Depuis début 2021, les studios Marvel continuent d’explorer et approfondir l’univers cinématographique Marvel en le déclinant dans différents genres. Qu’il s’agisse d’un feuilleton rétro, d’un drame polico-miltaire, d’un voyage dans le temps, d’une histoire qui sent bon les fêtes de fin d’année ou d’une épopée horrifique et psychologique, la firme cinématographique de la Maison des Idées a su imposer des styles et des récits très singuliers sur Disney+ et chacun a pu y trouver son compte. Ils s’apprêtent aujourd’hui à dévoiler l’une des figurines qui fera l’avenir du MCU, le tout sous forme de comédie de « teenagers », finalement très proche de Spider-Man : Homecoming. Découvrez Miss Marvel…
Faites les présentations avec Miss Marvel
Qu’est-ce qui essentialise un super-héros ? C’est l’une des problématiques traitées dans la série Miss Marvel. Notre héroïne s’appelle Kamala Khan, une passionnée autoproclamée de l’équipe des Avengers, qui cultive un certain talent dans le création de vidéos de fans sur YouTube. Cependant, son âge sous-entend aussi une certaine pression imposée par la vie. Le stress de cette adolescente s’en ressent à l’écran et c’est d’autant plus significatif qu’elle a beaucoup de difficultés à s’intégrer socialement avec les camarades de son âge. La jeune vedette Iman Vellani réussit déjà nous clouer le bec en offrant une interprétation toute en authenticité du personnage et les personnages secondaires qui l’entourent sont un véritable atout pour ce récit plaisant et solide pour la phase IV du MCU.
Pourquoi Iman Vellani est l’actrice parfaite pour jouer Kamala Khan ? Elle est tout d’abord dotée d’un charisme hallucinant qui range immédiatement le public de son côté dès qu’elle apparaît à l’écran. Depuis Avengers : Endgame, Marvel Studios se donne pour mission de nous faire découvrir de nouveaux talents qui porteront le MCU à bout de bras durant les dix ou vingt années qui vont arriver et ils ont encore frappé fort ici. Iman Vellani est l’une des prochaines grandes vedettes des studios Marvel et elle comptera beaucoup, nous en sommes à peu près certains.
Concernant le reste de la distribution, sans parler de travail exceptionnel, il faut malgré tout relever les jolies performances de chacun. Matt Lintz tout d’abord, est parfait dans le rôle du meilleur ami à la fois adorable et ringard de Kamala, Bruno (oui, encore un). Yasmeen Fletcher livre une interprétation plus sobre de l’autre acolyte du lycée de notre héroïne, prénommée Nakia. Mohan Kapur quant à lui est très émouvant et amusant dans le rôle du père de Kamala. Néanmoins, il se fait voler la vedette par Zenobia Shroff, formidable mère de Kamala qui crève l’écran à chacune de ses interventions (musclées).
L’histoire d’une simple fangirl au destin hors-du-commun
Outre cette distribution qui fait le job, c’est le style très léger voire ludique du show qui en fait un objet télévisuel agréable à suivre. Sans parler d’originalité, les effets visuels, le montage, les choix musicaux, l’ambiance qui rappelle de manière assez méta une convention de fans Marvel dans une série Marvel ou même certaines répliques bien senties participent de cette couleur particulière visuel que nous n’avions pas vue dans le MCU auparavant. Il y a une énergie et une esthétique qui se dégagent instantanément de cette série et lui confère un style qui ne ressemble à aucun autre (du moins au sein du MCU).
Et comme c’est peu le cas dans le MCU, cette série nous fait sourire tout le long. Ici, l’ambiance potache n’est pas pour alléger une intrigue plus sombre. Cette joie communicative, à relier directement à l’innocence et la fougue de ses jeunes protagonistes, est le cœur de la série. La musique, qu’il s’agisse de séquences orchestrales ou de chansons, ajoute également une strate supplémentaire à ce style.
Et tout cela permet de servir au mieux le caractère unique de cette histoire marvellienne. Ici, il ne sera pas forcément question d’un super-héros classique chargé ou non de combattre une invasion ou un complot pour sauver une ville, un pays ou la Terre. Non, au contraire, avant ce type d’enjeux, Miss Marvel s’attache à relater un récit de comédie de passage à l’âge adulte, qui ne fait pas d’impasser sur l’émotion et l’humour. Des films comme Lolita malgré moi ou Superbad sont peut-être des œuvres cinématographiques comparables à l’esprit de Miss Marvel, bien que la série soit malgré tout plus familiale et ait son lot de surprises.
Une comédie légère mais un récit audacieux
La plus grande différence entre cette série et d’autres projets du MCU réside dans l’antagoniste. Presque tous les autres chapitres précédents de la saga prenaient le temps de nous présenter un ou une méchant(e), se plaçant facilement comme l’un des personnages centraux. Ici, Miss Marvel éclipse totalement cet aspect (du moins pour ses deux premiers épisodes). Cette série revient sur le destin exceptionnel d’un adolescente presque lambda au départ, simplement confrontée à tous les problèmes plus ou moins communs des adolescentes de son âge. Ce n’est d’ailleurs pas temps l’action de la super-héroïne qui devrait être important ici mais bien les étapes pour parvenir à ce statut. Si un super-vilain à un rôle quelconque à jouer dans la série, il y a peu de chances pour qu’il prenne le premier plan.
L’autre atout indéniable de Miss Marvel est sa représentativité ethnique, culturelle et religieuse. Kamala est de nationalité américaine, d’origine pakistanaise de par ses deux parents et de confession musulmane comme le reste de sa famille. Marvel ne s’est pas simplement contenté d’une contextualisation banale mais a fait du milieu culturel de l’héroïne un véritable point fort scénaristique. Une grande partie du show se déroule dans la maison familiale de Kamala et le public vit au jour le jour leurs us et coutumes, leur manière d’aborder la vie et leur vision de celle-ci, tout en apportant un matériau solide pour construire la psychologie de notre super-héroïne, qui fonde sa puissance et sa richesse sur ses différences.
Les pouvoirs de Miss Marvel ont changé
En revanche, il est à noter que l’un des points de grosse friction que rencontreront certains fans est sûrement le changement des super-pouvoirs de la super-héroïne. Dans les comic-books, Miss Marvel possède simplement la capacité de grandir et de s’étirer de manière incroyable (un peu comme M Fantastique – ont-ils voulu éviter une redondance avec le reboot à venir ?). Dans la série, Kamala débloque une sorte de pouvoir cosmique qui se matérialise par un plasma violet. Dès lors, il est facilement entendable que les équipes de Kevin Feige ont voulu rendre les super-pouvoirs de Miss Marvel peut-être tout simplement davantage spectaculaires et cinématographiques. Si certains fans continueront de s’offusquer de ces changements importants par rapport au personnage sur papier glacé, force est de constater qu’il fonctionnent plutôt bien dans la série et s’accordent même avec son ambiance globale qui se veut très chatoyante et colorée.
Globalement, Miss Marvel a toutes les cartes en main pour devenir l’une des séries Marvel les plus attrayantes du moment. Grâce à son énergie contagieuse et son style chamarré (mais jamais chargé) dans visuellement que dans les thèmes qu’elle aborde, elle réussit à vous garder en haleine tout le long. Elle est par ailleurs portée par une jeune actrice qui a énormément de talent à revendre. Charismatique et émouvante à souhait, Iman Vellani offre tout ce qu’un fan du MCU peut espérer : beaucoup d’humanité et une stature super-héroïque qui ne demande qu’à se forger. Toujour est il que nous n’avons vu que deux épisodes et que l’enthousiasme est à son comble à l’issue du second, si bien qu’il y a fort à parier pour que nous ne trouvions jamais l’ennui durant les quatre épisodes restants.
Miss Marvel sera lancée le mercredi 8 juin sur Disney+.







