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Pixar Popcorn – Critique de la saison 1 de la série Disney+

Pixar Popcorn porte bien son nom. Cette série se savoure en effet sur le pouce, comme un encas, et n’amène pas plus de surprises que ce qu’elle entend défendre dans son titre, un programme de l’instant, presque éphémère mais totalement assumé en l’état. Alors que la plateforme de streaming se développe petit à petit en 2021, Disney+ a clairement besoin de ce genre de petite série proposant des formats de pastilles ultra-courtes, qui permettent de montrer la vitalité des studios et labels qu’elle met en avant.

Des personnages iconiques de retour sur Disney+

Pixar Popcorn se base sur un principe essentiel, vecteur dans la réalisation de tous les films du studio à la lampe de bureau : l’émotion. Saisir l’instant dans la magie d’une scène est un luxe que Pixar s’offre dans beaucoup de ses productions et dès lors, Pixar Popcorn se présenterait presque comme une publicité géante, permettant d’apprécier toute l’étendue des genres que peut traiter Pixar et la manière dont le studio peut arriver à faire vibrer et bouleverser ses spectateurs.

pixar popcorn

La saison 1 de la série se compose ainsi de dix court-métrages, qui sont l’occasion de retrouver des personnages de l’écurie pixarienne. Certains qui sont sur le devant de la scène dans les long-métrages se retrouvent au second plan dans ces pastilles ; d’autres, qui on un rôle mineur dans les films, sont davantage valorisés dans certains court-métrages présentés. Ce parti pris est assez intéressant et permet à travers cette collection de “bouchées” d’explorer d’un point de vue original les univers les plus célèbres de Pixar. Mais comme mentionné plus haut, cette série est évidemment une manière pour le studio de continuer à faire vivre ses marques. Vous ne verrez pas de court-métrages issus de films comme 1001 Pattes (a bug’s life), Le Voyage d’Arlo ou Rebelle, preuve que cette série est là aussi pour montrer à quel point la machine bien huilée du studio souhaite avant tout privilégier ses franchises les plus commerciales…

pixar popcorn

Il est même difficile de parler de véritables histoires tant l’ensemble de cette série est décousu. Certains courts narrent effectivement une micro-aventure mais la plupart se contentent plutôt d’exposer des saynètes où certains de nos personnages préférés vivent des moments aux enjeux très limités, comme des moments de la vie de tous les jours saisis sur le moment. L’ambition d’un tel format s’arrête là : il convient donc de ne pas partir sur trop d’a prioris avec Pixar Popcorn, puisque ces petits sketchs ne prétendent clairement pas apporter plus de relief aux films dont ils sont issus. Ils ont été pensés simplement dans l’idée de prolonger leur magie et rendre leurs personnages – dont certains secondaires – encore plus attachants qu’ils ne l’étaient auparavant.

Pixar Popcorn, dix court-métrages à picorer

L’absence de dialogues est à double tranchant. Si cela fonctionne en effet sur certains épisodes, qui par leur poésie, leur récit ou l’action qu’ils proposent font de la parole un élément clairement accessoire, d’autres souffrent cruellement de ce manque comme le cartoon mettant en avant Buzz ou celui où, Dory, poisson bien connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche justement, explore les fonds sous-marins. En revanche, tout est fait pour retrouver l’ambiance de chaque univers, du choix des musiques aux graphismes tous époustouflants.

pixar popcorn

La première saison, disponible depuis le 22 janvier 2021 sur la plateforme de streaming Disney+, se compose de dix épisodes :

  • Dans le premier court baptisé “Vers l’infitness et au-delà”, Buzz l’Éclair se transforme en professeur de gymnastique dansante, pour les jouets de Bonnie, qui ont tous, à première vue, beaucoup de mal à suivre notre Ranger de l’Espace ou ont carrément une autre occupation plus intéressante à laquelle se consacrer. On retrouve ainsi Rex, Bayonne, Monsieur et Madame Patate, Fourchette, Dolly, trois Aliens, la Brosse, les Petit Pois, Trixie, Jessie, Pile-Poil et d’autres jouets. Ce court est forcément très déroutant puisque ni Buzz ni ses amis ne prononcent un seul mot alors qu’on attend forcément des saillies de Bayonne, une plainte de Rex ou des encouragements de la part de notre cosmonaute.
  • Le deuxième court nous permet de retrouver plusieurs figures de l’univers de Cars. Dans “La Bataille des Créneaux”, plusieurs habitants Radiator Springs tels que Flash McQueen, Martin, Guido, Luigi, Lizzie, Shériff, Chick Hicks, Ramone et même Miss Fritter, le bus vu pour la première fois dans Cars 3. Très simple, ce court n’en reste pas moins efficace.
  • “Dans le Monde de Dory”, notre poisson chirurgien joue avec de nombreux objets des humains qu’elle trouve sur son passage. Au-delà de l’aspect comique (même cela s’arrêtera au sourire), ce court-métrage s’inscrit directement dans la continuité du film Le Monde de Dory qui dénonçait la pollution des océans, notamment par le plastique et le verre.
  • “Soul : L’Âme de la Ville” est clairement le court-métrage qui a le moins d’intérêt de la série. Se contentant de rallonger l’ambiance du film auquel il se réfère, il nous montre une caméra se poser dans le quotidien des personnages gravitant autour de Joe Gardner, qui les accompagne au piano. S’agit-il réellement d’une proposition à part entière ou simplement de scènes coupées au montage du long-métrage, compilées en deux minutes ?
  • Coup de cœur de Pixar Popcorn, “Ducky & Bunny : Dis Bunny'” est sans aucun doute le court-métrage le plus drôle. Il permet aussi par la même occasion de rendre moins (ou plus, à vous de voir) énervants les deux peluches introduites dans Toy Story 4, qui se battent ici pour savoir lequel des deux est la peluche préférée des enfants.
  • Dans “Les Indestructibles font le Ménage”, les Parr sont de corvée. Chacun y met du sien avec plus ou moins d’entrain et quelques astuces de super-héros. Là encore où le bât blesse, c’est de ne pas entendre un seul mot prononcé à part quelques onomatopées de Jack-Jack… Le court-métrage n’en reste pas moins plaisant à voir.
  • “Un Jour dans la Vie des Morts” nous replonge dans le Monde des Ancêtres de COCO. On retrouve ainsi certains membres disparus de la famille Rivera à commencer par Mamá Imelda et Héctor mais aussi les jumeaux Tío Oscar et Tío Felipe sur leur vélo. Là encore, ce court-métrage n’apporte pas grand chose à cet univers si ce n’est le plaisir de retrouver quelques instants cette ambiance traditionnelle et spirituelle du Mexique.
  • “Ducky et Bunny : Les Trois Têtes” est une très belle proposition, mettant en avant Be, Bop et Lula, les trois brebis en porcelaine de la Bergère, sous l’angle facétieux des peluches Ducky et Bunny.
  • Le neuvième court-métrage s’intitule “En piste avec Cars”. Le décor est le Café V8 de Flo où de nombreux habitants de Radiator Springs se retrouvent pour danser sur leur musique préférée respective. Et c’est Martin qui se charge de changer les musiques sur le juke-box, un petit moment léger pouvant nous évoquer la série de cartoons dédiée à la dépanneuse.
  • Dernier opus de cette série, “Cookie Miam Miam” est très réussi. L’absence de dialogues est justement, pour le coup, très bien justifiée et rend ce moment drolatique. Cette série se termine sur une note positive.

ducky bunny

Pixar Popcorn est clairement une jolie façon pour des réalisateurs en herbe de se faire la main sur des petites histoires, avec des personnages cultes du studio. Il prolonge aussi une certaine forme de tradition du label, qui proposait déjà en bonus de DVD notamment des court-métrages dérivés de long-métrages comme La Nouvelle Voiture de Bob, Baby-Sitting Jack-Jack, Notre Ami le Rat, BURN•E ou Tata Edna, même s’ils ne prétendent pas viser le même niveau d’ambition qu’eux. Série au budget clairement restreint, on peut malgré tout se féliciter de retrouver les voix originales de Bucky et Bunny, à savoir Keegan-Michael Key et Jordan Peel (tout comme Franck Gastambide et Jamel Debbouze en français). Ces courts, s’ils n’ont pas tous les mêmes qualités, sauront sûrement vous faire passer le temps entre deux films par exemple. Si vous avez aimé par exemple une série comme At Home with Olaf produite en 2020 durant le confinement, vous allez sûrement apprécier cette nouvelle proposition de Pixar qui en reprend un peu le principe.

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