réjoui de cette mise à l’écart. Il a qualifié Kimmel de critique acerbe et a encouragé le « dur à cuire » Brendan Carr, président de la FCC, à s’attaquer à d’autres émissions comme The View. Trump insiste, à tort, sur une chute d’audience comme motif principal, ignorant les enjeux de liberté d’expression.

émission jimmy kimmel
(ABC/Randy Holmes)

En interne, comme rapporté par Deadline le 18 septembre, une « inquiétude et déception » monte parmi les hauts dirigeants de Disney, qui reprochent à Iger et Walden d’avoir cédé trop facilement aux pressions MAGA. Parallèlement, Walden mène des efforts en coulisses pour négocier un retour de Kimmel à l’antenne. Les discussions, encore éloignées d’un accord, portent sur les modalités de ce retour et les limites imposées à l’animateur, dont le contrat expire dans quelques mois. Des protestations dans les rues de Burbank et Hollywood Boulevard amplifient le débat, perçu comme une attaque contre le Premier Amendement.

D’un soutien récent à une tension palpable

Cette critique d’Eisner contraste avec son soutien public à Iger il y a un an, lors de la bataille de procurations d’avril 2024 contre les investisseurs activistes Nelson Peltz et son fonds Trian, appuyés par l’ancien PDG de Marvel, Ike Perlmutter. Eisner avait alors défendu la direction de Disney, aidant Iger à repousser une nouvelle tentative d’infiltration au conseil d’administration. Malgré une sortie tumultueuse en 2005 – un épisode corporatif sanglant qui a vu Iger le remplacer, les deux hommes entretenaient depuis une relation personnelle cordiale. Cette affaire pourrait bien mettre à l’épreuve ce lien, ainsi que l’héritage d’Iger.

Cependant, les déclarations d’Eisner peuvent sembler particulièrement audacieuses au vu de son propre bilan dans le secteur télévisuel sous sa direction. Durant son mandat, Disney a été impliqué dans des controverses notables, comme la censure de l’émission Politically Incorrect animée par Bill Maher en 2002, suite à des commentaires controversés post-11 septembre, où Eisner en personne a convoqué l’animateur pour une réprimande. De même, le manque de soutien à Ellen DeGeneres après l’épisode « The Puppy Episode » de sa sitcom Ellen en 1997 – qui marquait son coming-out public – a contribué à l’annulation de la série l’année suivante, critiquée pour être « trop gay » (le tout évidemment sous la pression de lobbies et de politiques). Sans oublier les suppressions d’emplois lors des restructurations suivant le rachat d’ABC en 1996, incluant des transferts d’opérations vers Burbank qui ont affecté de nombreux salariés.

Disney n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Deadline sur les remarques d’Eisner. Cette situation illustre les défis persistants pour les médias face aux influences politiques, dans un Hollywood où la comédie et la critique deviennent des terrains minés. Si les négociations aboutissent, elles pourraient apaiser les tensions ; sinon, elles risquent d’alimenter un mouvement de boycott déjà en germe parmi talents et employés.



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