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Mickey et son Orchestre PhilharMagique donnent le La

Quand Mickey Mouse décide avec son orchestre PhilharMagique de donner une représentation exceptionnelle dans la salle du Discoveryland Theatre à Paris, il ne se doute pas un seul instant du remue-ménage qui l’attend… Les spectateurs venus en nombre applaudir cet événement, disposent ainsi leurs jumelles de théâtre avant le début. Les lumières s’atténuent et le maestro s’affaire en coulisses pour être prêt. C’est l’ami Donald Duck qui a pour mission de préparer l’orchestre pour lui, et ce dernier tombe sur la baguette du chef ; il décide de faire un peu de magie en portant le chapeau de sorcier de Mickey. Mais les choses deviennent vite incontrôlables et Donald est soudainement plongé dans un monde de rêve en trois dimensions, où défilent des séquences musicales des films d’animation Disney classiques.

Une nouvelle attraction pour 90 ans de magie

Mickey et son Orchestre PhilharMagique apparaît pour la première fois à Disneyland Paris le 1er octobre 2018, l’attraction étant présentée au sein de l’auditorium Discoveryland Theatre (Parc Disneyland), ayant abrité par le passé Captain EO, Chérie, J’ai Rétréci le Public, Ant-Man : Présentation Exclusive, Disney & Pixar Short Film Festival et Star Wars: Path of the Jedi. Depuis que la salle a été repensée pour accueillir des événements sur le court terme (de quelques mois) ou des événements ponctuels comme des conférences, des projections de films en avant-première ou des cérémonies, elle a perdu son nom jadis utilisé, CinéMagique, pour devenir un lieu plus générique, ancré dans le land des visionnaires, sous l’appelation Discoveryland Theatre donc. La mission première de Discoveryland Theatre paraît, dès lors, évidente, quand on énumère l’ensemble de ses récentes activités, devenir une vitrine supplémentaire promotionnelle de l’ensemble de l’actualité de Disney, qu’il s’agisse de sorties de blockbusters ou de célébrations internationales.

mickey

Et à ce sujet, le 90ème anniversaire de Mickey Mouse n’est pas en reste et profite des infrastructures du site pour offrir aux visiteurs de Disneyland Paris une opportunité supplémentaire de le fêter. C’est du moins le postulat de départ qui a été utilisé par les équipes du Resort pour intégrer la nouvelle attraction Mickey et son Orchestre PhilharMagique, qui est amenée à poursuivre son exploitation après les festivités Mickey 90 Mouse Party (90 Jours de Fête pour Mickey), qui s’étalent durant 90 jours à partir du 1er octobre 2018. Outre cette nouvelle attraction d’ailleurs, Disneyland Paris a fait le choix de jouer la carte de la synergie à son paroxysme en offrant des exclusivités aux éditions 2018 de ses saisons d’Halloween et Noël, tournant autour de l’anniversaire incroyable de la Souris mythique. Des animations proprement liées aux 90 printemps de Mickey se tiennent également chaque jour dans le Parc Disneyland, à commencer par la pré-parade La Fête d’Anniversaire Sucrée de Mickey. Des dizaines de produits dérivés spécialement conçus pour ce moment historique remplissent les boutiques, Mickey restant à ce jour la première licence mondiale. Qui plus est, le week-end du 17 et 18 novembre 2018 synthétisera l’ensemble de ces manifestations avec des surprises, car le 18 novembre 1928 marque sa première apparition dans SteamBoat Willie, le premier cartoon sonore Mickey est aussi synonyme d’innovation.

Mickey et son Orchestre PhilharMagique, quatrième attraction du nom

Mickey et son Orchestre PhilharMagique demeure une attraction inédite sur le continent européen mais elle est chargée d’histoire quand on sait que sa création remonte à 2003. Des attractions totalement dédiées à Mickey Mouse se comptent finalement sur les doigts si l’on omet toutes celles créées comme des points de rencontre avec lui ou des spectacles. Mickey et son Orchestre PhilharMargique est ce sens la synthèse habile d’un spectacle et d’un film, liant à la fois l’authencité cinématographique émanant du personnage et sa capacité à s’en extraire dans un Parc Disney. Alors que Walt Disney avait une confiance inébranlable dans le succès de Disneyland, son frère aîné, Roy O. Disney, n’était pas aussi convaincu. Donc, d’un point de vue commercial, Roy a demandé à son frère de limiter l’attachement de Mickey Mouse au parc afin que, si cette activité échouait, elle n’entâche pas le reste…

Disneyland Mickey Flowers

Le visage souriant de Mickey Mouse se trouvait d’ailleurs sur le motif floral à l’avant du parc, tout comme le fameux plan de titre au début de ses nombreux courts métrages animés, et sur certains produits dérivés vendue, notamment le Art Corner de Tomorrowland. Cependant, il n’y avait aucun personnage de « walkaround » de Mickey MouseMickey n’a pas commencé à se balader dans le parc et à accueillir les visiteurs avant 1961-1962. Il n’y avait pas de topiaire ou de statue de Mickey Mouse. En fait, il n’y avait pas d’attraction Mickey Mouse tout simplement, si ce n’est que Disneyland en était sa demeure au mieux. Ce n’est que 15 ans après l’ouverture de Disneyland que Mickey a bénéficié de sa première attraction – et cette attraction était au Magic Kingdom de Walt Disney World Resort. La dite attraction du Magic Kingdom lors de son ouverture en 1971 était un spectacle mettant en vedette plus de 80 personnages animés Disney audio-animatroniques, The Mickey Mouse Revue créée par la Légende Disney Bill Justice. L’idée était aussi de se reconnecter au patrimoine de Walt alors que les Parcs Disney américains furent l’occasion jusqu’alors, de créer de nouveaux univers sortis de la tête des penseurs de Walt Disney Imagineering.

Mickey Mouse Revue

Dans cette attraction, Mickey dirigeait un orchestre de personnages iconiques du studio de Walt, dans un concert de mélodies variées du label. Puis, sur les côtés de la scène et derrière l’orchestre, des scènes des longs métrages animés les plus populaires apparaîssaient une à une. Mickey et son orchestre clôturaient la représentation. A cette époque, l’audio-animatronique de Mickey représentait un challenge considérable avec plus de 33 fonctions regroupées, un défi de programmation pour une valse de mouvements fluides suivant le tempo musical. The Mickey Mouse Revue a fermé ses portes à Walt Disney World Resort le 14 septembre 1980 et a été transférée à Tokyo Disneyland, pour y être exploitée jusqu’en mai 2009. Bien plus tard, le bâtiment accueillit une attraction dans la même veine que celle-ci, Mickey’s PhilharMagic, inaugurée le 3 octobre 2003.

Il s’agit d’une attraction 4-D (quatre dimensions), ce qui signifie qu’en plus d’un film projeté en relief à trois dimensions, il existe d’autres éléments tels que des odeurs, des effets d’eau. Enfin, un audio-animatronique très sommaire en dur fait aussi partie du spectacle (il s’agit de arrière expressif de Donald) dans le théâtre. Paradoxalement, Mickey’s PhilharMagic, est un film de 12 minutes écrit par Alex Mann et réalisé par George Scribner – qui a dirigé le long métrage d’animation Oliver et Compagnie (1988) – relate surtout les mésaventures de Donald Duck qui a emprunté le chapeau magique de Mickey Mouse (directement tiré de la séquence de « L’Apprenti Sorcier » dans le Grand Classique Fantasia). Donald, dont la voix est principalement composée de vieux enregistrements du comédien légendaire Clarence Nash (sa voix originale), reliés entre eux par Tony Anselmo (sa voix originale actuelle), est entraîné dans différents scénarii animés de Disney en tentant tant bien que mal de récupérer le chapeau errant. Bien que le principe de départ soit que Mickey Mouse dirige l’orchestre PhilharMagic au Fantasyland Concert Hall, tout comme il avait dirigé plusieurs orchestres dans sa filmographie cartoonesque, Mickey apparaît donc brièvement au début et à la fin du spectacle. Pour l’occasion, Walt Disney Imagineering, la filiale tête penseuse des destinations Disney et les Studios d’Animation Walt Disney se sont associés pour concevoir cette aventure. Wayne Allwine a fourni à nouveau la voix originale de Mickey Mouse et le spectacle continue de divertir le public à ce jour, si bien qu’il s’est exporté également dans d’autres Parcs Disney à travers le monde. Il a été créé à Hong Kong Disneyland le 12 septembre 2005 et à Tokyo Disneyland le 24 janvier 2011.

En 2003 au Magic Kingdom, c’était la première fois que Mickey et plusieurs autres personnages de Disney furent imaginés à l’aide de la technologie CGI (« Computer Generated Imagery »). Le film se joue sur l’un des plus grands écrans de projection jamais fabriqués – mesurant 150 mètres sur 24 et utilisant des effets supplémentaires tels que le vent, des odeurs et des éclaboussures d’eau pour immerger davantage le public. La 3D quant à elle s’offrait encore un peu d’innovation, peaufinée année après année, d’attraction en attaction (Magic Journeys, Captain EO, Honey, I Shrunk the Audience, It’s Tough to be a Bug! ou Muppet’s Vision 3D pour ne citer qu’elles). A l’époque de sa création, l’attraction a suscité énormément d’émerveillement auprès du public et continue encore aujourd’hui à symboliser l’un des havres de paix familiaux du Magic Kingdom. Qu’en est-il de la version parisienne créée 15 ans après la version originale ?

Un concert des yeux et des oreilles

Premier point fâcheux, après Disney & Pixar Short Film Festival, Mickey et son Orchestre PhilharMagique est sans aucun doute la deuxième attraction qui jure avec les thématiques rétro-futuristes de Discoveryland, alors que les trois autres Parcs Disney américains et asiatiques, qui abritaient déjà l’attraction, ont davantage souligné le lien fort entre l’univers du personnage et celui de Fantasyland. D’autant que la plupart des univers mis en exergue durant ces 12 minutes de film sont tirés de contes de fées de la firme aux grandes oreilles. En revanche, avoir gardé la voix-off de Minnie pour inviter le public à s’installer est la meilleure qui soit, dans le sens où l’attraction n’est pas une simple projection mais une totale immersion qui débute par la présentation. Mickey en est la star tout comme comme Seiji Ozawa au Boston Symphony, Bernstein ou Barenboim.

Mickey et son Orchestre PhilharMagique Affiche
Mickey et son Orchestre PhilharMagique (2018)

Mais l’expérience est sensée débuter une fois passé les portes de l’auditorium et là, le bât blesse… Le vide sidéral s’est définitivement installé dans la salle d’attente du spectacle avec une très sommaire décoration, se limitant à des écrans plasma projetant le visuel promotionnel principal du spectacle, en version animée. On patiente avec un décompte qui décrémente de minutes en minutes. Une fois encore, l’intervention sonore de Minnie en français pour rappeler des règles de confort et de sécurité rudimentaires, vient nous faire relativiser cette première impression amère. Dingo est également de la partie pour la partie anglophone. Et quelques extraits musicaux de classiques Disney offrent un petit avant-goût de l’aventure, dignes d’une radio FM des années 1990…

Mickey et son Orchestre PhilharMagique Lumière

Une fois arrivé dans la salle, c’est la même impression qui se reproduit. Aucun changement esthétique digne de ce nom n’est venu offrir une identité réelle à l’attraction. L’ambiance si particulière de l’Institut Imagination (de l’attraction Chérie, J’ai Rétréci le Public) subsiste et on devra se contenter d’un simple écran réduit sur sa surface pour s’immerger dans le périple hasardeux de Donald. Des tentures rappelant le théâtre, des instruments de musique ou même quelques décorations nous rappelant qu’il s’agit de musique, auraient été les bienvenus, d’autant que le cadre de l’écran est délimité par de simples rideaux numériques d’un effet des plus douteux…

George Scribner Mickey et son Orchestre Philharmagique
George Scribner converse avec Mickey et Donald en 3D sur leur nouvelle attraction

La 3D, point fort de l’attraction

Soyons honnêtes, Mickey et son Orchestre PhilharMagique n’est pas la nouveauté du siècle. L’écran n’est clairement pas adapté pour ce film (le même film que pour les autres versions internationales), et pour qui a pu faire la version floridienne par exemple, le choc pourrait être rude. En laissant de côté la comparaison, le novice n’y verra probablement rien d’abbérant, sauf s’il s’est habitué à l’écran plus large de la salle par le passé. Cependant, les classiques Disney qui se succèdent font le job, les airs sont faciles, et connus de tous, du moins des plus grands d’entre nous, et c’est toujours un plaisir de profiter d’un contenu Disney exclusif (ça change du placement de licence que l’on subit depuis ces dernières années). Par ailleurs, la réduction des dialogues pour mieux mettre en avant la musicalité du récit est une géniale idée, l’histoire se basant sur ce quatrième Art majeur. Le travail du compositeur et arrangeur William Ross, qui s’est chargé de réadapater certains morceaux pour l’histoire, est très significatif.

Aladdin Mickey Philharmagique

Côté animation pure, la 3D est plutôt brillament maitrisée grâce notamment au niveau de précision qu’offre le récent vidéo-projecteur, intégré pour Ant-Man : Présentation Exclusive en 2015. Certains passages sont mêmes, il est vrai, totalement bluffants en terme d’immersion. La réussite principale de l’attraction réside bien dans la qualité du film, datant pourtant de 2003, mais ayant subi manifestement un petit « lifting » en 2018. La fluidité des mouvements impressionne par moments alors que la synchronisation labiale du français (le film coupant la part en deux entre français et anglais) est certaines fois moins convaincante…

Un film-concert en 4D

Même si la salle n’est pas du tout adaptée à ce film, elle sait tirer un avantage non négligeable de son passé, la plateforme posée sur verrins, datant elle aussi de Chérie, J’ai Rétréci le Public en 1999, offre une autre expérience, qu’on dira parisienne ! Sur les effets synchronisés avec le film, elle offre une plus-value non négligeable : c’est même un pur enchantement sur certaines scènes que l’on ne détaillera pas par souci de préservation de la surprise ! Si, par ailleurs, un autre effet physique, le vent, créé par le souffle de 64 ventilateurs, est également le bienvenu, les projections de goutellettes d’eau sont elles plus aléatoires selon l’endroit où le spectateur se placera… Au sein de l’équipe Disneyphile, en deux sessions, un seul des quatre membres présents a eu la chance d’en profiter. Enfin, l’ajout d’effets lumineux au dessus du public participe à renforcer l’esprit d’immersion qu’offre l’animation 3D, et seulement l’animation 3D hélas…

Mickey et son Orchestre PhilharMagique

Si vous connaissez une autre version de Mickey et son Orchestre PhilharMagique, oubliez-la et laissez une chance à l’expérience française, c’est l’occasion de la tester sous une autre forme. Si vous n’avez jamais fait cette attraction alors foncez, déjà parce que l’époque hivernale se faisant, cela s’y prête bien et que c’est toujours un plaisir de passer une vingtaine de minutes au chaud. Mais surtout parce que l’expérience 3D est quand même plaisante, tout au moins divertissante, si l’on omet les énormes lacunes d’immersion de l’ensemble, qui sont pourtant, on ne le répétera jamais assez, les valeurs sûres de ce qui fait l’un des standards de qualité de la magie Disney, le Spectacle. La chose importante à retenir est que Disneyland Paris cherche quand même à étoffer son offre et que l’on ne peut que souligner cet effort à destination des Visiteurs, d’autant qu’il s’inscrit dans une démarche synergique plus globale pour fêter dignement le 90ème anniversaire de l’ambassadeur de la marque Disney.

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